dimanche 21 novembre 2010

20h16, un dimanche soir

A la sortie de chez Paul, devant ma pharmacie préférée. Une première fois. La première fois que je vois quelqu'un utiliser un distributeur de préservatifs. Manifestement je n'étais pas le seul. Le pauvre homme qui introduisait ses pièces dans l'appareil attirait tous les regards. Tous les passants, le sourire jusqu'aux oreilles, se retournaient pour voir s'ils n'avaient pas rêver. Non, il était bien là: 2€ pour un bon moment.

Les autres nouvelles du jour: musique au conservatoire. Sans joie et sans peine. Je crois que je passe de plus en plus pour le mec inconstant et ennuyé, vaguement au courant de ce qu'il fait. Je n'aime pas ça. La musique de chambre a bien des avantages mais je ne supporte pas les pertes de temps inhérentes à sa pratique. Les violes de gambe qui s'accordent en permanence, le claveciniste qui cherche ses accords, les chanteurs leurs notes. Le blabla du professeur au sujet de la traduction et du style. Jouer, je veux jouer. Je joue une fois par mois, pas le temps sinon.

La musique sort peu à peu de ma vie. Je n'aime pas ça. Elle m'a tenu en vie durant des années. Refuge oublié, je l'abandonne. Je vais trop bien pour penser à elle. Alors en cours individuel, j'ai fait un caprice. Ma spécialité, les caprices. Rejouer le répertoire. Déchiffré, appris, joué il y a des années. Le rejouer, arrêter de se perdre dans les œuvres périphériques. Retrouver la grâce des débuts innocents: échec, le frisson n'est plus là. La technique est encore là. Pour combien de temps ? Le souffle, l'originalité de mon jeu qui amuse autant qu'elle déconcerte, aussi. Peur de s'assagir, de devenir scolaire et transparent.

Finalement, on me promet des expériences: "j'ai bien compris comment tu marches, toi, je sais que tu aimes faire des expériences, toujours faire des découvertes". Mais le frisson reviendra-t-il ?

6 commentaires:

Bashô a dit…

Désolé de voir ce sel de la musique s'affadir dans ta vie...

Tambour Major a dit…

La musique est une maitresse exigeante. Tu l'oublies pour le moment mais elle se rappellera tantôt à ta mémoire. Fais lui confiance.

Al West a dit…

Heu... Paul, c'est un marchand de pain, pas une pharmacie -enfin, sauf si tu considères que le pain qu'on y vend est tellement bon qu'on peut en faire une médecine, un peu comme je trouve tellement bonne et thérapeutique la bière de mon estaminet préféré que cela me fait presque avoir une relation soignant/patient avec les tenanciers.
Hu ? Aurais-je dit une connerie ?
Amicalement.
Al.

Kynseker a dit…

:-D

Ma phrase est équivoque. Je sortais de chez Paul, qui est précisément à côté de ma pharmacie préférée. Après, Paul, c'est vraiment mon dernier recours du dimanche soir !

Mais la bière a bien des vertus ! Excellente pour les cheveux et la peau (même si elle a tendance à distendre ladite peau au niveau du ventre...) !

Une connerie, peut-être, mais rigolote :-)

Silvano/G.C a dit…

Je retire très souvent des préservatifs au distributeur.
Mais c'est uniquement pour frimer.

Kynseker a dit…

Oui, il me semblait bien avoir lu que vous aviez raccroché ! :-D