samedi 11 septembre 2010

Malte (#2): en partance pour Gozo


Gozo est la troisième île de Malte (Comino, la seconde, n'étant qu'un rocher inhabité), accessible par ferry pour un prix modique. Sans vouloir jouer les routards bobos, nous sommes partis explorer ce bout de terre, présenté comme un espace rural préservé et authentique.

Depuis La Valette, il faut un peu plus d'une heure de bus (qui datent tous des années 59-61, j'y reviendrai) pour rejoindre l'embarcadère du ferry. Et encore une grosse demi-heure de ferry pour accéder à l'esprit maltais véridique. Le port d'arrivée n'a guère d'intérêt, en dépit d'une petite église gothique accrochée sur un flanc de colline.


Toujours est-il qu'en s'éloignant du port pour explorer le fort en ruine qui se cachait derrière l'église, nous nous sommes également éloignés du terminus de bus qui devait nous emmener à la capitale de cette île: Victoria. Il faut savoir que même si une ligne de bus (fréquence: toutes les heures) comporte plusieurs arrêts, il n'est pas dit que le bus s'y arrête. S'il est plein dès son départ du terminus, il snobe tous les arrêts sur sa route. Aussi, après un terminus de ferry nous n'avions aucune chance de monter dans le bus au second arrêt. Échoués comme nous l'étions avec un couple d'italiens, nous avons accepté la proposition d'un taxi qui passait par là.

Rien que pour écouter le baratin du chauffeur, ça valait le coup de monter à bord ! Durant le petit quart d'heure qu'a duré le trajet, il a vainement tenté d'être embauché pour la journée. D'innombrables tentatives pour nous convaincre qu'il était le meilleur taxi pour nous faire faire le tour de l'île et nous promener de recoin secret en attraction touristique majeure. Malgré des offres de prix toujours en baisse, nous nous sommes montrés inflexibles, jusqu'à que l'italien dans un soupir d'homme las mais déterminé lui dise de nous emmener à Victoria et que ça irait bien comme ça.


Une fois rendus à Victoria, une des nombreuses villes fortifiées de Malte, nous nous sommes lancés à l'assaut de sa citadelle. Sans perdre de temps, nous pénétrons dans la cathédrale, relativement lumineuse. Le musée attenant sent l'anti-mite et n'a absolument aucune espèce d'intérêt. La balade sur les remparts, plus que ventée, s'avère très agréable en dépit d'une vue pour le moins aride. Pendant que l'amoureux trainasse, je noue contact avec une bande de jeunes français quand ils me demandent dans un bel anglais de les prendre en photo...

Ils m'expliquent, sans même que je les questionne, qu'ils ont pris un vol Ryanair et qu'ils se "laissent guider là où leurs pieds les amènent" et qu'ils ne savent pas où dormir ce soir. Devant mon apparente décontraction solitaire, ils concluent prestement que je voyage avec mes parents dans le cadre d'un voyage organisé. Ils sont pour le moins étonnés quand je leur explique que je voyage avec mon ami, que nous logeons en guesthouse à Malte et que nous passons une journée à explorer Gozo. Je sais désormais définitivement que j'ai une tête d'enfant qui voyage avec papa-maman (on me demande encore si je passe le baccalauréat à la fin de l'année).


Sur ces entrefaites, après avoir hésité quelques instants à rejoindre Xlendi à pieds, nous prenons un bus pour ce village de bord de mer où j'ai repéré quelque restaurant alléchant et une belle balade à faire. Une fois un délicieux risotto aux champignons et un gâteau estouffe-bourre avalés, nous entamons notre petit périple, qui constituera mon plus beau souvenir de ce voyage. Nous longeons la corniche, au départ bétonnée puis prolongée sous forme de chemin de terre, nous passons ensuite un pont étroit qui permet de rejoindre une autre rive et arrivons enfin sur un plateau aride près d'une tour de garde.

En marchant sur la corniche

Vue depuis le petit pont

Sur le plateau

En contrebas de ce plateau, se trouvent des salines et une immense étendue de pierre sableuse d'un jaune rayonnant et absolument magnifique. Il y a des bouts de roche qui se sont détachés et qui s'effritent sous les doigts. L'un d'eux à justement la forme d'un pied et j'ai immortalisé mon attachement fugace à cet roche en m'y cachant du soleil en toute symbiose...

Les salines

Un rocher en forme de pied...

Un petit garçon au creux d'un rocher rassurant

Puis il a fallu entamer le chemin du retour. Prendre un bus pour retourner à Victoria d'où un autre bus nous a ramenés à l'embarcadère du ferry ; effectuer la traversée en bateau et prendre encore un bus pour rejoindre la Valette. Une journée harassante et bien remplie, riche de souvenirs et de rencontres.

3 commentaires:

Florent a dit…

Alors le bac, ça se prépare ?

fiuuu a dit…

hhh le beau chouchou ...
malte est peu desertique si j en crois tous ceux qui m ont raconté et peuplé de "ecole de langue"

Kynseker a dit…

@ Florent : un bac sous forme de mémoire alambiqué alors...

@ Fiuuu: l'île principale est pour le moins surpeuplée et pas que de jeunes louveteaux venus tester leur anglais mais c'est un commerce bien mis en avant, c'est vrai. Gozo et Comino sont nettement plus désertiques toutefois.