dimanche 28 février 2010

Les bonnes habitudes

Pour finir sur une note rigolote ce mois de février, un peu terne depuis que je suis assigné à résidence à Prague. J'espérais des cours, qui ont commencé cette semaine, qu'ils donnent un peu de soyeux à l'ensemble. C'est presque réussi.

Un séminaire sur la sociologie de l'État socialiste, ça promettait. Le prof qui assurera la plupart des séances doit avoir tout juste passé les 25 ans. Et il parle anglais aussi bien que moi ; c'est-à-dire très mal. Il ne décolle pas de sa feuille qu'il lit avec un accent qui ferait passer le mien pour un modèle d'assimilation linguistique et est incapable de répondre à toute question. Et il a les cheveux gras. Pas de doute, il est bien tchèque.

Je me suis inscrit au nouveau cours proposé par le professeur de feu protocoles et usages. Un séminaire sur les problèmes contemporains. Joli titre qui cache en fait une alternative assez folichonne: voulez-vous commenter des articles du Monde ou m'écouter faire un exposé sur la situation économique de la République Tchèque, ô ce si beau pays béni des dieux ? Faignants que nous sommes, nous avons voté pour l'exposé, d'un angélisme qui ferait passer les prairies tchèques pour les plus verdoyantes et prospères de la terre. Astuce de dernière minute: tout étudiant qui aiderait le professeur à compiler ses statistiques pour je ne sais quel rapport se verrait dispenser d'examen...

Et pour achever cette semaine souriante, j'ai eu le malheur de m'inscrire à un cours ayant lieu le vendredi matin à 8h. Un étudiant Erasmus qui se lève à 6h30, ce n'est pas beau à voir. Enfin, soit, c'est pour entendre parler de la souveraineté des États et des quasi-États. L'effort doit être récompensé, probablement. Totalement récompensé, d'ailleurs. A 8h12, le cours était fini. Ma journée aussi. Un prof tout sourire, d'jeunz, bilingue anglais, genre je connais Aix-en-Provence comme ma poche. Il nous dit ce qu'on savait déjà sur son cours, nous demande de nous présenter, fait une blagounette et nous annonce tout guilleret que ce sera tout pour aujourd'hui. Rendez-vous la semaine prochaine. Moi je dis qu'il y a des coups de boules qui se perdent.

vendredi 26 février 2010

Fuite organisée

Malgré les beaux jours qui essaiment, je prépare toujours activement quelques voyages pour m'échapper de mon enfer doré pragois. D'abord, rentrer passer quelques jours en France, réclamés à corps et à cris que nous sommes, pour parloter des heures avec les copines et, hélas, régler divers détails administratifs et logistiques. Manger aussi une blanquette de veau et des churros qui hantent nos nuits ; enfin là je m'égare.

Ensuite, le dernier weekend de mars, passer quatre jours à Venise. Histoire de ne pas perdre la main en fait de stakhanovisme touristique. Rire sous cape de louer une chambre d'hôtel au tiers du prix qu'elle aura dès le premier avril !

En mai, pour achever cette superbe année, ce sera un long séjour à Bratislava et Vienne. Mais, entre temps, je dois à tout prix retourner à Rome. On me nargue ici ou là avec cette exposition sur Caravage. Et mon outrecuidant favori, tout juste revenu du Palais Farnèse, de rentrer tous les soirs du travail en me répétant combien on voit vraiment des affiches partout dans Rome pour cette expo. Ah le sapajou !

jeudi 25 février 2010

Observations du jour

Comme ça, en passant, histoire de revenir un peu au but initial de ce blog. Quelques fines observations de mon cru...

1) Tout le monde vous le dira, le nuancier rouge-rose-fuchsia-violet si possible délavé est LA tendance du moment en matière de teinture en République Tchèque. N'importe quelle bonne dame qui suit un peu la mode se doit de teindre ses cheveux dans cette couleur. Il y en a pour tous les goûts: du discret au scintillant, de l'estompé pastel à l'uniforme clinquant, on observe une imagination sans bornes des coiffeurs pragois. Vous avez bien compris, ça fait souvent mal aux yeux et notre (bon) goût français se sent attaqué.

