lundi 31 mai 2010

Pars, ne te retourne pas


Mais... Qu'est-ce que t'as ?

Il est grand temps d'y aller. Un voyage sans retour qui me cause beaucoup de chagrin mais que j'accueille avec un certain soulagement. L'histoire de cette expatriation est désormais écrite. Comme tout le reste, elle aurait pu être autre. Il me faut balayer les regrets, s'il y en a, et garder un vaste souvenir ému. Na shledanou !


samedi 29 mai 2010

Le train klaxonne toujours deux fois


Je suis parti un peu en trainant des pieds. La solitude du long trajet en train me pesait par avance. Le train tchèque, c'est du TER français en pire. Wagons vieux de trente ans, avec compartiments. Je me suis vite retrouvé encerclé par une mamie qui tenait assez mal sur l'étroite banquette et qui s'empiffrait de charcutaille, une quadra qui passait son temps à se remettre du rouge devant le miroir et un monsieur qui sommeillait bruyamment. Peu importe, je suis arrivé à Marianské Lazné (Marienbad) à l'heure dite.

J'ai snobé le trolley-bus pour remonter l'avenue centrale tranquillement à pieds (bon, en même temps, je n'avais vraiment rien d'autre à faire). Après avoir dépassé quelques constructions de nos chers cocos qui avaient le chic d'implanter leurs gros immeubles gris et moches dans les endroits les plus délicieux de la terre, j'ai commencé à circuler au milieu d'hôtels luxueux et de vieux bedonnants. Ça n'a pas l'air dit comme ça, mais ça commençait à me plaire ce petit séjour. Je suis rapidement arrivé au bout de l'avenue, ce qui tombait plutôt bien puisque mon hôtel luxueux à moi s'y trouvait.


Une réceptionniste qui s'est mise en quatre pour tenter de parler français mais qui, n'y parvenant pas, me faisait des phrases en allemand-tchèque-italien. Rien en anglais. Que ce soit à Marienbad ou à Karlsbad, tout est écrit en russe ou en allemand. Et personne ne parle anglais. Toujours est-il que j'ai fini par prendre possession de ma chambre, ambiance rococo et marbreries. Belle vue:


Sans m'appesantir, je suis ressorti pour voir la fameuse colonnade et faire un large tour de la bourgade. C'est un monde d'un autre temps et je détonnais, malgré moi. Un pauvre jeune qui déambule tout seul sans siroter son eau thermale, ça interpelle. Je ne cache pas que j'ai cherché à rajouter un peu de mystère en mettant mes lunettes noires, qui ne s'imposaient franchement pas vu le temps orageux.



Revenu à l'hôtel, j'aurais bien fait monter un repas dans la chambre mais je n'ai pas compris la carte. Russe ou allemand ne comptent pas dans mes compétences. Je me suis endormi devant Roland-Garros (retransmis en allemand), j'ai passé la soirée dans la salle d'eau, je suis ressorti propre comme un sou neuf et je me suis rendormi en lisant le Prague Post. Et je n'ai pas touché au mini-bar.

Ce n'est pas au petit-déjeuner du lendemain que j'ai retrouvé un peu de jeunesse. Sous les lustres, entouré de petits vieux et affublé de quinze serveurs, j'ai fait une razzia. Un buffet garni de bonnes pâtisseries ne pouvait pas me résister !

Du coup, alourdi comme j'étais, je n'ai pas snobé une seconde fois le trolley-bus. Et, arrivé à la gare, j'ai embarqué dans un bus sur rails. Un train grand comme un bus, qui fonctionne à l'essence mais qui est posé sur des rails. Un concept dont je suis définitivement fan.

Je fais mon malin mais le trajet restera un de mes meilleurs souvenirs de voyage. Ce petit tchou-tchou nous a trimballés une heure durant au milieu des sapins ou en bordure de lacs... Il s'arrêtait devant ce qui semblait être des gares, les gens descendaient directement dans les champs, pas de quai, pas de contrôleur. Le train klaxonnait à chaque croisement de chemin et ça résonnait dans toute la vallée. Absolument folklorique, des lignes aussi perdues que celle-là ont totalement disparu en France. Inoubliable et indescriptible.


