jeudi 20 octobre 2011

Banques & coiffeurs: vilaines humeurs

Morbleu ! Je hais ma banque (mais ça doit être pareil avec beaucoup). Des incapables finis qui perdent toujours les fichus papiers qu'ils vous demandent. Toujours à envoyer chéquiers et cartes bancaires aux mauvaises adresses (non, pas celle qui figure sur les chèques, une autre, celle qu'ils ont dans leurs fichiers informatiques depuis la nuit des temps et qu'ils s'obstinent à conserver). Et moi, avec mon appel surtaxé, qui trouve encore le moyen de leur souhaiter une bonne fin de journée. 

Parce que c'est mon truc le "je vous souhaite une bonne fin de journée". De la part d'un "jeune", ça surprend toujours. La fois dernière encore, chez Monoprix. La vieille caissière aigrie, qui range très lentement tous les articles et qui vous maudit quand vous lui tendez un billet qui oblige à rendre un peu de monnaie. Un petit "jevoussouhaiteunebonnefindejournée" et elle lève la tête, vous sourit et vous dit merci, avec reconnaissance. Depuis que j'ai remarqué ce phénomène, fréquent, c'est la joie qui m'étreint quand je sens la gratitude de la caissière devant la peine que j'ai prise à formuler une phrase plus longue que "merci, au-revoir" (et encore, bien des clients restent muets en partant).

En y pensant, il y aussi les facteurs que je hais. Plutôt les feignasses qui ne font pas leur travail et qui balancent des avis d'absence sous la porte d'entrée de l'immeuble (même pas dans la boîte aux lettres du hall !) alors que votre sonnette marche, que vous êtes chez vous, ou que votre boîte aux lettres est assez grande pour contenir le colis. 

Je hais les coiffeurs aussi, d'habitude. Je regrette le temps (pas si lointain du tout) où on me demandait si le bac était pour cette année: "Oh oui, je suis bac + 4 !" (+ 6 aujourd'hui, comme le temps passe !). Et alors hier, une nuée nouvelle de jeunes folles qui attendait le chaland. Et bien avec ma tête d'outre-tombe, j'ai encore trouvé le moyen d'en exciter un. Massage du cuir chevelu sur massage, oui ma grande tes mains sont attentionnées et douces. Entre deux allusions entendues et quelques perches téléphonées, il a quand même trouvé le moyen de qualifier mon style vestimentaire de "sévère". Mais au moins, sa conversation aimable m'a amusé. D'habitude donc, je reste 20 min à tout casser (soit 1 euro de la minute). En sortant, en regardant ma montre, j'étais resté entre les doigts affutés de ce grand jeune homme 40 minutes.

Ensuite, je suis rentré me coucher. Complètement patraque. Après une mauvaise série, j'ai enchainé la lecture de deux romans excellents. Pas le même genre mais très bons tous les deux. HhHH de Laurent Binet m'a rappelé Prague, sous un angle historique intéressant, avec en toile de fond cette trahison impardonnable des accords de Munich (un de mes sujets fétiches d'histoire). Puis, je ne l'avais encore jamais lu, le Portrait de Dorian Gray. Cynique, méchant ; de la superficialité, des sous-entendus, toutes les mesquineries humaines rassemblées. Un pur délice et un charmant parfum de scandale. J'aimerais bien lire la version non censurée qui vient de reparaître pour la première fois au printemps dernier, me semble-t-il !

4 commentaires:

Audrey a dit…

Tu hais beaucoup dans cet article. Mais moi je t'aime mon chou!
Je te souhaite une bonne après-midi ;-)

Kynseker a dit…

Merci, va, je ne te hais point !

Audrey a dit…

Tu te sens d'humeur Chimène?!

Antoine2paris a dit…

C'est vrai, tu as l'air de méchante humeur ces derniers temps...D'ailleurs tu écris moins; dépression saisonnière? Va vite profiter du soleil!