lundi 11 juillet 2011

Epicurisme en Vénétie: escale à Padoue


Il faut moins d'une heure, en train, depuis Venise pour se rendre dans cette ville universitaire. Lors de notre visite, le soleil y est brûlant ; notre démarche est lourde et l'esprit brumeux. Le réveil se fait devant les fresques de Giotto, de la chapelle des Scrovegni. L'autre chapelle Sixtine italienne: des bleus somptueux, des scènes bibliques en tout sens, dont le sens lui-même nous échappe parfois. Compte tenu de la fragilité de l'endroit, chaque groupe de visiteurs ne peut rester que 15 min: l'intensité rétinienne n'en est que plus accrue.

Plus loin dans la ville, on découvre que le centre combine diverses époques historiques, du Moyen-Âge aux buildings modernes. L'ensemble est brouillon et rarement beau. La place du Duomo, désertique à cause de la réverbération insupportable, a son charme et l'apérol sriptz qu'on y sert est parfaitement dosé. Nous enchaînons avec un excellent restaurant, recommandé par le Lonely Planet (dont on nous dit qu'il faut le préférer au Routard): entre antipasti de fleurs de courgettes, foie de veau à la vénitienne et sabayon glacé, l'extase gustative n'est pas loin d'être parfaite (sans compter, comme il se doit, le vino bianco della casa !).


Le baptistère du Duomo est lui aussi couvert de fresques: moins éclatantes mais tout aussi intrigantes. Nos déambulations nous mènent ensuite vers la place que j'attendais avec impatience. Prato della Valle est la plus grande place d'Italie avec son canal, ses centaines de statues et ses ponts... Hélas, c'est jour de marché et les camions-boutiques défigurent quelque peu le panorama. Au passage, des ragazzi me traitent de finocchio (au sens propre, fenouil ; au figuré, pédé) mais je file déjà vers une autre église, ayant pris en chasse un petit couple de jeunes garçons. Mais ils ne tiennent pas leurs promesses: quelle froideur et quelle distance entre eux !


La journée s'achève par deux beautés: la Basilique Saint-Antoine de Padoue, d'abord. Byzantine, elle recèle quelques merveilles dans sa majestueuse disposition. La messe qui s'y déroule pendant notre visite nous montrerait presque le chemin de la foi, alliée avec le passage miséricordieux des fidèles devant le tombeau de Saint Antoine. Le jardin botanique, ensuite. C'est le plus vieux d'Europe ; petit mais tiré au cordeau, il est riche de mille espèces, organisées avec goût et bon sens. Un charme fou ! Un charme dont on se dira, au final, que la ville tout entière en est dénuée.

2 commentaires:

S./G.C a dit…

Vous relatez fort bien.
Tiens, vous me donnez des envies d'évasions !

Audrey a dit…

J'attends ma carte postale.
(J'aime écrire des commentaires égocentriques)