Je rêvassais paisiblement quand il a fallu descendre au terminus: Karlovy Vary. Trois fois plus grand que Marianské Lazné, trois fois plus peuplé. Peuplé de nouveaux riches russes. Pas de panneaux indicateurs en tchèque, tout en cyrillique. J'ai remonté toute la vallée dans laquelle est encastrée la ville et j'ai consciencieusement, ou presque, goûté à toutes les sources. Pour être tout à fait honnête, l'eau a un goût atroce. D'œuf pourri (pour ne pas dire autre chose). Et à 30° minimum, c'est encore plus imbuvable. Celle à 72° est infecte.


C'était pourtant réjouissant de voir tous ces gens déambuler avec leurs petits pots contenant le précieux breuvage. Je me demande comment on peut siroter une horreur pareille en ayant l'air d'être heureux. Eux aussi doivent se rattraper au petit-déjeuner de leur hôtel... Je ne me suis pas trop attardé. C'est une très belle ville mais trop touristique et en perte d'authenticité.


mercredi 26 mai 2010

Derniers pas

Je m'interdis d'écrire un message qui ressemblerait vaguement à une lamentation d'un égaré mélancolique ou alors à l'histoire du déracinement d'une petite graine échouée dans les frimas pragois dont elle commençait à sérieusement apprécier la terre fertile. Donc, grossièrement, l'ambiance, une fois la nuit tombée, ces jours-ci, est dans ce goût-là:

lundi 24 mai 2010

Kutna Hora, un petit tour et puis s'en va


Fameuse bourgade qu'on retrouvera dans tous les guides sur Prague à la rubrique "à visiter aux alentours". Ça ne me disait trop rien d'y aller mais par acquis de conscience et parce qu'on en parle partout, nous y sommes allés. Une journée loin d'être déplaisante mais vendre cette ville comme un incontournable touristique est pour le moins malvenu.

La visite a commencé par un endroit très charmant: une chapelle qui fait office d'ossuaire. Un moine, qui s'ennuyait un peu, a décoré sa paroisse de restes de corps humains. Les asiatiques sont fans et posent devant les amoncèlements d'os. Vous croyez qu'ils font pareil à Birkenau ?


Ensuite, munis de notre pass Best of Kutna Hora, nous avons pénétré dans une des cathédrales de la ville. Grisâtre extérieurement, elle est lumineusement divine à l'intérieur, totalement rénovée.



Puis, après avoir remonté une grande avenue bordée d'immeubles communistes, nous sommes arrivés au cœur du village. Quelques places intimistes, quelques cours verdoyantes, un petit restaurant sympathique et encore une cathédrale. Cinq nefs et un très bel orgue.



Nous sommes redescendus vers la gare routière tranquillement et nous avons essuyé un gros orage en attendant le bus qui devait nous ramener à la gare ferroviaire, qu'on croirait désaffectée...


samedi 22 mai 2010

J-10

Retour vers la France dans dix petits jours. Dix petites journées à exploiter. Voir quelques coins que je n'ai pas explorés, revoir quelques endroits favoris. Se balader aux alentours de Prague, à Kutna Hora, bourgade réputée jolie.

Déambuler au milieu des curistes dans les villes thermales de Marienbad et Karlovy Vary. Passer une nuit dans un charmant hôtel (qui se prévaut du titre de "palace" mais le charme tout désuet qui émane les photos nous amène à nous méfier de cette superbe revendiquée) et goûter aux joies romanesques du thermalisme, qui sait...

Et hier soir, à la fin d'un inoubliable concert, se dire soudainement que Prague va me manquer. Murray Perahia avec l'Academy of Saint Martin of the Fields dans les concertos de Mozart (ut mineur) et de Bach (sol mineur) et dans des symphonies de Haydn. Ces rares soirées où tous les éléments pour la réussite de l'entreprise sont réunis.

Bien placé, entre deux mémés qui sentaient bon comme tout, un corniste sublime à qui je conseillerais d'abandonner le brillant du cuivre pour les scintillements des podiums de mannequinat, et un rendez-vous rare d'adéquation entre œuvres et exécutants. Le pianiste américain, haut comme trois pommes mais à la voix haut perchée, nous a livré une superbe interprétation. Évidemment, l'AMSF c'est du son standard et international, mais impossible de bouder son plaisir. Un Mozart grandiose et murement réfléchi (ce n'est pas l'escroc Lupu qui serait capable de prouesses pareilles) qui contrastait avec un Bach sur le fil (décalages, fausses notes), tellement humain.

