samedi 29 janvier 2011

Un vaut mieux que deux tu l'auras

A peu près à la même époque, l'année dernière, je déambulais dans les rues du Caire. Rues bruyantes, polluées, inhospitalières. Je profitais des dernières heures de mon séjour en Égypte pour bien marquer dans ma mémoire tout ce que j'avais pu y voir.

De ma propre initiative, je n'aurais jamais eu l'idée ni même le courage d'aller en Égypte. Il se trouvait qu'une très bonne amie y vivait depuis deux ans et que c'était l'occasion rêvée d'y faire un tour. Se promener en routard dans les rues du Caire (à Alexandrie, c'est très différent), relève de l'inconscience quand on ne parle pas arabe et quand on est un petit peu peureux.

Je dois dire que, parfois, nous n'en menions pas large dans certaines ruelles dans lesquelles nous nous aventurions pour débusquer le coin pittoresque évoqué dans mon guide. Il faut dire que 95% des touristes visitent seulement le souk, la citadelle et le musée du Caire, le tout en une grosse journée.



J'ai passé une semaine au Caire ; plus m'aurait été intolérable. Je me souviens de ce métro hommes/femmes séparés. Moi, rasé de près, peau blanche et cheveux châtains clairs, croix huguenote autour du cou, entouré seulement d'hommes aux longues barbes, à la peau très mate et récitant tous le Coran. Autant dire que je ne passais pas inaperçu.

Je revois mon amie me dire:"ah ! ce que tu fais occidental ! avec toi je paie le taxi 30% plus cher que d'habitude !". Je revois aussi le concierge de l'immeuble où nous logions sortir de sa loge dès que nous montions ou descendions. J'avais parfaitement appris ma leçon à l'arrivée et je me suis officiellement comporté en cousin pour ne pas choquer les mœurs locales. Un ami invité à loger dans le même appartement que deux filles était impensable. Je me suis attiré quelques remarques très sympathiques sur mes habits et je soupçonne la traductrice d'avoir adouci le sens réel de ces paroles...



Je me souviens de notre course haletante le premier soir pour voir le coucher de soleil depuis les jardins surplombant la ville ; j'ai gardé un souvenir amusé des détecteurs de métaux inopérants mais sous lesquels on se doit de passer pour garantir les apparences de sécurité aux abords des mosquées. Je ris encore qu'un ticket de bus romain ait pu passer pour une carte d'étudiant et m'ait permis de profiter d'une réduction. L'escroquerie était vénale tant nous avions nous-mêmes étaient constamment escroqués.

Je me remémore aisément ma surprise de voir les fameuses pyramides rattrapées par la banlieue du Caire, seulement à quelques centaines de mètres. Tous ces vendeurs qui tentaient de nous refourguer leurs bricoles inutiles en nous comparant à Cléopâtre et moi à... Omar Sharif !



Et puis le taxi chargé de m'amener à l'aéroport qui se perd dans la banlieue. Et moi qui met un petit moment à comprendre qu'il est illettré et qu'il ne peut lire les panneaux. Je me vois encore en train de le guider jusqu'au terminal de l'aéroport et, finalement, arriver tout juste pour embarquer dans l'avion après avoir passé un petit moment à la douane avec mes fleurs d'hibiscus séchées et mes trop nombreux médicaments.

Tant choses à dire, que je n'aurais pas vécues si j'avais du faire ce voyage cette année. Toujours faire les choses quand on en a l'occasion...

8 commentaires:

Audrey a dit…

Oh l'escroquerie, tu nous refourgue de l'égyptien là où je jubilais en attendant de voir narrés tes talents de danseurs...

Audrey a dit…

(bon, et tu prends le "s" de la fin pour le mettre à la fin du premier verbe de la phrase, et le compte est bon!)

Tambour Major a dit…

Ha bon, toi aussi tu es passionné de courses hippiques ? :)
Je souscris entièrement à ta conclusion. Certains opportunités ne se présentent qu'une fois. Il serait dommage de les laisser passer. La vie est courte...

Kynseker a dit…

@ Audrey: j'attends de faire mon second cours (et peut-être le dernier) pour avoir plus de matière à raconter :-)

@ TM: au contraire, je déteste tout ce qui a trait aux chevaux... :-D

S./G.C a dit…

Où êtes-vous, sur la photo du bas ?
Vous avez plus de points communs avec Peter O'Toole qu'avec Omar Sharif, non ?

Kynseker a dit…

Je suis sur la gauche, enturbanné en blanc !

Il me semblait bien que j'étais du genre Peter et non Omar mais le vendeur en avait décidé autrement, pour notre plus grand fou rire...

Bashô a dit…

Kynseker> Tu ne t'es pas fait harceler? Il y a une énorme frustration sexuelle là-bas à ce qu'on m'a raconté.

Kynseker a dit…

Euh... On a fureté dans le Caire miteux et populaire et pas tellement dans les endroits hype et occidentalisés. Du coup, non aucun souvenir de ce genre. Mais j'essayais, autant que possible, de faire hétéro !