dimanche 31 janvier 2010

La pinacothèque du petit garçon

Je me suis mis à faire des photos depuis mon arrivée à Prague. Je n'avais pas d'appareil photo auparavant et je ne ressentais pas une quelconque nécessité de photographier ceci ou cela. Je n'appréciais pas davantage d'être pris en photo. Les circonstances et les rencontres ont changé cet état de fait.

Mes photos sont plus ou moins réussies, elles sont documentaires ou narcissiques mais elles n'ont d'autre but que d'être, pour l'avenir, un souvenir de ces différents voyages mémorables. Il se trouve que ma famille ou mes amis aiment bien les commenter. J'en fais donc une large sélection rigolote que je mets sur Facebook et une grosse sélection sérieuse que je mets sur Picasa.

Ainsi, si vous avez cinq minutes à perdre vous pouvez aller jeter un œil sur mes albums Picasa qui sont en accès libre. La sélection dépasse le champ des images illustratives d'un billet, que je sélectionne seulement pour agrémenter le propos.

48 heures

De retour, une fois de plus, à Prague pour deux jours. Avant de repartir pour un petit séjour à Bruxelles. La vie est plus que belle quand on a vingt ans et du temps. Je retrouve les tchèques fidèles à eux-mêmes -quel silence dans les transports, comparé à Rome !-. J'ai achevé cette escapade romaine par une agréable et douce balade dans l'Aventin. Un quartier dans lequel je n'avais encore jamais pris le temps de m'attarder. Les églises y sont moins chatoyantes et l'ambiance moins endiablée mais on y fait quelques surprenantes rencontres.



Nous sommes rentrés à la tombée du jour en faisant un crochet par le Forum et la place du capitole:




samedi 30 janvier 2010

Mascarade et bouffonnerie

Une petite note relative à mes cours. Je ne dois pas perdre de vue, et Dieu sait que c'est dur, que je suis étudiant et régulièrement inscrit à l'Université Charles de Prague. J'y ai passé en moyenne 6 heures par semaine durant le premier semestre. C'est à la fois réjouissant et scandaleux. Je ne reviens pas sur le contenu déplorable des cours qui sont proposés. Je ne peux toutefois pas m'empêcher de vous faire part du déroulement des examens...

Le premier, dont j'ai choisi la date à ma convenance, a consisté en un simili d'oral. Cela a en effet été une conversation de comptoir et non une interrogation. Ma mine déconfite face à la stupidité des questions a fait dire à l'enseignant: "vous avez raison, je vous fais perdre votre temps, vous n'avez pas besoin d'examen, votre travail m'a donné entièrement satisfaction tout le long du semestre". Et il a commencé à me poser des questions sur ma vie trépidante d'étudiant français à Prague. Hallucinant.

Le deuxième consistait en un compte-rendu oral d'un travail fait chez soi sur une problématique géopolitique liée à un fleuve. Sachant que les documents pour étayer cet exposé étaient fournis par l'enseignant lui-même. Pas de recherches à faire donc. La mise en place laborieuse de certains exposés a considérablement rallongé le temps imparti pour l'examen. Il a donc fallu, au bout d'une heure, changer de salle. C'est alors que les étudiants qui n'étaient pas encore intervenus ont fait leur exposé... sur un coin de table à la cafétéria ! Nous étions regroupés autour d'une table censée accueillir des étudiants pour manger et nous écoutions nos camarades au milieu de bruits de fourchettes et d'assiettes. Effarant.

La coupure de Noël a passé et le troisième examen se déroulait à la maison. Il s'agissait d'un cas pratique juridique à résoudre chez soi en temps limité: deux jours. Grand fou que je suis, je me trouvais encore au Caire pour la première journée impartie. J'ai donc accompli mon office le lendemain en une petite matinée (après avoir fêté mon retour à Prague avec une bonne raclette !). Quatre heures pour grattouiller quelques idées trouvées sur la toile quand 48 étaient allouées. Et ça rapporte un 15/20. Stupéfiant.

Enfin, le quatrième examen devait être un questionnaire à choix multiples. Plusieurs dates d'examen proposées, j'ai pris la première. Nous étions huit à avoir fait ce choix. Devant ce peu d'affluence, le professeur s'est permis d'arriver vingt minutes en retard, comme si de rien n'était. Le QCM comportait sept questions. Nous avions une heure et quinze minutes pour y répondre. En cinq minutes la salle était vide. Ahurrisant.

