mardi 10 mai 2011

La malédiction du lundi

Le lundi est un jour maudit. Non pas que la reprise du travail après le weekend chômé soit insupportable. Plutôt parce que, 9 fois sur 10, je ne ferme pas l’œil de la nuit du lundi au mardi. J'en viens parfois à me demander si je dois ne serait-ce qu'essayer de dormir ; je doute de l'intérêt de simplement me coucher.

Je n'ai jamais eu un excellent sommeil -et les gens qui s'endorment immédiatement après s'être couchés m'exaspèrent et c'est pourquoi je dissuade ceux qui seraient tentés de vouloir dormir dans mon lit de le faire- mais s'il est un jour où je dois me tourner, me retourner, me lever pour boire un verre d'eau, ouvrir les fenêtres pour avoir moins chaud, mettre des boules Quies pour ne pas entendre le bruit de la rue, c'est toujours dans la nuit du lundi au mardi.

Et la magie veut que quand je viens de m'endormir, c'est-à-dire sur les coups de 5 heures du matin, le réveil sonne peu après, vers 6h30. Alors, il faut se lever les yeux bouffis et la bouche pâteuse. Écouter les réjouissantes nouvelles de France Info qui ne manque jamais de remercier ses fidèles auditeurs d'être là, si nombreux, à tendre l'oreille en cette heure où on se dit que, vraiment, on ferait mieux de bouquiner - écrire un livre - apprendre le GAJA par cœur la nuit que d'essayer de dormir.

On se dit aussi que si on avait réussi à dormir et que notre cerveau avait eu la bonne idée de passer en mode sommeil paradoxal, on aurait éviter de confondre, lors d'un examen oral, la Constituante avec la Convention. On se serait ainsi épargné une vingtaine de minutes d'explications, de rafraichissement chronologique et de devinettes. Le 10 mai, on fête l'accession à la magistrature suprême du tonton ; moi, désormais, je fêterai le jour où j'ai appris à ne plus jamais faire la confusion d'assemblées toutes plus folles que les autres autour de 1790. Même que c'était un mardi.

Je précise que moi, au moins, je me ridiculise drapé dans mon honneur et ma vertu et que je ne passe pas mes examens avec les cours sur les genoux. A ce sujet, mes tricheurs préférés ce sont quand même les geeks: tripatouiller l'Iphone et mettre dans sa copie de culture générale des bouts entiers d'article Wikipédia. C'est moderne, sans doute très efficace mais ça se voit déjà beaucoup plus qu'une antisèche sur l'arrêt Demoiselle Bobard de 1936.

5 commentaires:

MArC-Us a dit…

Le titre de ce billet mérite mieux l'appellation de vieux ronchon.
(Déjà, à son âge me direz-vous ? Bah sí !).
Quant à l'égalité des sexes, j'en doute encore ...

Al West a dit…

Il me fait penser à la semaine de quarante siècles (Alfred Rosset), le début de ton billet :

Lundi, morne Lundi, Lundi de bouche amère,
Jour pénible, écœurant, jour sans fin, jour maudit !
Je trouve qu'on devrait supprimer le Lundi,
Ce Lundi long, et lourd, et laid, qui m'exaspère...


Amicalement.

Al.

Al West a dit…

La semaine de quarante siècles

Lundi, morne Lundi, Lundi de bouche amère,
Jour pénible, écœurant, jour sans fin, jour maudit !
Je trouve qu'on devrait supprimer le Lundi,
Ce Lundi long, et lourd, et laid, qui m'exaspère.

Le Mardi, lui non plus, ne m'enthousiasme guère.
Il est fade, et maussade. Il sent le bigoudi.
Le Mercredi, l'atmosphère se dégourdit,
On s'éveille, on renaît à la vie, on espère...

Et voici le Jeudi, le Jeudi d'organdi.
Le cœur bat, vendredi n'est pas loin. On se dit :
Courage, on verra le bout de la semaine !

Et c'est l'apothéose, enfin du Samedi,
Jour bien plus beau, que ce Dimanche de migraine
Que hante, grimaçant, le spectre du Lundi.

8 Juillet 1945
Alfred Rosset

Anonyme a dit…

Je peux le dire: Al West, vous avez égayé ma journée du vendredi (déjà elle en elle-même) avec ce poème qui ne saurait mieux exprimer mon ressenti quant à ce maudit lundi.

Le lundi, c'est pourri, et c'est bien connu.

Mais plus haut, c'est si bien dit, que je le dis, le lundi d'Alfredi sera dit et redit et transmis à mes amis

Al West a dit…

@ Anonyme : désolé pour la redite, il y a eu bug sur le blogue (or un blogueur sachant bloguer doit savoir bloguer sans buguer.

Mais je vous rejoins bien sur les maux des lundis de Alfred. Que ce soit dit et redit -bizarrement, dans la mémoire, j'ai toujours été tenté de dire "... lundi de mouche à merde. Mauvais esprit déplacé, donc- mais surtout, n'oubliez pas de citer l'auteur.

Amicalement.
Al.