jeudi 18 août 2011

Un peu trop vite

Du Luxembourg à l'Opéra, de Palais Royal à Montmartre, quelques grands classiques parisiens entrecoupés d'une journée à Fontainebleau. Le château et son escalier, ses jardins, ses appartements grandiloquents, surchargés, presque hostiles, sans poésie. Puis Moret-sur-Loing, son romantisme d’Épinal. A l'aller comme au retour, dans la voiture, la chaleur se fait accablante mais pas tant que le mauvais jazz qu'égrène la radio que s'acharne à écouter le conducteur...


Et puis, au milieu de tout ça, on a rejoué l'Italie. Difficile d'en revenir tout à fait ; l'envie irrésistible d'y retourner au plus vite... Avant de converger la semaine prochaine entre amis vers Sienne puis Rome, il était déjà temps de se remémorer l'épisode vénitien du début d'été. Alors, entre deux Limoncello, trois photos de voyage, on a voulu voir l'Italie brûlante de Visconti, la Sicile du Guépard. 3 heures d'une photographie superbe ; ce film est une marche lente et majestueuse où plus que Delon et Cardinale (sauvage !) on admire Burt Lancaster, tout de noblesse et de charme. L'étirement de certaines scènes épuise parfois mais l'apothéose finale ravit.

Plus tard, la comparaison est, hélas, terrible pour "Impardonnables", le nouveau film d'André Téchiné. Une daube sans nom où le grotesque dispute à l'invraisemblance la palme de la bêtise. L'insondable vacuité des dialogues, les clichés scénaristiques et le manque d'intelligence de la mise-en-scène et du montage achèvent d'exaspérer le spectateur le plus bienveillant. Seule Carole Bouquet, lumineuse, intéresse et convainc. Téchiné rate son rendez-vous avec Venise: un gâchis... impardonnable !

Dans le train du retour, une chanson de Julien Clerc trotte dans la tête alors que les paysages s'enfoncent dans la nuit. Par la suite, au moment de monter dans un taxi, c'est sur ce même immortel, indéfiniment jeune, qu'on tombe; mais le chauffeur change de station et on supporte les pérégrinations de la bourse. Heureusement, ce n'est pas encore la rentrée et les derniers voyages prévus à l'arrachée vont me tenir éloigné de ces turpitudes.

3 commentaires:

S. a dit…

Belle analyse du "Guépard" : aujourd'hui, on ne supporte plus la lenteur.
Vous finirez par l'appeler à grands cris.
Pour retourner à Venise, voyez plutôt "Summertime" (Voyage à Venise) de David Lean, actuellement "dans les bacs" comme "ils disent" : pour admirer Katherine Hepnurn et vous lasser du bellâtre Rossano Brazzi.
Mais c'est un film recommandable.
Je connais quelqu'un qui va l'acquérir en Blu-ray derechef.
Dans le ridicule Téchiné, peut-être un presque-jeune acteur italien à suivre...
Les voyages prévus "à l'arrachée" sont les plus beaux.

S. a dit…

"Moret-sur-Loing, son romantisme d’Épinal"
Vous avez parfois la dent dure, jeune homme !

Kynseker a dit…

Dure mais jamais injuste !