vendredi 30 avril 2010

Douceur tchèque

Je ne parle pas du temps bien qu'il soit devenu fort agréable depuis quelques semaines (et même étouffant dès la barre des vingt degrés franchie !) mais une nouvelle fois de musique. Je croyais assister mercredi soir à mon dernier concert au Rudolfinum et j'en concevais une certaine mélancolie.

Mélancolie qui se devait d'être relevée par la programmation de la soirée qui comprenait notamment le concerto pour violoncelle de Dvorak. Le très talentueux Jean-Guihen Queyras, toujours aussi beau à voir qu'à entendre, a tout emporté sur son passage avec un jeu très vigoureux et d'un engagement total. Il retrouvait pour ce concert les partenaires qu'il avait eus au disque: la philharmonie de Prague et Jiri Belohhavek.

Soirée phénoménale et s'aérer sur les bords de la Vlatva lors de l'entracte finit d'en parfaire la douceur. J'attends donc impatiemment le festival de musique du printemps de Prague pour lequel j'ai obtenu, in extremis, des places.

Récital de Radu Lupu dans Beethoven (Op. 57) et Schubert (D960), Murray Perahia dans le concerto en ut de Mozart et en sol de Bach, Lupu encore dans le concerto de Schumann, Matthias Goerne dans Malher et encore bien d'autres succulentes choses...

En attendant, je réécoute l'équipe triomphante de mercredi soir dans leur disque. Version dantesque qu'on préférera à toutes les autres. Seul Rostropovich (avec Giulini plus qu'avec Karajan, Boult, ou encore Ozawa) est à la hauteur de ce triomphe. Ecoutez ce tendre dialogue entre le violoncelle concertant et la flûte:

mardi 27 avril 2010

Une flûte désenchantée

Je ne dois pas être le premier à faire ce petit jeu de mot stupide avec le titre de l'opéra de Mozart. J'avais encore hérité d'une place à poteau (bon, vu le prix, c'est justifié...) et des étudiants Erasmus français que je fuis comme la peste étaient de la partie. J'étais donc dans de mauvaises dispositions pour apprécier la représentation, jouée au Théâtre des Etats, là où Mozart créa en son temps Don Giovanni (que je préfère largement à la Flûte).

Ouverture magistralement jouée par l'orchestre du Théâtre National, qui constituera le seul point positif de la soirée. De beaux timbres, pas de problèmes de justesse ni quoi que ce soit. Seulement cette éternelle petite routine. Une belle cylindrée qui ronronne tendrement.

J'étais de côté et j'ai pu apprécier la "flexibilité" salariale à la tchèque: les chanteurs du chœur assuraient non seulement les chorégraphies dévolues aux danseurs (d'où leur lamentable simplicité) mais jouaient aussi aux apprentis machinistes. En effet, personne en coulisse. Quand il fallait actionner les poulies pour agiter l'immonde drap qui couvrait la moitié de la scène, trois chanteurs-danseurs s'éclipsaient de chaque côté et activaient prestement les manivelles. Idem pour les changement de décors !

Décors, si on peut appeler ça des décors, du mauvais goût le plus certain et tape-à-l'oeil, usés jusqu'à la corde. Des costumes taillés en gros et dans des couleurs que n'aurait pas reniées Sonia Rykiel. Mise en scène statique à mourir, avec ce foutu drap jaunâtre en plein milieu.

Seul le rôle titre de Pamina était méritant. Les autres chanteurs se croyaient au cirque et s'embourbaient dans le rythme et les mélodies en toute jovialité. Les premiers hululements de la reine de la nuit m'ont dissuadé de rester après l'entracte pour attendre son fameux air.