2) L'objet phare et indispensable de toutes les caissières ou de tous les gens en contact avec des papiers, c'est le mouille-doigt. C'est tellement obsolète en France que je ne sais pas exactement comment cela s'appelle. Un petit pot avec une petite éponge imbibée dans lequel on plonge son index pour l'humidifier et ainsi attraper plus aisément billets et ticket de caisse. Déjà qu'elles ne sont pas bavardes, les caissières, elles économisent aussi leur salive pour séparer les billets les uns des autres...

3) Pendant ce temps, l'heure tourne. Omniprésence du temps qui passe, ici. Des horloges partout dans la ville. A chaque intersection de routes un peu grandes, une horloge. Sur chaque boulevard, à intervalles réguliers, des horloges. Dans chaque rame de tramway, une horloge. Je n'ai pas d'explication. Résurgence du communisme où l'emploi du temps était le même pour tous et où les montres individuelles n'étaient pas légion ? Sans montre, en France, vous serez obligés de demander l'heure à quelqu'un, ici, il suffit de lever les yeux vers le ciel et vous trouverez bien un lampadaire avec une grosse horloge.

mercredi 24 février 2010

La mauvaise journée

Elle surgit, d'un coup d'un seul. Tu te crois à l'abri, tu penses bien !, deux mois sans couille (je suis vulgaire, mais quand il s'agit de parler d'ennuis, on est entre potes, non ?)... D'ailleurs, tu tires comme leçon de cette journée que le bonheur est fade. Trop doux, trop tendre, trop subtil. Quand tu es heureux, tu ne t'en rends presque pas compte tellement le bonheur t'a progressivement envahi et qu'il s'est installé en toi de façon paisible et sans tapage. Alors que les emmerdes, bein, ça te saute à la gorge ! Sans prévenir, vlan ! Elles, tu les sens bien, tu peux parfaitement les décrire, par le menu. Être heureux, ça ne se raconte pas. Alors, allons-y, décrivons les petites broutilles qui bousillent une journée (oh ben quand même, j'ai vingt ans, pas d'ennuis sérieux, faut pas exagérer non plus !).

Déjà, quand tu pousses la porte des toilettes et que ton coloc' italien t'a laissé de jolis souvenirs au fond de la cuvette, ta journée est bien lancée. Dans la mauvaise direction, s'entend. Tu prends ta petite douche, tranquille. Et puis là, tu te rends compte que ta peau est nostalgique de l'Egypte, des pharaons, des momies, tout ça... Le temps s'est radouci mais la garce n'aime pas être au diapason, elle décide de peler partout sur ton petit visage poupin. Bref, tu es plus proche du serpent qui fait sa mue que d'un être humain. Ensuite, tu comprends toujours pas comment c'est arrivé, Vista plus une mauvaise manip', t'as effacé l'intégralité de ton dossier musique de vingt gigas. Pas abruti en plein non plus, tu installes le super logiciel de restauration qui te récupère bien 5% de l'ensemble. Bien sûr, les 5% dont tu fous, parce que ceux-là ce sont des disques que tu as en vrai que tu as juste convertis en mp3. Ceux que tu ne possèdes pas personnellement et que tu as mis des lustres à avoir, envolés !

Le pire, c'est que t'es resté calme, tellement ébahi par l'énormité de la chose. Tu t'es juste enfilé une plaquette de Milka. Après, ben, tu as ton premier cours du semestre. Ce qui nuit aussi à ton humeur. Entre-temps, tu as raté ton tram et ton métro, dans la pure logique de la journée. Et dans ceux que tu prends, tu te rends compte que les laiderons sont de sortie. Pas une beauté à dévisager, pas un fantasme vivant à caresser du regard. La loose totale. Une fois rentré, tu évites soigneusement de regarder l'état de ton compte courant que tu sais être près du négatif et tu files dans ton lit, là d'où, décidement, tu n'aurais jamais du sortir aujourd'hui.

