dimanche 17 octobre 2010

Pas le temps d'attendre que les bananes mûrissent

Ce weekend achève de me mettre en joie, autant que cela se peut. J'ai pris le temps d'aller voir "Les amours imaginaires" de et avec Xavier Dolan. Aiguillonné par des critiques mitigées, j'ai pu me faire mon propre avis. C'est un film dont on connait la fin dès le début, c'est un film que je ne reverrai pas une seconde fois. Parce qu'il est à usage unique: le gros travail de photographie et d'effets visuels n'a pas assez de profondeur et de "classe" pour supporter un nouveau visionnage sans lasser ou agacer. L'histoire elle-même ne supporte pas une redite, déjà qu'elle est bien mince.

Pourtant, j'ai passé un excellent moment. Au-delà des expressions québécoises amusantes ou touchantes, j'ai aimé ce récit d'une histoire banale magnifiée par l'art cinématographique. Rôles principaux bien tenus, les regards de la fille, les moues de Xavier Dolan. L'éphèbe tant vanté ici ou là m'a profondément déçu: un épigone blond de Louis Garrel sans charme ni magnétisme. J'y ai vu une faille: il est difficile de croire que deux amis sont prêts à se déchirer pour conquérir le cœur d'un être qui n'en vaut pas spécialement la peine (Xavier Dolan se fourvoie d'ailleurs en montant des images du David de Michel-Ange: évidemment, dès le début, la référence nous vient mais en l'explicitant elle perd tout son intérêt et casse notre imaginaire). Le final est gros comme une maison mais s'avère plutôt bien incarné et joué. Restent de très belles images, de magnifiques ralentis (personnellement, j'adore ça) et de savoureuses musiques. Très agréable moment.

Le même dimanche matin a aussi signifié le recommencement (moche, ce mot ?!) de ma pratique musicale. Projets motivants et profs adoucis par le temps, c'est plaisant. J'ai pas trouvé de contre-ténor susceptible d'habiter ma rue mais je vais poursuivre mon enquête !

Une autre pratique musicale a animé notre retour en voiture de randonnée samedi soir. J'avais pris un disque de Michel Berger pour me mettre de bonne humeur et me donner de l'énergie le matin tant la flemme était forte à cause de l'heure matinale et du froid. Au retour, je n'ai pas osé le remettre parce que nous avions un passager. Mais il s'est vite avéré qu'il était également fan. Et voilà comment durant tout le retour on a chanté à tue-tête les grands tubes du tout aussi grand Michel. Et vraiment, c'était bien, j'en ai frissonné... De cette petite émotion de partager quelque chose dans une situation inattendue et incongrue. Un excellent souvenir (finalement, heureusement que le copain n'a pas voulu me laisser conduire SA voiture sans quoi je n'aurais pas pu me trémousser sur mon fauteuil emporté que j'étais par la mélopée!).

Randonnée en elle-même très agréable et facile, de façon surprenante. Hélas, pas de belles photos à partager car c'est notre charmant passager qui tenait l'appareil et qui mitraillait. Dans l'ensemble, malgré mes plaintes incessantes (on voit bien que le prof est un homme, tiens ! Un joli chemin qui s'annonce et non paf! on bifurque pour marcher à l'ombre, sans vue, à flanc de colline...), je ne me suis pas trop fait remarquer. J'ai évité de hurler à nouveau "nous sommes perdus!" avec des tremolos dans la voix, ce qui n'avait pas manquer d'attirer la dernière fois tous les regards sur moi, regards qui se demandaient quel taré s'affolait pour si peu...

Bref, esprit et corps aérés ; une bonne chose. J'ai pris un retard monstrueux dans mon travail mais ça n'a pas tellement d'importance. Non, parce que j'ai déposé un cierge dans la grotte de la Sainte-Baume soi-disant hantée en son temps par Marie-Madeleine. Je suis un impie, au mieux un parpaillot mais j'aime bien mettre des cierges, fascination enfantine pour la flamme et la fumée qui s'en dégagent.

(Rien de passionnant, juste pour donner des nouvelles, billet mal écrit mais spontané. Faudra que je finisse un jour de raconter mes vacances à Malte et accessoirement d'écrire tous les billets qui sont restés en souffrance.)


1 commentaire:

S./G.C a dit…

"billet mal écrit mais spontané"
Pas de fausse modestie : vous écrivez de mieux en mieux; à m'en rendre jaloux.
Les cierges : encore un point commun !
Je bénis (!) blogger qui permet d'aussi heureuses rencontres.