Enfin, détail de taille: c'était chanté en tchèque. Je me suis fait piégé, en oubliant que le spectacle était assuré par le Théâtre National qui a conservé cette vieille tradition de tout traduire. Je ne suis guère amoureux de la langue de Goethe mais ses aspérités auraient été bienvenues pour donner un peu de relief à l'ensemble. Et aux récitatifs et aux airs. Le tchèque est finalement assez rond, chanté par les quincaillers du coin.

lundi 26 avril 2010

Le banquet des anges

Indéfinissable impression: Prague n'est pas plus belle que Rome, elle est plus émouvante. Peut-être parce que, à la différence de Rome et de Vienne, elle n'a jamais été un centre de pouvoir, tout en étant une capitale. Elle n'inspire ni respect ni admiration, elle touche, il faut l'aimer pour la comprendre, on ne peut avoir avec elle que des rapports personnels et tendres.

Dominique Fernandez

Une fois de plus, l'immense écrivain a su trouver les mots justes pour décrire les sentiments de tout voyageur ou expatrié à Prague.

C'est un fait indiscutable, Prague ne sera jamais plus belle que Rome, Vienne ou Paris. On reste admiratif devant les beautés romaines, pas devant celles de Prague. On a vite fait de les regarder avec dédain quand on a goûté auparavant au nectar italien.

Je vacille entre amour et haine envers cette ville. Mais même aux pires moments, les tchèques et cette capitale parviennent à m'émouvoir. Surement aux moments où je m'y attends le moins. Je crois que Rome touche les gens d'une façon à peu près universelle et similaire. Prague parle à chacun de nous de manière différente.

Et oui, sans amour, l'habitant ou le voyageur passeront à côté de ce qui fait Prague, de ses charmes et des troubles qu'elle peut susciter. Alors, malgré tout, on garde pour cette cité une certaine tendresse qui me fera probablement y revenir dans quelques années. Parce que je lui aurais consacré quelques mois de ma vie, à une époque charnière et fondamentale.

L'avenir dira si je saurai me resservir de ce qu'elle m'a appris et si je ne trahirai pas le lien que nous avons établi et tissé au fil de ces neuf mois.

dimanche 25 avril 2010

Guide touristique (2): Zámek Troja


Situé en face du zoo de Prague, ce château est ouvert du 1er avril au 31 octobre. Les jardins sont accessibles gratuitement tandis que la visite guidée de l'intérieur est payante et a lieu à des intervalles relativement espacés, en tchèque.

L'escalier extérieur est monumental tandis que les jardins sont tirés au cordeau... Cela mérite assurément le coup d'œil et rien ne vous empêche ensuite de faire un tour au zoo qui compte parmi les plus beaux d'Europe !




samedi 24 avril 2010

Guide touristique (1): juiveries pragoises

Je commence ce petit guide touristique tout à fait personnel et subjectif de Prague avec l'évocation de tous les monuments et lieux d'intérêt juifs.

1) Les synagogues et le cimetière juif gérés par le Jewish Museum:
Le ticket global comprend la visite de quatre synagogues et du cimetière juif. La visite commence par la synagogue Pinkas dont les murs sont gravés des 80 000 noms des déportés tchèques. Impressionnant. Elle se poursuit par le cimetière dont l'atmosphère ne laissera personne insensible. Cet agencement désordonné de tombes respire la mélancolie, la douleur et dégage une certaine sérénité.

La synagogue Klaus a moins d'intérêt et le détour ne vaut que pour la collection d'objets religieux qu'elle abrite. Par contre, on ne manquera pas la synagogue Vieille-Nouvelle, un peu sombre, médiévale, mystérieuse. Avec un peu de chance, vous tomberez sur cette gardienne à l'âge déjà bien avancé, tellement ravie de pouvoir parler français quelques minutes. Pas avare d'explications, elle a vite dérivé pour nous parler de tout et de rien, de la vie ici à Prague, du fait d'être juif, des inondations de 2002... Ce genre de rencontre impromptue qui laisse des traces.

Il faut évidemment achever la visite par la synagogue espagnole, exceptionnelle. Toutes les autres vous paraitront bien austères et fades une fois que vous y aurez pénétré. Édifice magnifique où tout resplendit et envoute sans tapage. Visite indispensable. Les photos y sont hélas interdites.