Ah! Mais que c'est bon de sentir que le sort s'intéresse à ton cas. Pouah ! Tu te sens vivre et puis au fond, t'aimes bien ça, les ennuis. En plus, ça amuse les copains. Tant pis, s'il ne te reste que Julio Iglesias à écouter, en réalité, toi non plus tu n'as pas changé. Ton karma ne connait pas les frontières.

lundi 22 février 2010

Aller au restaurant, ça peut faire peur

Nous avons erré moins que de coutume ce dimanche pour trouver un restaurant où manger raisonnablement bien et pas trop cher. Mais une peur nous a assaillis à la lecture du menu, traduit en français (présence de l'Institut Français à cinquante mètres oblige). Première entrée proposée:

"Mozzarella constipée avec lard rôti et sa sauce"

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais nous, la mozza constipée, on a préféré éviter ! Ensuite, on a eu un peu de mal à choisir parce qu'il y avait plus d'un seul plat qui promettait un ingrédient constipé dans sa sauce. Au final, nous nous sommes surtout payé une bonne tranche de rire...

Tant qu'à parler gastronomie, j'ai découvert un gigantesque assemblage de biscuits, parfaits avec le café ou le thé d'ailleurs, pour une très modique somme. Une joie ô combien incommensurable tant les douceurs ne sont pas la spécialité des tchèques (jamais de dessert au restaurant) et les Pim's ou les Petits Ecoliers importés à prix d'or, boaf...

Comme je fuis les plats en sauce et la charcuterie, j'ai un peu de mal à acheter de quoi manger. Alors ? Et bien je mange un kilo de carottes toutes les semaines (il paraît que ça fait une peau de bébé bronzé en plus), même si c'est un peu lassant, en accompagnement d'un invariable bout de porc. Quand je suis d'humeur fortunée, j'achète des surgelés. C'est une aventure. Les tchèques n'en achètent jamais, ça leur semble un luxe. Les rayons sont donc souvent laissés à l'abandon: produits prisonniers de la glace et dans un désordre total. Et puis j'ai envie d'y croire moi au goût "provençal" du gratin de poisson Findus...

Question fruits, il y a un triptyque inébranlable: clémentines, bananes, raisins. Je n'ai jamais mangé autant de bananes vertes ou trop mûres (rarement d'intermédiaire) de ma courte vie. On s'adapte...

Et on a des joies de gamin quand on découvre un paquet de semoule, qu'on cherchait depuis des mois. Fallait juste penser à regarder au rayon bio (même si la semoule en elle-même n'a rien de bio). Joie de courte durée quand ma colocataire se met à m'expliquer comment ça se prépare parce qu'elle a découvert ça ici et qu'avec de la "seafood", c'est super bon. Ma pauvre vieille, si tu savais comme le couscous de la Médina d'Aix-en-Provence me manque, tu ne viendrais pas me raconter des énormités.

jeudi 18 février 2010

Performances musicales

A vouloir faire mon dandy pragois, je vais au concert plus que de raison. Joie de passer au vestiaire et de déambuler au milieu de l'intelligentsia tchèque. Des petits papis qu'on imagine fouines et délateurs en temps de communisme, des babouchkas qui se sont adaptées à la mode occidentale... Et des drôles de petits vieux avec qui on attend le métro à la fin du concert, dont un papi qui prenait un malin plaisir à imiter le moon-walk en me regardant avec un sourire amusé.

