mercredi 22 septembre 2010

Mon voisin le chanteur

J'ai connu précédemment les joies affriolantes de la colocation. Je m'adapte aujourd'hui aux contraintes du proche voisinage. Le problème se pose parce que la saison et les températures sont encore douces, ce qui fait que mes fenêtres restent ouvertes.

Je n'ai pas encore identifié l'appartement de ma rue où se produit l'épigone de Jaroussky mais nous tenons à coup sûr un talent prometteur. Donc, pour être clair, j'ai un contre-ténor pour voisin. Acharné. Il lui arrive de faire des vocalises à une heure du matin, comme si les étudiants imbibés d'alcool qui trainassent dans la rue la nuit étaient sensibles aux charmes baroques.

Ma douleur est atténuée en journée où il se contente plus souvent d'écouter des disques dudit Jaroussky (son récital Vivaldi pour être précis), qui font, ma foi, aussi partie de ma discothèque personnelle. J'économise l'électricité de ma platine-cd... Je subis davantage quand il tente ensuite de l'imiter, ça couine déjà plus...

Étrangement, plus que n'importe quel musicien, il adore la répétition. Ainsi, une introduction improvisée de guitare dans l'enregistrement de "Dido&Aeneas" de Purcell par Teodor Currentzis (que j'apprécie moi-même beaucoup et c'est pour ça que je l'ai identifiée tout de suite) tourne en boucle sur sa platine-cd à lui. Plus dur, il tente également de la reproduire sur son piano.

Parce qu'il a un piano. Donc, il chante à gorge déployée (je vous garantis que pour un contre-ténor il a du coffre !) en tambourinant sur son piano. Ça m'agace déjà nettement plus. Et je ne suis pas le seul ! Hier soir, la nuit retentit d'un tonitruant "ta gueule ! tu vas la fermer oui ?! c'est nul ta musique ! t'es ridicule !". Je n'aurais pas dit ça comme cela mais le commentaire était justifié: notre pauvre homme s'époumonait en vocalises à 23h.

Ma résolution: fureter au conservatoire et trouver le registre des chanteurs pour débusquer celui qui habite ma rue. Ou sinon jouer ce qu'il chante en même temps que lui sur ma flûte; au demi-ton inférieur, bien sûr, pour rire un peu (blague de musicien, inside).

Jaroussky dans ses oeuvres: Ariodante, Scherza Infida (maudit récitatif !):


8 commentaires:

Nath a dit…

Quelle dure vie mon cher frère

Syl.G.C a dit…

N'ayant pas eu mon commentaire habituel du lundi, je m'inquiétais.
Je comprends mieux maintenant : sans doute quelque migraine due au préjudice auditif subi...

Kynseker a dit…

L'absence de commentaire tient surtout à une rentrée extrêmement chargée qui ne me laisse plus le temps de déposer ici ou là une délicatesse... Mais je continue à lire évidemment :-D

Tambour Major a dit…

1/2 ton plus bas ou avec 1 mesure de retard...

Kynseker a dit…

C'est une idée... Peut-être qu'en combinant les deux, je le mortifie sur place !

DavidLeMarrec a dit…

Mais si tu joues au demi-ton inférieur de la partition d'un contre-ténor, tu vas forcément, une note sur deux, jouer la même chose que lui, ce n'est pas drôle.

(Premier message ici !)

Audrey a dit…

Ahhhhhh ce foutu récitatif...Bon quand est-ce que tu viens le zapper avec moi sur notre super sono bordelaise?

(et par ailleurs je te réponds ici que je vais brûler ton IEP de te faire passer un partiel le jour de mon mariage...)

Kynseker a dit…

@ David: bienvenue dans ces pages qui se font désertiques... La musique et moi, ça va bientôt faire deux tant ma pratique est devenue erratique par manque de temps et d'envie. Bon, je prendrai une flûte à la:392, on verra bien ce que ça donne. Mais le monsieur chante aussi en voix de baryton (je ne sais pas comment il fait pour combiner les deux d'ailleurs ?!)

@ Audrey: tu as relevé mon petit clin d'oeil à ces douces soirées que j'aimerais beaucoup revivre sur Bordeaux.

Pour ton mariage rien n'est dit, mais il y a une potentialité... Je ne serai fixé que début décembre :-(