samedi 29 octobre 2011

Lectures en décadence

Thomas Mann me porte la poisse. Le citer dans une copie de culture générale me vaut une correction injuste d'un professeur indigne qui corrige le titre exact que j'avais reporté "La Mort à Venise" par un vulgaire "Mort à Venise". Ah ! Mon sang n'a qu'un tour !

D'ailleurs, ce livre m'avait accablé d'ennui, dans ce style froid et objectif où ne se trouve rien de saillant, aucune fulgurance. Pas plus enthousiasmant qu'une recette de cuisine. Et, par acquis de conscience, je me suis risqué à dépenser 8€ dans "La Montagne Magique". Pouah ! Au bout de 150 pages, j'ai gentiment remisé le livre dans un carton en partance pour le grenier. Et je constate avec délectation que je ne suis pas le seul à être mortifié par tant d'ennui, en atteste cet avis assez drôle trouvé sur Goodreads:

"I started it in 1991 and read 100 pages every year until I finished the damn thing in 1998. This book was horrific. There was no point, no enjoyment, no anything save for a harrowing description, 900 pages in length, of some sad sack in a tuberculosis sanitarium. The only reason I even finished the book was that I refused to let it defeat me. I recommend it for masochists"

Comme le dit cette commentatrice, je déteste être tenu en échec par une lecture mais depuis la "Chartreuse de Parme" que je me suis astreint à lire jusqu'à la dernière ligne en dépit d'une terrible langueur, je ne perds plus mon temps à essayer de trouver du charme à un livre tenu comme génial par la commune renommée. 

Récemment, "Les Diaboliques" de Barbey d'Aurevilly, toujours encensées, de si géniales nouvelles, etc. Mais quelle déception ! Les idées de départ sont certes bonnes mais comme le soufflet retombe à chaque fois, comme à chaque page que l'on tourne, la déception va croissante... ! Et puis, sans prévenir, le narrateur s'en va aussi vite qu'il est venu. 

Alors, je n'ai pas renié mon plaisir lors de la lecture d'"Orgueil et Préjugés", de la délicieuse Jane Austen. Mon côté fleur bleue a été contenté plus que de raison ! J'ai réellement adoré, tant est si bien que j'ai acheté sur le champ la mythique adaptation télévisuelle de la BBC avec le merveilleux Colin Firth en Mr. Darcy (même si, aujourd'hui, il considère ce rôle comme le pire de sa carrière). Et je me suis régalé ! Une adaptation d'une totale fidélité, où on retrouve l'humour et la bonne humeur que procure le livre, en dépit des faux tourments qui accablent les personnages. Délectable !

12 commentaires:

La Fille aux cheveux de lin a dit…

Si tu veux j'ai acheté le coffret de la BBC avec toutes les adaptations (enfin ils n'ont sûrement pas adapté tous les livres de Jane Austen, mais il y en a pas mal: Pride & prejudice, sense & sensibility, Mansfield Park, Emma, Persuasion, Northanger Abbey (j'en oublie peut-être encore). C'est vraiment exquise à souhait!
Peut-être que la prochaine fois que tu viens à la maison, on fera nos midinettes devant du Jane Austen!

Et sinon, pour la correction de la part du professeur quant au titre ça me laisse perplexe...Déjà parce que c'est pas un titre original, et donc je vois pas pourquoi il y aura une sacro-sainte traduction...(il y a des titres de livres qui n'ont pas de consensus de traduction. Pour le livre de Freud par exemple, malaise dans la culture/malaise dans la civilisation. Ou pour Kierkegaard La reprise/la répétition.)
Et puis LA mort à Venise me parait quand même la plus correct traduction de "DER Tod in Venedig".
Je le soupçonne d'être plus influencé par le titre du film qui s'en inspire...

Kynseker a dit…

Oh oui ! Oh oui ! Moi, j'ai radiné, je n'ai que l'adaptation de Pride and Prejudice !

Sinon, pour Mann, j'en suis arrivé à la même conclusion. Un prof cinéphile plus que germanophone !

Calyste a dit…

Il me semble que nous avons de nombreux points (littéraires) communs: mêmes détestations, mes contentements!

S. a dit…

Ah, cette Montagne Magique !
Vous n'avez pas de chance : le récit (de mémoire, hein !) prend vraiment son rythme à partir de la page 151.
C'est ballot, non ?

Je vous taquinais : je crois me souvenir que j'ai atteint la fin péniblement.
Il faudra tout de même chercher les raisons de cette "commune renommée"...

Il y a des livres ou des films que je me contrains à relire ou à revoir après un essai infructueux : ça ne marche qu'un fois sur dix !

Il y a eu une bonne adaptation d'un Jane Austen au cinéma...
Je vous laisse chercher.

Kynseker a dit…

@ Calyste: je suis toujours avec attention vos "pages marquantes" et vos petites chroniques de lecture. Je prends des notes pour plus tard !

@ Syl: vous parlez sans doute du très beau film d'Ang Lee où il adapte "Raison et sentiments" ?

Antoine2paris a dit…

Tout à fait d'accord: parmi les livres unanimement considérés comme des chefs d’œuvre, beaucoup ne le seraient plus s'ils étaient vraiment lus! J'ai un souvenir pénible de "Madame Bovary" et du "Père Goriot"...sur lesquels ont buté des générations de collégiens, bien trop jeunes pour les apprécier! (Pour le premier, excellente adaptation de Chabrol avec Isabelle Huppert).

Kynseker a dit…

Oh, je crois que de nombreuses apprécient la lecture de Madame Bovary. Personnellement, je suis hermétique à Flaubert et cette lecture-là fut aussi vraiment pénible.

Balzac a d'immenses qualités mais c'est incontestablement daté (contrairement à un Zola). J'ai justement prévu de lire le Père Goriot dans quelques temps. Avec une petite appréhension (encore renforcée ! merci !) du fait d'une grosse déception à la relecture d'ouvrages que j'avais aimés par le passé.

La Fille aux cheveux de lin a dit…

Zyvvvvvvvvvvaaaaaaaaaaaaaaaaaaa je suis entrain de lire Madame Bovary et je me délecte de chacune de ses phrases...comme quoi...!
Je trouve la prose de Flaubert assez fine et ciselée

Kynseker a dit…

Oui, tu verrais mon prof de traverso quand il parle de la prose de Flaubert... Les yeux plein d'étoiles et de l'émotion dans la voix et comme tu dis zyyvvvaaaa qu'il me récite des paragraphes entiers et me cite la correspondance de Flaubert de mémoire pour m'expliquer le choix de tel ou tel mot...

(ouais, en vrai, on parle surtout littérature et politique et très peu de musique avec ce prof...)

La Fille aux cheveux de lin a dit…

(oui oui oui la correspondance de Flaubert oui oui oui oui oh ouiiiiiiiiiiiii)

Hm.

Bashô a dit…

Il faudrait peut-être le lire dans la langue d'origine. Un ami excellent germaniste me disait que beaucoup des grands romans devenaient lourds et pâteux une fois ratiboisés au cordeau de la langue française.

Kynseker a dit…

J'en suis persuadé mais malheureusement je ne parle pas un mot d'allemand !