Tout ça pour dire que j'ai vu quelques concerts marquants ces derniers temps. Il n'y a pas que la star tchèque Kozena qui s'échoue au Rudolfinum. Julia Fischer, la virtuose allemande du violon, est venue se poser au milieu de la grande scène, esquisser un sourire et jouer les sonates (pas les partitas hélas !) pour violon solo de Bach. Une forte prestation qui a mis la foule en délire sans que cela suscite chez la demoiselle un quelconque émoi. Elle met son énergie et sa chaleur dans son jeu, pas dans ses saluts. Je reste admiratif devant ces solistes, autres que pianistes, qui jouent durant une heure et demie seuls et sans filet. Bien sûr, on compte quelques coups d'archets malheureux, des notes parasites et un manque de structure parfois, mais quel courage d'affronter cette musique, par cœur et en regardant la salle... Il y a eu de magnifiques moments de poésie, de musique et de silence.

Dans une perspective moins époustouflante, j'ai enfin pu goûter aux qualités musicales d'Albrecht Mayer, le fabuleux hautbois solo du Philharmonique de Berlin. Programmé dans un concerto un peu déroutant de Jean Françaix. Performance technique et sonore parfaite. Et bien sûr, pour l'immense plaisir de toute la salle, des bis d'œuvres de Bach, joués après diverses blagounettes du soliste. Investissement total et opulence sonore comme ici, dans Telemann:

mardi 16 février 2010

J'ai grandi

Entre différents concours, il y a deux ans, je faisais un petit voyage à Bordeaux (les destinations étaient moins ambitieuses qu'aujourd'hui !). Ce qui constituait mon premier coup de tête, au grand dam de mes parents qui, décidément, ne me reconnaissaient plus.

Cette escale à Munich, c'était presque le même registre d'aventure solitaire. Là où je marchais sous le soleil brumeux de juin à Bordeaux, j'ai arpenté des rues dans la neige à Munich en finissant d'achever mes chaussures en daim qui n'en demandaient pas tant.

Je marche, beaucoup. Depuis que, suite à un accident de la circulation, un imbécile de médecin m'a dit que, vu ma morphologie plantaire, à soixante ans je ne pourrai plus. Je suis presque rassuré quand j'arrive le soir à l'hôtel les pieds douloureux et fatigués et que le lendemain je peux vadrouiller de plus belle.

J'ai perdu (un peu) mes scrupules à faire des photos, je m'amuse davantage des sourires curieux du personnel des musées me voyant déambuler seul au milieu des toiles baroques. Je n'ai plus de gêne à boire mon café-crème seul parmi des troupes d'adolescents qui font souvent plus âgés que moi.

Il parait que grandir c'est ça; oublier le regard des autres et arrêter de se regarder le nombril. Je ne sais pas si j'ai envie de grandir, je me tâte... Comme cette chanson arménienne qui alterne entre nostalgie et une note plus gaie:

dimanche 14 février 2010

La ville froide


Un weekend enneigé à Munich. Si le soleil a une fait une belle apparition samedi, ma journée de vendredi s'est déroulée en majeure partie sous les flocons. J'ai entamé mon séjour par la visite des pinacothèques d'art ancien et moderne. Personnel de surveillance discret et averti -c'est suffisamment rare pour être signalé-, collections superbes. J'y reviendrai. Je suis ensuite descendu vers la ville en empruntant la Ludwigstrasse. Qui mène à la place de l'Odéon. Et j'ai enchainé les visites d'églises, qui constituent l'un des attraits majeurs de la ville. Jugez plutôt:

Bürgersaal, configuration et style assez inédits. Belle atmosphère, propice au recueillement


Asamkirche, minuscule église baroque ultra-chargée. Fascinante dans cette surenchère d'effets


Eglise Saint Cajetan, architecture recherchée mais subtile, dans des tons pastels

Avant une fin de journée en forme de visite guidée avec la rencontre d'un autre étudiant expatrié à Munich, j'ai fait le tour du centre historique avec les rues commerçantes et les places centrales:

Hôtel de ville, Marienplatz


Frauenkirche

Le lendemain, je me suis attardé aux bords de l'Isar où l'on peut voir les bains Müller:


J'ai achevé mon séjour par la visite de la Résidence, située en plein cœur de la ville. Un magnifique édifice tant à l'extérieur qu'à l'intérieur:



Antiquarium

Et malgré la beauté des lieux, je me suis laissé distraire par une statuette qui trainait là:


mercredi 10 février 2010

Les raisons d'un choix



J'avais treize ans. Je me forçais à écouter les tubes à la mode et je persistais à jouer de la trompette. Je m'habillais comme un collégien doit l'être pour passer inaperçu (même si moi, manifestement, je n'y parvenais pas): jeans trop grands, chaussures Vans, sac Eastpak.