2) La synagogue de Jérusalem (ou du Jubilé):
Située près de la gare et gérée de façon indépendante (elle ne fait donc pas partie du ticket global vendu par le Jewish Museum), elle a une façade remarquable:


L'intérieur est aussi magnifique, même si je lui préfère celui de la synagogue espagnole, encore plus somptueux. On peut s'installer sur un des bancs et rêvasser pendant tout le temps qu'on veut, kippa sur la tête. Les touristes y sont bien moins nombreux que dans les autres synagogues.




(Je ne parlerai dans les billets classés sous "visite guidée" que de lieux que j'affectionne et qui me semblent indispensables à visiter pour tout aventurier échoué à Prague ; je ne cherche en aucun cas l'exhaustivité ou l'objectivité. Vous avez en effet pour cela une pléiade de guides sur papier tous plus gros les uns que les autres).

mardi 20 avril 2010

Ca se dégage à l'horizon


Sur tous les plans... Le nuage n'aura pas eu raison de la détermination de mes parents à venir me voir à Prague. Je les trouve bien courageux d'avoir pris leur voiture et d'avoir parcouru les 1500 kilomètres pour venir. (Re)visiter la ville avec eux m'aère l'esprit et j'ai enfin découvert tout le quartier juif que je n'avais pas encore arpenté jusqu'alors, faute des prix prohibitifs en régissant l'entrée.


La porte fracturée de notre appartement a été changée. Tellement surchargée de serrures et de verrous désormais qu'on se croirait en prison. Mais le sentiment de sécurité est revenu, c'est l'essentiel.

Andrea est plus exaspérante que jamais et même le propriétaire songe à s'en débarrasser... D'ailleurs, la remplaçante de Carlo est une française. De quoi enfin avoir quelques conversations intéressantes.

Je vous prie d'excuser mon manque flagrant de blogage et de ne vous faire part que de ces nouvelles plates mais je vous promets de vous faire découvrir quelques coins de Prague en photos dans quelques jours. Puisque j'ai enfin en magasin des photos prises avec un beau soleil !

vendredi 16 avril 2010

Retour de karma

Il faut croire que tout allait trop bien dans le meilleur des mondes... Les médicaments prescrits pour soigner une infection détectée, à prix d'or, à Rome me rendent atrocement nauséeux mais n'ont aucun effet sur la pathologie. Je crois que l'étape numéro deux du traitement, plus lourde, me tend les bras.

Pour faire un peu d'animation, des voleurs ont eu la bonne idée de cambrioler notre appartement hier dans la soirée. Porte fracturée au pied de biche, armoires et tiroirs vidés. Ils ne cherchaient pourtant que de l'électronique. Par miracle, j'avais mon ordinateur portable avec moi en cours, chose qui ne m'arrive précisement que le jeudi. Et par le plus grand des hasards, j'avais pris mes deux téléphones portables (tchèque et français) avec moi alors que depuis plusieurs mois je n'en prenais qu'un sur deux. Du coup, j'ai seulement été dépossédé de mon appareil photo (mais sans la carte mémoire, heureusement) et volé à hauteur d'une cinquantaine d'euros. Ma colocataire a eu moins de chance: plus d'ordinateur portable et plus de téléphone.

C'est fou comme cet appartement, qui représentait un havre de paix jusqu'à hier, m'est devenu complétement hostile. S'ajoute la paranoïa envers les voisins et même les tchèques en général. La police a été plutôt efficace même si les relevés d'empreintes, photos et chien renifleur servaient sans doute à épater les étrangers que nous sommes plus qu'à rechercher des indices véritables.

Pour finir, ma famille qui devait venir passer une semaine à Prague à compter de demain est bloquée en France à cause de la fermeture des espaces aériens. Reste une location d'appartement non remboursable et la possibilité de venir en voiture. Deux jours de route, ça fait rêver.

jeudi 15 avril 2010

Sainteté


Entre deux expositions et une visite chez le médecin à 100€, un grand tour de Rome pour voir ou revoir des monuments, des places, des ruelles.

L'expo Edward Hopper d'abord, peintre que j'apprécie depuis pas si longtemps que ça, qui retrace habilement son parcours pictural. Le côté ludique de la disposition contribue à cerner son évolution stylistique. Pas mal de toiles célèbres (mais pas les Noctambules) et d'aquarelles magnifiques. Voilà un peintre qui gagne à être vu en vrai: des couleurs somptueuses, surtout les bleus et les verts, incroyables d'intensité.

