samedi 2 octobre 2010

Pénitence aux couleurs de Cézanne

Sport obligatoire. Quand j'avais lu cette mention dans la plaquette d'information de l'école qui m'accueillait comme nouvel étudiant, il y a deux ans, ce fut une profonde désillusion. J'étais renvoyé à mes pires heures de collégien et de lycéen. Refaire du sport. Un véritable chemin de croix !


Pour changer un peu du badminton (une vocation précoce comme en atteste la photo ci-dessus), je me suis inscris pour ce premier semestre en randonnée. Pour retrouver, qui sait, les joies de ce sport pratiqué autrefois en famille dans les montagnes suisses ou autrichiennes.

4 randonnées dans le semestre, trois obligatoires. Un bon plan sans doute. C'était sans compter la détermination de l'encadrement. Aujourd'hui, nous nous sommes attaqués à la Sainte-Victoire. Pas en mode familial, pas tranquille, petite balade du dimanche. Non. Départ 9h, arrivée 17h, 24 kilomètres, 800 mètres de dénivelé. Ouch !


Mis à part les deux kékés de service, plus forts, plus rapides, plus beaux que tout le monde, personne n'a osé prétendre que c'était facile. A peine le temps de se chauffer et on a avalé les 800 mètres de dénivelé d'un coup, à un rythme soutenu. Il s'agissait d'élaguer pour ne pas avoir de mouligasses qui ralentiraient le groupe. Deux filles abandonnent en chemin, tant pis pour elles, on ne s'embarrasse pas d'éléments plus faibles.

L'un dans l'autre, on ne profite pas tellement du paysage et l'appareil photo reste au fond du sac. Seule la pause déjeuner offre l'occasion d'immortaliser ces moments de sueur collective. On rit aussi de se tenir à l'écart du reste du groupe, nous, les trois vierges effarouchées de l'Institut. Peut-être justement parce que le professeur avait précisé dans la réunion d'information qu'il espérait que ceux "de l'Institut ne feraient pas comme d'habitude, à savoir rester entre eux et ne pas se joindre aux autres participants". Réputation non usurpée donc.

La descente aide à socialiser et à faire preuve de bonne volonté envers nos camarades. Et je rencontre une jeune fille, anciennement violoncelliste. Elle a tout arrêté, dégoutée, après deux années au conservatoire de Montpellier. Forcée à passer tous les concours d'entrée aux différents CNSM par son professeur, qui voulait accroitre la notoriété de sa classe et sa propre renommée personnelle. Elle jouait de cet instrument depuis ses 6 ans et maintenant elle ne le voit plus que comme un instrument de torture. Je n'invente rien, hélas.


Les deux derniers kilomètres sont énervants et semblent exciter les ampoules qui commencent à se former. Le chef fait l'appel (à la fin de la journée car des roublards pourraient se débiner au cours de la randonnée) et la pénitence prend fin. Plus que deux !

8 commentaires:

Florent a dit…

Le sport est obligatoire, même en 4e année ?? Mon dieu, mon dieu... Il faut demander de l'aide à Nicolas Sarkozy, saisir les tribunaux, organiser des manifs...

Viens à Grenoble ; le sport n'y est plus obligatoire à partir de la 3A : )

Kynseker a dit…

On a Christine Lagarde au Conseil d'Administration. Peut-être pourra-t-elle faire quelque chose !

Grenoble ? Euh... Non en fait :-D

Tambour Major a dit…

Ah bon, tu vas faire Koh-Lanta ?

Kynseker a dit…

C'est un peu l'esprit: pas de pitié pour les faibles, des clans (fac vs Sciences Po) et des défis dans un décor de rêve...

Désormais, j'appellerai notre merveilleux professeur Denis Brogniart !

Tambour Major a dit…

Attention au Conseil des Sages et à ne pas devoir rendre ton flambeau ^^

Bashô a dit…

Quant à moi, je vais tâter de l'aviron et peut-être de la spéléologie. Après ma thèse, j'ai une envie subite de sports. :)

Syl./GC a dit…

Votre virilité dut-elle en souffrir, vous n'étiez guère crédible en sportif...

Kynseker a dit…

C'est ce qu'il parait oui... Ceci étant, je fais toujours ma petite chorégraphie improvisée quand je joue au badminton !