Le personnage de composition d'alors a commencé petit à petit à se fissurer. La comédie ne cessera pourtant que cinq années plus tard. La musique dite "classique" a remplacé les chansons éphémères avec l'achat fondamental de la bande originale du film Amadeus, de Milos Forman. La virilité fantasmée et simulée de la trompette a fait place à la douceur et à la délicatesse de la flûte à bec. Les vêtements perdurent, au moins pendant la première année de lycée.

L'achat frénétique de disques de musique classique débute en classe de première. Il faut obtenir les félicitations du conseil de classe à chaque trimestre pour pouvoir emprunter la carte bancaire paternelle. A cette date, le cornet à pistons a été soigneusement relégué au fond d'un placard, pour ne jamais plus en sortir. Il doit rouiller en paix à l'heure actuelle. Le hautbois a fait une timide apparition pendant une année. Puis a laissé durablement sa place au traverso dont j'ai commencé l'apprentissage en autodidacte pendant les révisions du bac.

Pendant ce temps, le faux intérêt porté aux choses de mon âge a été balayé par un esthétisme tourné vers la peinture. D'abord "abstraite", avec Kandinsky et Miro qui prennent place sur les murs de ma chambre. Ils remplacent mes savants découpages de voitures dernier cri dans les magazines et les maquettes de Ferrari. S'ils sont encore en place, mon prochain appartement aixois va lui se parer de reproductions de Van Eyck, Bruegel et Caravage.

L'adolescent faussement rebelle va ensuite voir sa stupide carapace de snobisme, de sarcasme et de misanthropie éclater. C'est désormais un garçon sensible qui va porter des chemises parfaitement cintrées sur un fond de musique baroque en feuilletant un ouvrage sur Hans Holbein.

J'utilise un raccourci dans la mesure où deux années de classe préparatoire aux grandes écoles, expérience immensément formatrice, révélatrice et enrichissante (j'y reviendrai tant les fantasmes négatifs entourent ces formations), ont retardé le développement de certains intérêts artistiques.

C'est donc au fil de ces années qu'une forte envie d'aller à Prague ou d'y vivre s'est ancrée en moi. L'art baroque s'y illustre, sous toutes ses formes. J'ai vérifié à plusieurs reprises que la grande école que je souhaitais intégrer proposait bien un partenariat avec l'Université Charles dans le but d'y faire une année Erasmus.

J'ai pourtant réfléchi à ce choix au moment de le porter sur le dossier de candidature. Mais je suis incapable de vivre en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine. Je ne me départis pas d'un certain mépris envers la culture anglo-saxonne, hors de question donc d'aller aux Etats-Unis ou dans tout pays où l'on parle anglais. Je louche plutôt du côté des anciens pays communistes, avec une certaine fascination pour des villes comme Saint-Pétersbourg, Moscou, Riga ou Minsk. J'aurai pu tout autant aller à Rome, vu le nombre de voyages que j'y fait. Hélas, je ne parle pas italien et malgré mes origines méditerranéennes, j'ai un peu de mal avec l'expressivité de ce peuple.

Prague, donc. Idéalement située en plein cœur de l'Europe, ce qui permet toutes les audaces quand on veut voyager. Un petit fond de communisme, un peuple calme. Et baroque. J'assume ce choix, porté et espéré depuis des années.

mardi 9 février 2010

Pourquoi je ne suis pas un routard

Je vous ai déjà dit que j'adorais passer des heures à chercher des vols sur Internet ? Tellement que je me suis déjà fait bannir d'un site à cause du trop grand nombre de recherches effectuées ! J'ai l'impression de voyager et je reste fasciné par l'immense réseau d'avions et les multiples interconnections possibles.