Voilà le sérieux des cours et des examens proposés aux étudiants Erasmus. Je profite évidemment de ce système scandaleux pour obtenir des notes étonnamment élevées et faire de chaque jour de cette année une fête épicurienne.

vendredi 29 janvier 2010

Sur les traces de Clément VII

En ce charmant vendredi, petite escapade à Orvieto, refuge du Pape Clément VII en 1527 quand Charles Quint pillait Rome. Le représentant de Dieu sur terre n'a pas élu domicile dans la cathédrale la plus détestable qui soit. Magnifique style gothique flamboyant du Duomo:




Ce petit village perché sur un grand rocher volcanique ne manque pas de charme et la balade se fait pittoresque. Nous avons déambulé avec joie et empressement dans les ruelles pavées qui forment un sympathique dédale.


Et en bon petit garçon, je me suis offert une pause récréative:


jeudi 28 janvier 2010

Roma, encore !

De retour à Rome, une nouvelle fois. Arrivée pluvieuse mais depuis la ville est irradiée de soleil. C'est divin de gambader et de se perdre dans les rues quand il fait si doux. C'est l'avantage de bien connaître une ville et d'avoir déjà visité tous les coins à touristes, on peut s'évader à travers des petites rues et tomber sur des petites places, galeries ou parcs d'une insoupçonnable beauté:


Et être en extase devant un globe ou un buste:



Visiter encore une église et se faufiler dans des ruelles pavées pour...


...aller à une réception à l'ambassade de France (qui se tient dans le magnifique Palais Farnèse) où on se régale de petits fours et de champagne, invité en tant que conjoint. L'occasion de mettre en pratique mon cours de Protocoles et Usages et de vérifier la véracité des dires du professeur.

samedi 23 janvier 2010

Finally, Dresden


Voyage impromptu, entre amis, fraternité franco-polonaise. Je connais Dresde à travers l'abondante iconographie que m'ont permis de découvrir les divers disques de musique baroque qui reprennent les peintures de Canaletto. Par exemple, ceux-ci:


J'appréhendais un peu d'y aller en connaissant tous les ravages qu'a subi la Florence de l'Elbe durant la seconde guerre mondiale et ses dévastateurs bombardements. Même si la ville a achevé une grande partie de sa reconstruction pour ses 800ans, en 2006. Les stigmates de cet outrage guerrier sont encore perceptibles: de grands espaces vides, d'étranges places désertes, des groupes de bâtiments sortis de nulle part. Mais la vieille ville, ou ce qu'il en reste, est là, sublime:

Frauenkirche, reconstruite entre 1992 et 2006



La Hofkirche, avec le Semperoper en fond

Le Palais Zwinger

Grande fresque des Princes de Saxe, 120 mètres de long

Et pour finir la journée et nous mettre au chaud, visite de la galerie d'art ancien de Dresde. Absolument époustouflante. Une vingtaine de Rubens, une dizaine de Rembrandt, Poussin, Véronèse , trois Vermeer, des Van Eyck, des Bruegel, des Holbein, un Rapaël fameux et des Titien itou. Quelques exemples de tableaux célèbres se trouvant dans cette galerie:

Les fameux petits anges pensifs de Raphaël...


La jeune fille lisant une lettre de Vermeer


La Vénus endormie de Titien


La trahison de Titien


La belle chocolatière de Liotard


Et l'un des plus célèbres triptyques de Van Eyck

Superbe journée et ville incontournable pour tout amoureux de l'art baroque, sous toutes ses formes.

mercredi 20 janvier 2010

J'ai un théâtre dans mon appartement !

Depuis l'arrivée d'un nouveau colocataire, la cuisine s'est transformée en scène de théâtre... Nous avons donc deux formidables acteurs:

Andrea, vielle fille névrosée et paranoïaque
Carlo, cuisinier napolitain mélomane

L'orage grondait au loin depuis une semaine, il a éclaté hier soir:



Grosse dispute hier soir des deux protagonistes, apothéose d'une semaine de tensions domestiques... Bien installé dans le canapé de la cuisine, en mangeant mon pop-corn (aimablement laissé à mon attention dans mon placard par la colocataire mexicaine partie en décembre, ce qui n'a pas manqué de rendre folle de jalousie Andrea), j'ai regardé la tragédie se jouer sous mes yeux. J'ai parfois soufflé quelques répliques, j'ai parfois mis fin à un monologue et rectifié une tirade. Je vous livre la substantifique moelle du drame:

Carlo est arrivé il y a une dizaine de jours (alors que je n'étais pas encore rentré du Caire) et n'a de cesse, selon Andrea, de remettre en cause les règles tacites de l'appartement. Malgré un premier contact truculent entre mes deux colocataires, tout est ensuite allé de mal en pis. Selon Carlo, la pasta se cuisine tard et sur un fond de musique. Intolérable pour Andrea qui n'a pas manqué de lui faire une laborieuse leçon de morale. Seconde entorse: se faire un thé dans la nuit pour épancher une terrible soif. Interdiction d'utiliser la cuisine pour quoi que ce soit passé 22h. C'est donc la règle qui a été clairement énoncée lors de cet affrontement (les chambres donnant sur la cuisine). Et interdiction d'écouter de la musique dans cette pièce mais pas dans la salle de bain (Andrea voulait aussi interdire ça, sans fondement).

A la fin de cette joute verbale, il a aussi été convenu qu'Andrea et Carlo s'adresseront la parole en cas de problème domestique. J'ai réussi à arracher cette concession alors qu'il était question qu'ils communiquent uniquement par mon intermédiaire... Ambiance...

Pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de ces jeux d'enfants de 35 et 28 ans, il faut savoir que la connexion internet faisait des siennes depuis quelques jours et qu'Andrea en est venue à dire que ces soubresauts étaient étrangement liés à l'arrivée de Carlo. Raisonnement stupide et de pure méchanceté. De même qu'une soirée organisée par nos voisins du dessus lui à faire dire que Carlo écoutait de la musique à fond la nuit. Malgré l'évidence de sa méprise, elle a refusé de s'excuser.

Avec cette douce et feutrée ambiance, vous comprendrez que j'ai choisi d'aller me réfugier à Rome. J'ai trop besoin de tendresse !

A suivre (hélas)...

lundi 18 janvier 2010

Guichets, mégères et bonnes âmes

Je réserve, quand la possibilité est offerte, tous mes billets de concert sur Internet. Je paye toutefois au guichet car une pénalité de 5€ est systématiquement appliquée en cas de paiement en ligne.

Mais récupérer ces fameux billets est une véritable aventure, chaque fois différente. Ce qu'il y a de comique c'est que pour une même salle, suivant les concerts réservés, les lieux de retrait sont différents. Trois pour le Rudolfinum par exemple.

La première fois que je suis allé chercher une place, j'ai eu affaire à une aigrie. Réticente à traiter avec des étrangers, maugréant face à mon petit papier où j'avais reporté le numéro de réservation. Ma laide écriture sans doute.

J'ai inauguré deux nouveaux endroits aujourd'hui. Le premier lieu de retrait se situait dans les locaux administratifs de la Philharmonie Tchèque. Un bâtiment délabré, une lourde et vieille porte à pousser. Puis un sas et un interphone. En tchèque. Je sonne au hasard, baragouine que j'ai une réservation. On m'indique le premier étage et on m'ouvre. Je gravis les quelques marches et je me retrouve dans un grand bureau empestant le goulasch où la tapisserie est en lambeaux. Le jeune homme présent rentre mon numéro de réservation dans l'ordinateur et imprime les billets. Mais le pauvre n'a pas, dans sa petite caisse verte, de quoi me rendre la monnaie. Il fera tous les bureaux sur trois étages pour trouver quelqu'un ayant 50 couronnes. J'ai franchement eu honte de lui donner tant de mal, vu le cadre dans lequel il travaille.

Ensuite, le lieu de retrait commun mais auquel on ne se rend jamais: la caisse du Rudolfinum. Située au sous-sol sous de magnifiques arcades. Une caissière souriante et avenante. Très à l'aise avec les étrangers. Qui m'annonce que comme je suis étudiant, c'est moitié prix. Je n'ai pas osé lui demander si c'est le cas pour tous les concerts, sans quoi j'aurais du économiser de belles sommes depuis le temps que j'achète des billets ! Je préfère ne jamais savoir. Mais je doute que ce soit le cas car certains concerts sont gérés par différentes sociétés d'événementiels aux règles autonomes, d'autres par le Rudolfinum lui-même et d'autres enfin par la structure administrative non plus de la salle mais de l'orchestre.

J'ai eu maille à partir avec l'aigrie de la société privée de réservation, j'ai eu peine de l'employé de l'orchestre et j'ai éprouvé une profonde sympathie pour l'employée du Rudolfinum qui m'a appliqué le prix étudiant alors qu'elle aurait très bien pu ne pas me faire part de cette réduction en toute impunité.

Voici donc une notule qui marque le retour des histoires toutes pleines de vacuité du gentil naïf pragois que je suis !

samedi 16 janvier 2010

La grande mue

Hum... J'ai presque honte de faire un article sur ces considérations futiles et empreintes de vantardise mal dissimulée. Mais c'est un article salvateur pour moi.

Comme je l'ai dit, j'ai fait le choix d'une année culturelle. Les cours dispensés à l'université étant d'une insondable débilité, j'ai entrepris de profiter de tout le temps libre qui m'est généreusement octroyé pour me cultiver et voyager. J'ai devant moi, sur l'étagère, d'énormes romans qui attendent que je les feuillette. J'ai à côté de moi une liste de destinations touristiques.

Je me montre économe sur les vêtements (grand poste de dépense en temps normal), sur la nourriture (je pourrais me faire plaisir vu le prix relativement faible des denrées) et sur les sorties (boites et bars sont proscrits ; je me permets par contre une abyssale dépense concernant les concerts). Pour voyager. Je crois dans ma petite tête que les considérations environnementales et le coût du pétrole amèneront dans quelques années de forts changements dans le trafic aérien et j'ai tendance à croire qu'on vit un certain âge d'or de l'aviation. Quand on s'y prend bien et très à l'avance, on peut faire un aller-retour d'un point à un autre en Europe à moins de 100€. Les horaires sont pénibles et les aéroports éloignés du centre mais je suis jeune et j'ai du temps. Alors j'en profite.

Cette laborieuse justification vise à me dédouaner de tous les voyages que je planifie pour cette charmante année 2010. Tout commence par l'immense tentation de retourner dès le 26 de ce mois à Rome. Je suis en vacances du 20 janvier au 22 février. Et je m'ennuie presque déjà à Prague.

Un grand weekend à Bruxelles est définitivement prévu début février. Berlin est planifié pour mars (la coût exorbitant des auberges de jeunesse à Copenhague et le peu d'enthousiasme des voyageurs pour cette ville ont eu raison d'un projet concernant cette ville), Bratislava-Vienne pour mai.

Un simple weekend à Milan et à Munich seront à prévoir. Et j'aurais largement dépassé mes objectifs de voyages initiaux. C'est une chance énorme et une opportunité unique. Rome-Bruxelles-Berlin-Munich-Milan-Bratislava-Vienne. Ma liste de villes à visiter aura subi, à la fin de l'année, une petite amputation. Ce sera une joie immense.

Tant de découvertes en une année alors qu'il me faudra probablement des années pour visiter Madrid, Venise, Moscou, Saint-Pétersbourg, Riga, Florence, Istanbul, Budapest, Jérusalem, villes qui sont des priorités absolues.

Peut-être qu'un jour je m'intéresserai à l'Asie ou à l'Amérique... Pour l'instant, je me jure aussi de visiter toutes ces villes avant Londres.

mercredi 13 janvier 2010

Revenu d'héliopolis

Je suis assez fier de moi (déjà qu'en temps normal...). Sans me ruiner, j'ai fait deux beaux voyages d'hiver avec des gens qui comptent énormément pour moi. Quinze jours mémorables. La magie de Rome et la folie du Caire.

J'aurais du mal à exprimer tout ce que cela représente pour moi. Je me souviens pourtant, il y a 4 ou 5 ans, que je m'imaginais incapable de voyager. Incapable d'organiser cela et surtout incapable d'avoir des amis pour motiver ces départs.

En reprenant le tramway pragois, j'affichais une mine réjouie et un sourire candide. Puis en tirant ma valise dans la neige sale, je me suis dit que vraiment, j'adore ma vie et que je ne l'échangerais pour rien au monde.

Je mesure la chance que j'ai de connaître les joies des voyages et de la vie à l'étranger. Je trouve que je m'en sors pas mal pour un petit garçon ! Sans regret, je laisse leurs nuits vaines aux fêtards, la beauté parfaite aux décérébrés, la normalité sexuelle aux conventionnels.

Une fois mon examen de Droit International Public terminé, je compte bien jouer les superficielles en faisant un brin de shopping et faire l'enfant folle en batifolant dans la neige. Avant que la nostalgie de ces derniers jours ne me gagne. Musicalement, c'est trop tard:



mercredi 6 janvier 2010

Anachronisme

Tellement pas d'actualité ce grand soleil ! Je n'avais pas ressorti mes lunettes noires depuis Rome cet été. Encore un billet narcissique mais j'aime beaucoup le côté décalé de ce voyage alors que je suis censé être dans des contrées froides, enneigées et continentales. Le Nil ressemble bien peu à la Vlatva, les cairotes bien peu aux pragois.



mardi 5 janvier 2010

Cure de soleil

Vacances de Noël au Caire. Arrivée folle-dingue depuis Rome. Un terminal perdu au milieu du désert. Fiche sanitaire, visa, bagages. Première aventure dans cette nuit noire, rejoindre une amie arrivée à un autre terminal. Comprendre comment y aller, prendre le bus et trouver le bon hall, le tout à coup de bakchichs...

Après les douces retrouvailles, constater que l'amie en question, depuis deux ans qu'elle vit au Caire, maîtrise l'art difficile du marchandage et sait se montrer très dure en affaires. Le taxi roule à 130 km/h quand la limitation est de 60 km/h. Bienvenue au Caire !


Coucher à 6h30, lever à 12h30 et début de la visite de la ville. On la sillonne de part en part à pieds, en taxi. Mosquées, parcs, souks...


Une preuve que le petit garçon peureux, fin et délicat que je suis est dans cette ville a priori hostile aux gens de mon espèce:


Je finirai bien par être un grand garçon... Premières vacances en dehors de l'Union Européenne et j'apprends à rester calme dans les aéroports !

dimanche 3 janvier 2010

Italska

Après ma venue cet été et les intenses visites que je fis alors, je suis à nouveau à Rome depuis mardi. Je me promène en douceur et tardivement dans les rues moins courues par les touristes. Je visite six églises en une soirée, tout va bien.

Un Nouvel An pluvieux (il a aussi plu sur mes joues) et pétaradant: les romains ont une passion farouche pour les pétards. C'est très impressionnant, on croirait Beyrouth en guerre. Notre quatorze juillet peut aller se rhabiller tant les feux d'artifice en imposent et sont grandioses.

On carbure au café extra-serré et au cappuccino amoureux (zut, en couple, nous ne passons pas inaperçus):



L'escapade à Naples a été pour le moins épique. Je gardais de ma précédente venue dans cette ville l'image d'une cité sale, pauvre et moche. J'ai été un peu détrompé mais pas autant que je l'aurais souhaité. L'ambiance populaire est chamarrée avec un savant mélange d'églises, d'immeubles crasseux et de palais baroques:



J'ai eu du mal à apprécier (agoraphobie, le retour), malgré toute la bonne volonté d'un charmant compagnon de voyage, la promiscuité et la densité de la foule.


Heureusement, des places, des châteaux et le bord de mer ont eu raison de mes réticences initiales.




Les galeries marchandes sous d'immenses verrières sont magnifiques. Elles étaient, tout comme les rues attenantes, bondées en ce premier jour de soldes.


J'ai agréablement achevé la visite par la dégustation d'un baba au rhum (mon gâteau préféré, ce n'est un secret pour personne), étrangement fourré au Nutella... De quoi me requinquer pour affronter l'interminable retour en train qui a toutefois atomisé la montagne de patience qui m'a supporté toute la journée:


Prochaine étape de mes voyages hivernaux: Le Caire et Alexandrie. Et Prague dans tout ça ? Je dois bien avouer que confronté à l'effervescence italienne et à leur folie automobile et piétonnière, la passivité et le calme des tchèques me manquent. Ils me manqueront peut-être d'autant plus quand j'aurai affronté le malstrom cairote.