L'expo Caravage ensuite. Claustrophobes s'abstenir. Ambiance rougeâtre et pénombre de rigueur. Beaucoup de monde, par intérêt ou parce que c'est the place to be en ce moment à Rome. Mais là encore le parcours est savamment pensé. Quelques surprises, la toile d'habitude exposée aux Musées du Vatican (la Mise au tombeau) apparait très grossière et mal finie accolée à d'autres huiles du maître (notamment celle exposée à Vienne). Et au contraire une œuvre qui paraissait un peu terne prend toute son ampleur quand on la restitue dans son élément. Finalement, ce qui nous a le plus frappé, c'est l'absence totale d'attention de la part du public et des guides pour la toile la plus érotique du Caravage, totalement délaissée, son Saint-Jean-Baptiste:


Promenades dans le quartier juif, autour du Forum, du Colisée... Un regain d'intérêt de ma part pour les pierres antiques, toujours une pointe de déception devant le Moïse de Michel-Ange à Saint-Pierre-aux-Liens et un souvenir un peu injuste de Sainte-Marie-Majeure. Les glaces parfums riz au lait et marron glacé du Palazzo del Fredo n'ont pas trahi la souvenance que j'en avais, pause gourmande rafraichissante...


Touché par la grâce divine devant Saint-Jean-de-Latran ?

dimanche 11 avril 2010

Due frosci da Mussolini

Ultime périple romain. Nous nous évitons les grandes avenues touristiques. Nous fuyons à travers bois, dans les jolis parcs de la ville qui sont encore verts et frais. D'abord celui de la Villa Tolonia, assez petit, envahi d'enfants et de scouts.


Puis celui de la Villa Adda, et enfin celui de la Villa Borghese. Pas de location de voiturette à pédales cette fois-ci, les souvenirs de cet été suffisant à animer dans nos esprits tous les bonheurs simples et enfantins qu'on peut trouver dans cette activité ô combien amusante...

Paquerrettes et arbres de Judée dans le parc de la Villa Adda

En passant devant Sainte Marie du Peuple, impossible de résister à la tentation de voir une nouvelle fois les deux Caravage qui y trônent. Mais ils étaient assaillis par les touristes, bien peu préoccupés par le respect du silence et de la reliogisité de l'endroit.

La Via del Corso soigneusement évitée, nous avons fait une halte dans le café de la paix et pris une patisserie dans une charmante ruelle pour combler mon estomac qui criait famine depuis trop longtemps déjà.

Une belle journée et ce malgré le bus bondé que nous avons dû emprunter pour rentrer. C'était presque réjouissant de voir ces italiens rire de la situation et profiter de cette promiscuité forcée pour engager la conversation et faire plus ample connaissance. Qu'ils sont loin les tchèques et leur sens aigü de l'impassibilité et du silence !

mardi 6 avril 2010

Ce(ux) qu'ils ne verront jamais

-les sans-abris échoués dans le tramway une fois la nuit tombée. Ils montent aux terminus, avec leurs sacs, se laissent choir sur l'un des sièges de la seconde rame et s'endorment. Le vide autour d'eux sera constant: personne ne bravera l'odeur et la saleté qui émanent de ces épaves humaines.

-l'alcoolisme, gangrène sociétale. Cet ouvrier du bâtiment qui gravit les trois marches du tramway difficilement, qui manque s'étaler dans la rame et qui finit par déposer sa carcasse chancelante dans l'un des sièges. Le nez bouffi et rougi par l'alcool. Cet employé, engoncé dans un costume un peu dépareillé, monsieur tout le monde. Il n'a l'air de rien mais quand il se lève pour descendre du tramway, vous sentez une forte odeur d'alcool. Il s'écroulera à la sortie du tram, déstabilisé par la descente des trois marches.