Avant cette année Erasmus, j'avais pris deux fois l'avion. Un aller-retour Montpellier-Cracovie pour effectuer un "voyage de mémoire" à Auschwitz. A la fin de la semaine, j'aurai effectué 17 trajets en avion. Après, j'arrête de compter. Mon bilan carbone est bien trop désastreux !

Pourtant, je ne suis pas un inconditionnel de l'avion. Toutes les formalités à accomplir me pèsent. Et les vols sont plus ou moins agréables selon les compagnies et les appareils. J'aime bien les petits coucous à hélices, c'est familial (surtout quand c'est Rome-Marseille avec plein d'italiens). J'aime aussi les A330 avec télé, musique, coussin et couverture. Les bons repas et le personnel toujours cordial d'Air France.

Je déteste le sentiment de pauvreté que vous infligent les équipes de Brussels Airlines en chouchoutant les personnes de la rangée devant vous, en affaires et pas vous, en économique. Les autres compagnies ont la pudeur de séparer de façon opaque et nette les catégories.

Je n'aime pas cette couleur verte d'Alitalia qui inonde les cabines des appareils et les vêtements du personnel.

Je ris du sandwich à l'édam de SmartWings offert à 6h du matin. Compagnie soi-disant low-cost qui pratique pourtant des tarifs fixes, attribue une place à chacun des passagers, atterrit dans les aéroports principaux et nettoie ses avions en y mettant du personnel compétent.

Je me vaccine contre Wizzair, vraie compagnie low-cost. Qui serre ses passagers de façon à peine croyable en les mettant dans des avions neufs mais qui ressemblent à des poubelles volantes. Qui utilise des jeunes gens de 25 ans à tout casser comme équipage. Ledit équipage étant incapable d'effectuer correctement les démonstrations de sécurité à cause d'un fou rire incontrôlable et partagé. Qui pose ses appareils au milieu de nulle part avec un sacré retard. Et tente de vendre des figurines à l'image de la compagnie ou des rasoirs électriques pendant le vol.

J'ai comme l'impression que ce billet est puant de snobisme. Je ne sais pas pourquoi, j'aime ça.

lundi 8 février 2010

Repérage professionnel

En attendant une hypothétique carrière comme fonctionnaire ou même commissaire européen, un petit tour à Bruxelles qui n'abrite heureusement pas que les magnifiques buildings de verre des instances de l'UE.

Au fils de nos promenades dans la ville basse, haute ou dans le grand Bruxelles, nous avons apprécié les charmes d'une capitale à taille humaine (limite bourgade !) où les gens sont accueillants et la nourriture excellente. Nous nous sommes attardés dans les différentes église, cathédrale, basilique pour satisfaire mon compagnon de voyage:

Cathédrale Sainte Gudule


Nef de l'église Saint Jacques sur Coudenburg


Basilique nationale du Sacré-Cœur

... et dans les musées pour moi ; fameux Bruegel que je mourrais d'envie de voir au musée des arts royaux et impossible de rater le plus grand musée des instruments de musique du monde !

Le parc du Cinquantenaire avec sa grande mosquée et son arcade nous a permis de faire une promenade de petits vieux (qui rentrent à l'heure pour regarder Questions pour un Champion à l'hôtel !):



C'est donc après notre soirée documentaires sur Arte que nous nous sommes aventurés à prendre le métro (bougrement moche et casse-tête) pour nous promener dans les environs de l'Atomium. On tombe sur une tour japonaise et un pavillon chinois sans s'y attendre...