Sans m'en rendre compte, c'était mon dernier concert dans la salle extraordinaire du Rudolfinum. Je n'ai pas eu le temps d'y penser sur le moment et tant mieux si ce dernier concert était l'un des plus beaux de ma vie de mélomane pragois.

PS: j'ai revu mes deux tourtereaux, l'un toujours cravaté, l'autre toujours en chemisette...

jeudi 20 mai 2010

Le tchèque, en sept tares

Une interminable pause entre deux examens. Propice à l'observation anthropologique ; posté dans le hall de la faculté, j'ai observé, détaillé, déshabillé du regard le tchèque. En sept points, ça donne ceci, en commençant le diagnostic du bas vers le haut:

1) Le tchèque porte des écrases-merde. Les chaussures, les vraies, d'homme, il ne connait pas. Il n'a pas dépassé le stade préhistorique des baskets. Dans un état de décomposition avancé, si possible. J'ai l'air un peu gonflé comme ça, vu que je porte moi-même des chaussures en daim élimées. Mais c'est sentimental, je les ai trainées dans le sable égyptien, dans la pluie romaine et dans la neige munichoise, alors...

2) Le tchèque porte un drap en jean, avec des trous plus grands pour les jambes... S'il nage dedans, il est content. Un jean bien ajusté n'a guère d'intérêt, faut faire passer les courants d'air. D'un bleu délavé douteux, c'est préférable.

3) Le tchèque a un gros cul. Que voulez-vous, c'est la triste réalité. J'en suis le premier chagriné. Oui, un gros cul et flasque en plus. Deux pastèques qui tombent... Ah les dures lois de la pesanteur ! Aussi, à force de se bourrer de brambory et de knedelky, y'a pas de miracle !

4) Le tchèque aime les couleurs improbables. Et surtout, il adore les assortir de façon incongrue. Les multiplier aussi, la règle des trois couleurs maxi, il ne connait pas. Faut que ça scintille !

5) Le tchèque chérit tout particulièrement le sac-à-dos. De cycliste, avec gourde et tube en plastique transparent intégrés. Il doit pouvoir bien s'acharner à notre homme aussi ; donc plein de cordons, de ficelles qui se baladent à droite, à gauche, au gré des mouvements du marcheur.

6) Le tchèque a le poil gras. C'est toujours ça d'économisé sur le gel. Et les variations de coiffures sont infinies; quelques doigts passés dans les cheveux et hop, ça tient tout seul. Magique !

7) Le tchèque a une grosse tête. Qu'il dodeline compulsivement en regardant par terre quand il marche vite. Toujours pressé le tchèque. Si ça se trouve, ça fatigue tellement qu'il est obligé d'avoir un sac-à-dos gourde pour survivre...

Puis, il y a le tchèque qui a évité les sept chausses-trappes sus-citées. Sa rareté ne le rend que plus désirable...

lundi 17 mai 2010

Emotion contenue

J'assistais hier soir à mon premier concert du Festival du Printemps de Prague (qui donna son nom aux événements que l'on sait). Radu Lupu interprétait du Janacek, l'appassionata de Beethoven et la D960 de Schubert.

Piano manquant un peu de chair et trop fouillis. Personnage assez discret, concert enchainé selon les canons du genre (vague salut, je débite mes œuvres, salutations, je bisse et je m'en vais). Guère mémorable.

En revanche, je me souviendrai longtemps de ces deux-là. Je veux parler des deux hommes assis devant moi. Nous étions dans les gradins de côté et mes yeux ont vu des choses, à cause de la vue de plongée, qu'ils n'auraient pas du voir, imperceptibles.

Celui à ma gauche, à peu près 43 ans, cheveux coupés très courts. Assez carré, costume-cravate. Programme soigneusement posé devant lui, applaudissements discrets du bout des doigts, la main gauche tapant la main droite (donc gaucher). Son acolyte, enfoncé dans son siège sur ma droite, chemisette (le comble de l'horreur) et pantalon de marche. Cheveux coupés à la tondeuse au plus long possible, un peu plus foutraque dans l'ensemble. Une petite trentaine.

Je ne voyais pas vraiment le rapport entre les deux quand après un signe d'impatience du jeunot, le plus âge a tourné imperceptiblement la tête vers lui et lui a tapoté la cuisse du bout des doigts, du genre "ca va passer vite mon chéri, ne fais donc pas l'enfant".

