mercredi 4 avril 2012

Chérubins échappés

Point de chérubins -loin s'en faut-, lors d'un récital de piano au Théâtre des Champs-Élysées. Une soirée en forme de double confirmation: je n'aime décidément pas cette salle art déco ni le pianiste qui officiait ce soir-là (Andsnes), professionnel d'un digitalisme parfait et d'une absence d'âme complète.

Des nuées de chérubins lors d'une représentation du Malade Imaginaire à la Comédie Française. Propres sur eux, les lycéens se tiennent sages et semblent goûter le spectacle de grande qualité qui leur est offert (en dépit d'une piètre Angélique). Ils auront, en sus, découvert le clavecin et la viole de gambe, judicieusement introduits dans la mise en scène. 

Clavecin d'ailleurs à la salle Gaveau pour un récital du caractériel Pierre Hantaï. Comme il y a quelques années, à Saint-Guilhem-le-Désert, il s’écharpe depuis la scène avec un spectateur photographe. Heureusement, cette fois-ci son énervement est passager et n'engendre que quelques fausses notes. La fois dernière, bouillonnant, c'est le dernier quart du concert qui avait été massacré, tapant, rageur, à côté des bonnes touches. Un peu grisâtre cette salle, à l'image de son public. 

A la suite de ce concert, au Boeuf sur le toit, ambiance surannée d'un restaurant loin des folles soirées d'antan, avec service tantôt déférent, tantôt foutraque. On y mange bien mais pas léger ; à vouloir trop en faire, la cuisine, comme l'ambiance, peut virer au tape-à-l'oeil (le bar préfère une marque moderne et branchée de Gin à la vieille référence incontournable et superlative, voilà où vont se nicher les fautes de goût et ma pédanterie).

Digestion obligée par une grande balade aux alentours. Eglise de la Madeleine écrasante, Olympia tendance crânes rasés avec chanteur très droitiste au programme, place Vendôme en travaux, tuileries inondées de touristes et poussière sur mes chaussures.

Les autres jours, comme je n'étais pas à Paris pour faire du tourisme, j'accompagnais un député dans sa douce et fringante vie de parlementaire. La buvette de l'Assemblée nationale est à la hauteur de sa réputation, les bancs de l'hémicycle un peu étroits pour mes grandes jambes. 

Malgré tous ces plaisirs, ravi de retrouver la sérénité méridionale, avec un grand et bon lit pour lire ce que j'ai lu de plus mauvais de Stefan Zweig jusqu'ici. Une étrange et courte nouvelle où l'auteur décrit sur des pages entières la psychologie d'un chien vaniteux et tueur à ses heures. Absolument risible.