Ça, les touristes ne le verront jamais. Pourtant, c'est tous les jours.

lundi 5 avril 2010

Venezia (4): l'extase

Le lundi, après avoir attendu doucement à l'hôtel que le temps maussade se dissipe, nous sommes partis explorer le secteur de Santa Croce/San Polo. Qui est, sans conteste, mon endroit préféré à Venise. Plein de choses différentes et d'ambiances différenciées à quelques encablures les unes des autres.


Et j'ai trouvé ma perle, l'endroit dont on tombe amoureux, comme ça, sur un coup de tête. Il y en a toujours un dans chaque ville qu'on visite un peu attentivement. J'ai donc été envouté par la Scuola di San Rocco. Ce n'est pas bien grand mais ça a un charme fou. La grande salle du bas est plongée dans une pénombre mystérieuse et apaisante. Les murs sont ornés de grandes peintures représentant des scènes bibliques. Mon béni-oui-oui favori étant incollable, il m'a été d'un précieux secours pour tout comprendre. L'escalier est très beau quoique assez sobre (dans le genre somptueux, je reste profondément attaché à celui de la Villa Farnesina, à Rome ; tout simplement parfait !) et donne sur une grande salle toute en boiseries. Parfaitement éclairée en douceur, elle dégage un sentiment de sérénité et de chaleur. Plus que la salle Albergo, j'ai été touché par une petite pièce, type salle de réunion, avec une jolie table centrale et une belle horloge faisant ses tic-tac. C'est un endroit que j'aimerais avoir près de chez moi, pour y aller, sans but, m'y apaiser.


Nous avons ensuite fait le tour de la place et visité Santa Maria Gloriosa dei Frari qui regorge de petites choses intéressantes.


Outre le chœur des frères assez impressionnant et le coquet tombeau de Monteverdi, on trouve une des plus belles œuvres de Titien, assez resplendissante (ce qui est rarement le cas quand on voit ses tableaux en vrai), son Assomption de la Vierge:


Après un petit tour du côté du Campo San Polo, nous sommes retournés dans le Dorsoduro pour visiter la Scuola dei Carmini. Elle n'est évidemment pas aussi sublime que celle de San Rocco (tableaux très décevants et assez grossiers) mais a quelques particularités sympathiques. Puis nous avons butiné ici ou là, San Pantalon et son immense toile au plafond (bien maronnasse ceci étant), les bords du grand canal dont on ne se lasse jamais...


Pour achever notre séjour, le mardi matin, nous avons visité le Musée Correr, le Musée Archéologique et la librairie attenante (très belle). Nous n'étions guère attentifs et nous nous sommes dirigés, penauds, vers la gare, en passant une dernière fois sur le Rialto. Et nous avions presque cet air de Monterverdi dans la tête:


Et je te regarde et je me délecte de toi,
Et je m'enlace et je m'unis à toi.
Je ne souffre plus, je ne meurs plus,
Ô ma vie, ô mon trésor.


samedi 3 avril 2010

C'est officiel...

...ma colocataire Andrea est une folle! La guerre froide avec Carlo, l'italien, mon autre colocataire, dure depuis deux mois et s'achève en beauté cette semaine. Il est parti passer le weekend pascal à Londres alors même qu'il quitte l'appartement et Prague en fin de semaine prochaine. Ma très chère brésilienne trouve ça illogique et bien sûr, suspect.

Elle s'est persuadée qu'il trempe dans un business louche. Parce qu'il est censé faire un stage et qu'il ne sort en réalité quasiment jamais de l'appartement. Parce qu'une fois, elle l'a vu descendre un grand carton et revenir deux heures après. Il devait y avoir des choses étranges/illégales là-dedans... Puis ce weekend à Londres, ça sent les affaires d'argent !

Elle est complétement allumée cette pauvre fille. Elle m'avait déjà abreuvé de doutes similaires à propos de la colocataire mexicaine précédente. Il faut croire qu'elle adore les histoires troubles et les complots ourdis dans son dos !

Mais sa résolution est prise. Les prétendants qui voudraient louer la chambre laissée vacante par Carlo, vont être passés à la question. Entretien préalable obligatoire, a-t-elle décrété !