Il faut bien voir que le quadra, probablement cadre dans une banque, prenait littéralement son pied en écoutant le pianiste roumain débiter sa litanie de notes. Je l'imaginais très bien fougueux, un soir d'orage, faire l'amour sur sa sonate préférée. Surement pianiste, ses mains pianotaient virutellement et suivaient réellement la musique (pas comme le pédant du coin qui s'agite dans tous les sens pour bien montrer que lui, il connait le morceau par cœur). Mais je l'imaginais aussi bien, gants en latex rose aux mains, récurer sa cuisine en formica en écoutant du Schumann.

Toujours est-il qu'à intervalles réguliers, le mélomane aguerri rassurait son compagnon néophyte d'un soir sur la durée de son supplice par de petites tapes discrètes dont seuls les homos voulant rester discrets ont le secret. Il y avait un vilain contraste entre ce couple, charmant au demeurant, contraint aux esquisses de gestes tendres et le couple assis à leur droite, la demoiselle amoureusement lovée dans les bras de son tendre.

A l'entracte, je me suis mis en filature et j'ai outrageusement suivi les deux tourtereaux. Ils se sont vite précipités dehors et se sont promenés sur les bords de la Vlatva en regardant le coucher de soleil rosé. Je crois bien que j'ai été repéré et durant la seconde partie du concert, les ébauches sentimentales se sont faites plus précises, l'éraste osant barrer les lèvres de son éromène de son index quand celui-ci a laissé échapper un gros soupir d'ennui (que je partageais d'ailleurs).

C'était mignon tout plein cette jambe costumée qui se frottait à cette autre jambe impatiente ; mignon tout plein ce regard éperdu et triste de voir l'éphèbe s'éloigner et sortir de la salle alors que le bis commençait. Le piano ou l'amoureux, il fallait choisir. Et sans hésiter, notre homme s'est rassis.

Tout ça pour dire que c'était étrange de se retrouver dans le rôle du spectateur et de se projeter dans la tête de ceux qui voient notre petit manège. Parce que je crois bien être beaucoup moins discret que ces messieurs quand je suis en bonne compagnie malgré toutes les réticences que j'ai à être démonstratif (au grand dam de mon compagnon à moi).

dimanche 16 mai 2010

Interrogation dominicale

Bratislava ou pas, il existe ce genre de photographie perturbante où je semble avoir été faussement danseur dans une autre vie. Il parait que ça trahit quelque chose chez moi.


Il y a une autre illustration, à Vienne. Immortalisée en vidéo. Alors que j'énonce théâtralement (je ne parle pas toujours comme ça, quoique...) l'objet immédiat d'une visite touristique, un importun me lance au visage la triste réalité de mon état. Je suis obligé, pour le faire taire, d'asséner, d'une voix diablement menaçante, une sentence terrible. Âmes sensibles s'abstenir (vous pourriez vous reconnaitre).

video

Le dimanche est définitivement consacré jour des notules inutiles !

jeudi 13 mai 2010

B comme Bratislava (ou bétonné)

Quelques jours d'absence en raison d'un petit voyage au sud de Prague, à Bratislava puis à Wien. Premier jour, réveil aux aurores et embarquement à bord d’un luxueux bus Eurolines en direction de la capitale slovaque. Petite halte à Brno sur le trajet ; ville que j’ai déjà visitée. Toujours le même aspect morne et triste malgré la luxuriante cathédrale gothique qui surplombe la ville.

J’avais beaucoup entendu parler de Bratislava et tout ce qu’on m’avait dit abondait dans le même sens : ville horrible, sans intérêt particulier. C’est en effet un champ d’immeubles et n’importe qui voulant étudier l’architecture communiste dans ce qu’elle a de plus monstrueux devrait s’y rendre.

A peine arrivés, nous avons sauté dans un trolley-bus Skoda où un slovaque mal embouché nous a prestement demandé de lui tenir son vélo puis ensuite de faire place nette pour caler ledit vélo.

La gare ferroviaire de Bratislava est microscopique, d’aspect tiers-mondiste. Pour rejoindre Wien ensuite, ne cherchez pas à comprendre, la guichetière nous a assuré qu’un billet aller-retour était moins cher qu’un billet simple. Drôle d’achat.

Dans ce qu’elle a de plus beau à offrir, Bratislava ressemble, au mieux, à un des quartiers miteux de Prague. Le plus bel édifice de la vieille-ville ne serait qu’un banal bâtiment à Prague. C’est très petit, guère coquet, mais pas désagréable. Les églises sont décevantes sauf une, la fameuse église bleue, surnommée par moi l’église des Schtroumpfs.