Nous avons élu quartier général au Café Arcadi qui nous a accueilli deux fois plutôt qu'une pour nous régaler de tartes et de gâteaux (framboise-meringuée à tester !) accompagnés d'une infusion à la menthe fraîche... Par ailleurs, nous avons essayé le stoemp (écrasé de pommes de terres) et le waterzooi (poulet poché dans une sauce crémeuse) pendant que nous (enfin moi) buvions des Kriek, Chimay bleue et Hoegaarden blanche... Nos petits-déjeuners copieux (quel bonheur de manger à nouveau des croissants !) pris dans le cadre authentique et sympathique de notre petit hôtel place du jeu de balle nous permettaient pourtant de marcher des heures sans manger. Mais la gourmandise était plus forte !

Nos longues déambulations nous ont permis d'apprécier les galeries Saint-Hubert, le botanique, le Manneken Pis ou encore la Grand-Place qui a tenu toutes ses promesses contrairement au Théâtre de la Monnaie, si fade:


Les galeries Saint-Hubert


Le Manneken Pis


Le botanique


La flèche de l'hôtel de ville


Maison du roi sur la Grand-Place


Ce qui ne m'a pas empêché de voir des globes là où il n'y en avait pas:


Un long billet pour relater ces quatre jours à Bruxelles où nombre de photos que j'aime n'apparaissent pas. Malgré une certaine fatigue physique et déjà un nombre (très) élevé de voyages depuis janvier, je repars cette semaine pour Munich. J'ai débusqué par le plus grand des hasards un aller-retour en avion au même prix que le bus. 1h contre 5h, je n'ai pas hésité. Après tout, je suis encore en vacances jusqu'au 22 février... Mais j'aspire à lire sereinement dans mon lit avec ma petite musique dans les oreilles. Et pour couronner le tout, obsessionnel que je suis, j'ai eu confirmation que l'exposition Caravage qui se tient à Rome à partir du 13 février rassemble des peintures d'habitude visibles à New-York, Moscou ou appartenant à des collections privées. Je sens que je vais devoir y retourner d'ici la fin de l'année...

mardi 2 février 2010

Service Public

Je me surprends parfois à consulter les nouvelles locales. Je consulte le Prague Post, journal de la capitale en anglais. Et les sujets traités mettent en lumière des exigences hautement élevées des pragois en matière de service public.

On y apprend ainsi que plus de 70% des habitants de la capitale sont mécontents de l'organisation des opérations de déneigement. Quand on voit combien les agents de voirie sont efficaces, les trottoirs presque parfaitement déneigés, les routes totalement utilisables, les transports publics sans aucune perturbation grâce aux actions efficaces de déneigement des rails, pour un français un tel mécontentement est plus que surprenant ! Il y a eu quelques chutes de glace qui ont fait 4 ou 5 blessés. Ce qui semble absolument intolérable aux pragois.

Ceux-ci trouvent que le service public se détériore et qu'il est moins enclin à servir parfaitement le public. J'ai l'impression qu'il s'est passé la même chose en France il y a quelques années...

La DPP, la régie des transports pragois, est un service extraordinaire. A n'importe quelle heure de la journée et de la nuit, le métro arrivera à la station à l'horaire indiqué. Pas à la minute près, à la seconde. Sauf perturbation externe ou panne, le tramway connait la même ponctualité. Tout comme les bus. Je me demande souvent comment ils font pour faire coïncider le passage d'un véhicule avec un horaire prédéfini aussi exactement.

Il existe un service de nuit très étendu et très efficace, la totalité de la ville et des banlieues est couverte par un mélange de bus et de tramways qui passent toutes les 30 min aux différents arrêts. Montpellier n'a aucun service de nuit. J'entends souvent les parisiens se plaindre de l'inexistence d'un vrai service de nuit.

Quant aux prix, un peu plus de 10€ d'abonnement par mois pour avoir accès à l'intégralité du réseau (bus, tramway, métro, navette fluviale, funiculaire dans toutes les zones), c'est inouï. Le pass Navigo est à 120€ par mois pour toutes les zones !

Mais une telle qualité de service coûte cher. Trop. La DPP essuie des pertes continues. Et va donc réduire un peu la voilure. Un métro qui finit plus tôt et commence plus tard. Des tramways aux fréquences réduites. Ça commence comme ça et puis...