mercredi 23 mars 2011

L'art d'improviser

J'orne assez bien mais je suis un piètre improvisateur. Mais parfois l'improvisation a du bon, comme ce dimanche. Au détour d'un couloir du conservatoire, un hautboïste en errance. Ni une ni deux, on ouvre un placard, on tombe sur une sonate en trio de Telemann et on s'emploie à la déchiffrer. Puis un bassoniste passe sa tête dans l'encadrement de la porte: et voilà que nous récupérons une partie de basse. Et un claveciniste venu quémander un renseignement se retrouve à son tour embrigadé et assure une basse continue virevoltante. Une grosse heure et notre sonate était absolument jouable en concert. Des musiciens, en pause entre deux ateliers, étaient d'ailleurs venus sagement nous écouter. Ineffable !



La prochaine fois, nous tâcherons de trouver un soprano échoué et on pourra monter cette pièce du même Telemann que j'ai juré de faire jouer pour un événement auquel je participerai sans doute bien malgré moi:


7 commentaires:

Dima a dit…

Joie de ces concerts improvisés! Comme je vous envie

S./G.C a dit…

Par cette anecdote, vous donnez tout son sens à la pratique musicale "ensemble".
Et Telemann, hein, ce n'est pas rien !

LutinsSansMaîtres a dit…

C'est vrai que tu trilles bien, sacripant ! (Mais tu voulais peut-être plutôt dire que tu "diminuais" avisément ?)

C'est plus du déchiffrage que de l'improvisation, cela dit.

[On voit où tu as été formé, pour tirer un bénéfice tout en confessant une faiblesse par un simple - et malhonnête - glissement sémantique.]

Ce devait être sympa, vous n'aviez pas un ingé son désoeuvré dans les parages ?

Audrey a dit…

Quelle belle photo! ;-)

Kynseker a dit…

@ Dima: de quel instrument jouez-vous ?

@ Sylv: bienheureux d'apporter de l'eau à votre moulin et à votre conception de la musique, qui se trouve en effet être la bonne !

@ Audrey: tout est dans le recadrage, moi je dis !

Kynseker a dit…

@ Lutin: je parle bien d'ornements plus que de diminution, technique beaucoup plus typée renaissance et que je n'ai jamais vraiment travaillée (comme pour tout, j'aurais du parce que maintenant je n'ai plus le temps) même si l'ornementation glisse parfois vers la diminution.

A propos de faiblesse vénale, j'aime beaucoup la méthode préconisée de la soutenance de mémoire par ma chère institution: parler des difficultés qu'on a rencontrées mais surtout décrire la manière dont on les a brillamment surmontées ! Un vrai conditionnement de l'esprit !

Pour le son, nos moyens techniques sont de l'âge de la merveilleuse bâtisse qui nous abrite et ne permettent guère l'enregistrement..

LutinsSansMaître a dit…

Ahoj,

Concernant la doctrine de l'institution, ça me paraît tout à fait raisonnable : ça permet d'évoquer les questions méthodologiques, mais il n'est pas question de t'assassiner toi-même dans un mémoire. En tout cas, je pense que tout le monde fait comme ça, s'il est un peu habile.
Mais là, ton jeu sur les deux faces d'improvisation pour te faire passer pour un grand improvisateur, je dis chapeau. :-)
Tu as suivi le séminaire de Robert Prodicos, c'est ça ?


"je parle bien d'ornements plus que de diminution, technique beaucoup plus typée renaissance"

Oh, on en trouve aussi abondamment dans le premier baroque, tout dépend où tu places la frontière avec la Renaissance en ce qui concerne la musique instrumentale.

De toute façon, ce n'est pas très compliqué une fois qu'on a un peu observé le principe (et le style).


"Pour le son, nos moyens techniques sont de l'âge de la merveilleuse bâtisse qui nous abrite et ne permettent guère l'enregistrement.."

T'es nul.