On croise essentiellement des autrichiens en weekend venus se divertir à peu de frais dans la capitale slovaque. J’ai bien tenté d’articuler quelques mots de slovaque mais le tchèque revenait bien vite dans ma bouche et intriguait mon interlocuteur. Mais les autochtones d’ici sont bien plus aimables, souriants, aidants, que les tchèques. Leur gastronomie semble davantage variée et nous avons testé avec plaisir, sur les conseils du Routard, les fameux gnocchis au fromage de brebis agrémentés de lardons grillés. Bonne soupe aux carottes et paprika, service sympathique et moins empressé qu’à Prague.

Le théâtre national slovaque a une façade bien plus riante que celle de son acolyte pragois mais fait très lieu de rencontres bourgeoises de province. La petite grimpette jusqu’au château est vite expédiée et le point de vue est imprenable sur les plantations d’immeubles. La restauration de ce qui ressemble plus à une prison qu’à un palais semble bien avancée mais confère à l’ensemble un indéniable petit côté suranné.

mardi 4 mai 2010

Apparat superfétatoire

Probablement l'un de mes derniers billets sur la mode tchèque. Les températures m'ont permis de tomber le manteau et de le remplacer par mon habituelle veste de costume noire. Il y a quelques temps, je l'avais classiquement assortie d'un pantalon tout aussi noir et d'une chemise blanche finement rayée.

L'espace d'un instant j'ai du oublier que je n'étais pas à Aix-en-Provence mais à Prague qui est donc bien majoritairement peuplée de tchèques, ces drôles de gens qui boutonnent leurs chemises jusqu'au col alors même qu'ils ne portent pas de cravate.

Mon narcissisme s'est plutôt bien accommodé des regards insistants dans les transports en commun mais a eu un moment d'hésitation quand deux étudiants tchèques se sont mis à entonner la marche nuptiale de Mendelssohn à ma vue.

Là où j'aurais essuyé des regards de mépris à Aix, j'ai rencontré des gens qui croyaient mon accoutrement apte au mariage à Prague ! Deux décalages et deux mondes de codes sociaux différents. Le snobisme revendiqué d'un côté et la simplicité tant inculquée par le communisme encore vivace de l'autre.

Un autre jour, il y avait du tractage dans la bouche de métro. L'endroit est assez étendu et j'ai eu le temps de pronostiquer qu'on tenterait de me donner un papier. Une dizaine de personnes sont passées devant la préposée à la distribution sans qu'elle leur tende le sésame informatif, seul un homme en costume-cravate y a eu droit. Le temps que j'arrive à hauteur de la demoiselle, d'autres personnes banalement habillées n'ont pas été sollicitées. Et moi, avec ma veste de costume, ça n'a pas loupé: la main s'est tendue dans ma direction. Ici, l'habit fait le moine !

dimanche 2 mai 2010

Une dernière salve de musique slave

En furetant dans un lieu de perdition musical et participatif, je me suis laissé guider vers des horizons nouveaux. Il était question de chansons traditionnelles russes et d'envie de pleurer. J'ai donc immédiatement cliqué sur les liens Youtube. Et ça donnait ceci:





Donc oui, on a bel et bien envie de pleurer. Nous sommes transportés dans des frimas inconnus... Peut-être que c'était un peu cet esprit mélancolique et folklorique que j'étais aussi venu chercher à Prague. Je ne crois pas l'avoir trouvé ni même rencontré. Ce n'est pas exactement la culture tchèque. Dommage...

samedi 1 mai 2010

Guide touristique (3): l'église Saint-Nicolas

Entrée payante mais c'est un atout: seuls les vrais touristes intéressés se risquent à payer la modique somme. On est donc rarement plus de 5 ou 6 à l'intérieur. L'édifice est baroque jusqu'à plus soif. Ça n'est pas très flamboyant, Rome ou Munich semblent bien loin mais c'est un style qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Dominante de jaune pâle, de vert et de bleus.


Chose rare, on peut accéder à l'étage d'où on a une superbe vue sur la nef centrale, l'orgue et la coupole. Très plaisant.


Mais on n'admirera jamais aussi bien l'extérieur que depuis les jardins Vrtbovska, totalement inconnus des touristes. Seuls quelques pragois s'y aventurent et là aussi, la solitude du badaud égaré est garantie. Un coin de verdure au cœur du petit côté. Unique.