mercredi 21 décembre 2011

Un cygne dans l'hiver

Le cours Mirabeau est un terrible corridor où le vent vient vous fouetter alors que la ville est enfin entrée dans l'hiver. Dans cette ambiance survoltée de Noël, que je goûte très peu, la bourgeoise lestée de paquets tente, coûte que coûte, de se frayer un chemin, à coup de talons Louboutin s'il le faut. 

Quand les fêtes appellent les uns et les autres à rentrer chez eux dans leurs contrées natales, cette ville redevient anonyme et me devient hostile. Je suis soulagé d'imiter mes amis et de rentrer en voiture dans une circulation paisible et une nuit rassurante.

Pourtant, quelques uns de mes plus beaux souvenirs s'écrivent encore au milieu de ces ruelles et de ces places. Il est quelque fois doux de se dire que, quoi qu'il advienne, on aura la certitude d'avoir été profondément heureux. 

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Dans mes contrées natales, on furète rapidement au milieu des toiles des débuts de l'abstraction, exposition temporaire du vénérable Musée Fabre, parce qu'à tout prendre, c'est encore la grande salle rouge aux colonnades qu'on préfère. On reste là, sur le banc recouvert d'un cuir moelleux, à deviser pendant de longs quarts d'heure sans que nul visiteur ne se montre.

L'ami se fait, ailleurs, rabrouer pour avoir pris une photo et la tenancière me demande si moi, avec mon téléphone portable, je n'ai pas fait pareil. Drapé dans ma vertu, je lui réponds théâtralement que j'aime trop l'art pour prendre des photos avec un téléphone. Je m'amuse encore de sa réflexion "votre réponse tient la route, je vous crois, vous avez raison".

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Au fil des jours, dans ce froid glacial, j'alterne les écharpes, ce qui constitue en soi une nouveauté pour moi qui restait fidèle à une seule et unique. Trois cadeaux d'anniversaire m'ont permis de changer au gré des humeurs. Le cadeau familial obligé m'a peu importé ; par contre, le dernier cadeau en forme de boucle bouclée, souvenir d'un accaparement berlinois où j'étais parti vadrouiller un peu légèrement habillé pour un mois de juillet et où je m'habillais grâce au copain, lui m'a touché. J'en étais là quand j'ai reçu, par la poste, depuis Londres, une écharpe so british d'un doux cachemire. Célébration d'un anniversaire qui ponctue aussi 5 ans d'amitié avec la plus indépendante et décidée de mes amies (celle qui finit aussi le moins ses phrases mais avec le temps je me suis habitué).


5 commentaires:

La Fille aux cheveux de lin a dit…

J'vais te plumer les fesses!

F a dit…

La réponse exacte est : "Votre argument tient la route" ; de la part d'une bac - 6 on n'en attendait pas autant.

Kynseker a dit…

@ La fille: oh, c'est à peine si elles sont duveteuses...

@ F: et après, c'est moi le snob aixois ?! Tssssssssssss

S. a dit…

Il y a donc des snobs à Aix ?

Calyste a dit…

Puisque vous n'apparaissez que trop rarement à mon goût, c'est sur ce billet déjà ancien que je vous présente mes meilleurs vœux pour l'année qui vient.