Enfin, cette folie là m'amuse davantage que son obsession des placards et de la nourriture qui traîne. Elle m'a encore fait son cinéma sur l'utilisation abusive des placards par Carlo et sa répulsion à voir des denrées (non périssables) exposées à la vue de tous. Givrée, complétement et définitivement, j'en ai bien peur.

vendredi 2 avril 2010

Venezia (3): profiter du soleil

Pendant que l'un se confondait en prières à la messe des rameaux, l'autre (moi) perdait son regard dans les toiles de la Fondation Guggenheim. Très charmant endroit avec ce petit parc rafraichissant et cette terrasse qui donne sur le Canal Grande, offrant un beau point de vue:


Réunis, nous avons enchainé avec la visite de l'Académie, hélas un peu tourmentée par les travaux. De belles choses comme le Repas chez Lévi de Véronèse ou les Canaletto, peintre que j'affectionne beaucoup (si vous avez une recommandation bibliographique, je suis preneur). Par contre, nous avons communément assez peu goûté les Carpaccio et les Bellini.

Malgré les premiers grognements de mon Sancho qui préférait le soleil plutôt que les merveilles des palais vénitiens, nous sommes allés fureter à l'intérieur de la Ca' Rezzonico. Une belle merveille qui regorge d'ambiances différentes sans tomber dans la surcharge d'effets.

Puis nous avons rejoint la corniche en prenant des chemins d'écoliers dans le Dorsoduro et nous sommes remontés jusqu'à Santa Maria.


Nous avons ensuite rejoint et dépassé la place Saint Marc, visité quelques belles églises (San Zaccaria) et nous nous sommes gentiment promenés dans le Castello, autour de l'Arsenal et de la Via Garibaldi. Un quartier avec une ambiance toute à lui, calme et populaire...



Un délicieux repas plus tard dans une trattoria rustique qui proposait une seiche dans son encre mémorable (et qui arrondi, beau geste, la note à l'inférieur), nous rentrions en humant le bon air du soir sur les bords du grand canal:


jeudi 1 avril 2010

Venezia (2): premiers émois

Après avoir fait un petit-déjeuner gargantuesque (je ne prends jamais de petit-déjeuner en temps normal) pour tenir jusqu'au soir (nous nous offrons, pauvres étudiants que nous sommes, un seul restaurant par jour), mon intrépide compagnon et moi nous nous sommes lancés à l'assaut du Cannaregio.

Très charmant quartier avec des petits canaux un peu dégagés et des petites places toutes aussi mignonnes. Guère d'églises marquantes dans ce coin-là, hormis, bien-sûr, pour les amateurs de surcharges architecturales baroques comme moi, le Gesuiti. Perdue en bord d'île sur une place un peu dépouillée et plus grande que la moyenne. Intérieur somptueux et en bon état que l'on ne peut pas prendre en photo (comme dans toutes les églises de Venise, hélas).

Mais avant, nous nous étions arrêtés un peu longuement devant les Maures de la maison du Tintoret (un peintre célébré à outrance mais qui ne me transporte guère), joliment incrustés dans les murs:


Nous avons également flâné autour du Ghetto, tenté de nous insérer discrètement dans une visite privée (mais nous avons été repérés à cause de notre jeune âge !) et fait des tours et des détours, par pur plaisir.


Depuis Santi Giovanni e Paolo et depuis Santa Maria dei Miracoli, nous nous sommes rendus à la Ca' Oro. Visite rapide et solitaire qui vaut surtout pour le magnifique point de vue qu'on a sur le grand canal:


L'après-midi, entre autres choses, nous nous sommes concentrés sur les alentours et la place Saint-Marc. Visite du somptueux Palais des Doges, cour intérieure, grand escalier, salles, tout est grandiose et sublime. Ce fut un très bon moment que nous avons achevé en buvant un Bellini (au très mondain Harry's Bar, qu'on aurait mieux fait de ne jamais trouver).


On a ensuite fait le tour de la Fenice (décevante vue de l'extérieur) et des endroits remarquables qui l'entourent. Après s'être régalés de spaghetti al vongole et de tiramisu, nous sommes rentrés sous un joli coucher de soleil: