mercredi 3 novembre 2010

Anniversaire, amitiés et absences

Si je devais me faire un cadeau pour mon anniversaire, je serais bien embêté. Vraiment, si je devais offrir quelque chose à quelqu'un comme moi, je serais en panne totale d'idées. Je laisse cette tâche ardue aux autres et je me contente de former un vœu pieux. Voir, l'espace d'une soirée, toutes ces existences, ces amitiés, ces personnalités qui ont traversé mes dernières années réunies. Les relations amicales ont tout du deuil. Les circonstances et les impératifs forcent à s'éloigner et ces rencontres se retrouvent dans les limbes aux relents de naphtaline d'Internet. Je m'attache vraiment aux gens qui gagnent mon estime et j'en suis d'autant plus dépité quand je les perds de vue.

Il y a comme ça les amis avec qui on partageait le quotidien et que l'éloignement oblige à voir une fois l'an. C'est regrettable parce qu'à chaque rencontre, on se rend compte que rien n'est changé et que chaque jour séparés est un jour qui aurait pu être intéressant.
Il y a ceux qu'on rencontre au cours d'un événement spécial qui dure plusieurs jours. Une complicité étroite et forte se crée, on se promet de la faire perdurer et fructifier en dépit de la distance et elle finit immanquablement par s'étioler. Que d'occasions manquées de s'enrichir humainement et durablement...

Dans un autre genre, je n'aurais de cesse aussi de m'étonner de ces connaissances avec qui on partage le temps d'une ou de plusieurs soirées un repas, un verre et des émotions et qui quelques mois plus tard, quand on se recroise, vous accueille d'un regard de travers teinté de dédain. On croit lire de la peur chez ces personnes: celle de constater qu'elles ont pu quelque temps auparavant partager un moment agréable et sympathique avec des gens qui ne leur ressemble pas et qui ne font pas partie de leur cercle naturel d'amis proches.

Il y a d'autres rencontres, établies sur des bases plus floues mais intenses, qui se sont désagrégées rapidement et que je regrette parce qu'elles étaient prometteuses. Par exemple, un garçon pour qui j'ai traversé la France entière pour venir à sa rencontre. Il m'a fait découvrir sa ville, ses centres d'intérêt, ses habitudes. Je garde un souvenir impérissable d'un restaurant japonais et d'une débauche de porcelaine chez un pâtissier célèbre et je lui suis reconnaissant de m'avoir accueilli chez lui, dans des conditions qui étaient pourtant précaires. Depuis, je n'ai plus de nouvelles. Je l'ai peut-être éconduit un peu maladroitement mais je ne m'étais engagé à rien et je pense qu'on aurait pu, dans nos rapports, passer au-delà de cet accroc.
Un autre aussi, par le biais d'Internet et sans que je ne demande rien, m'a invité à l'opéra, très gracieusement. De compagnie agréable et de conversation charmante, c'est une rencontre impromptue qui n'a plus de suite sans que je sache si c'est par désintérêt, manque de temps ou rancœur. Certes, je l'ai aussi éconduit. Oh, dans sa joie alcoolisée, il ne demandait pas grand-chose et cela aurait été tout à mon plaisir mais mon caractère n'est pas aussi aventureux que ne l'étaient ses mains.

Mais pour ne pas désespérer de toutes ces anicroches, je considère aussi toutes les personnes que je connais un peu à travers le prisme numérique et que je dois rencontrer un jour ou l'autre. Majoritairement rassemblées à Paris, c'est presque aisé de concrétiser ces amitiés mais le temps manque. Et si je me disais que pour fêter le rendu de mon mémoire en mars je m'offrais quelques jours à Paris ; ce ne serait pas une bonne idée ?!

9 commentaires:

Audrey a dit…

Je suis quand même un peu dépitée de voir que tu ne mentionnes aucunement ces rencontres marquantes avec de jeunes jouvencelles futiles à sac dorée... =D

Kynseker a dit…

Ah mon Dieu oui, comment ai-je pu oublier ?!

Ca ferait presque un billet entier !

Bashô a dit…

Ah mais tu ne fais pas tes études à Paris? J'avais cru le comprendre... C'est un très beau texte dans lequel on reconnaît sa propre vie.

Kynseker a dit…

Merci :-)

Pour mes études, en effet, je n'ai pas trouvé le temps de te répondre et de te détromper.

Tambour Major a dit…

C'est l'éphémère, c'est la vie...

S./G.C a dit…

Oui, ce serait une bonne idée.
(Au Tambour : on finit par se lasser de l'éphémère.
heureusement !)

Cyrielle a dit…

Tout comme Audrey, je suis déçue. Une amitié qui naît dans la l'adversité d'un concours horrible à deux balles entre deux personnes tout à fait différentes perdues dans la fosse aux lions (et aux rats...) ca se respecte!
Et pour le cadeau , je suis d'accord avec toi, quel casse tête!
Original, durable, personnalisée et utile... rien que ça?! ;)
La bise l'ami!

vartan a dit…

Et ces binouzes descendues avant d'affronter quelque vieille cathédrale gothique !

C'est bien la peine de s'absenter ! :roll:

Kynseker a dit…

Bon, je vais préparer un volume II des rencontres amicales fantaisistes !