samedi 18 septembre 2010

Il y a un an...


... j'avais déjà enregistré en bagage à soute mes 32 kilos de vie française qui avaient le droit de m'accompagner dans mon périple tchèque. J'attendais, un peu crispé, un avion retardé de Brussels Airlines qui devait m'emmener vers le superbe aéroport de Bruxelles. Dans l'immense hall, je mangeai quelques reliquats de gastronomie française familiale en observant passionnément l'effervescence contrôlée de l'endroit. Puis j'embarquais à nouveau dans un little jumbo pour Prague.

C'était une journée ensoleillée de septembre et le survol des forêts allemandes me rappelait les innombrables balades familiales de mon adolescence dans les alpes autrichiennes ou suisses. Les sous-bois, l'eau qui court, une fourmilière... L'aéroport de Prague est bordé de vertes prairies, qui ne sont jamais aussi envoutantes que quand elles sont recouvertes de neige.

Je ne peux pas m'empêcher de passer au présent, un an c'était hier ; je change un peu d'argent en attendant ma valise, j'achète un ticket de transport et je tente un timide non-merci en tchèque aux chauffeurs de taxi qui m'assaillent. En montant dans le bus, j'ai l'impression d'être le seul voyageur du lot. Impression erronée évidemment, que je n'aurais jamais plus lors de mes multiples passages suivants à l'aéroport. La voix automatique du véhicule débite des phrases incompréhensibles en tchèque. Et c'est comme irréel car on pourrait se croire en France, je ne m'attendais pas à tant de modernité.

Arrivé au terminus, mon parcours se poursuit avec le métro. La station est indiquée accessible aux handicapés, donc pourvue d'un ascenseur qui descend jusqu'au quai. Je le cherche quelques minutes, en vain. Je dois me résoudre à descendre les escaliers avec ma valise qui emporte ma frêle nature vers le bas. Par la suite, au même endroit, l'ascenseur me crèvera les yeux: en septembre, l'arbre planté au-devant avait encore toutes ses feuilles et me l'avait caché. Je souris toujours de cet aveuglement du voyageur en terre inconnue.

Je m'installe dans la dernière rame du métro et la vingtaine de minutes du trajet m'offre le loisir de détailler les tchèques. Pas si différents de nous, je suis encore plein d'ethnocentrisme. A l'arrivée, je peine à trouver l'arrêt du bus qui doit m'emmener vers ma destination finale: la cité universitaire: le kolej, le block. Au petit bonheur la chance, j'appuie sur le bouton de demande d'arrêt et je finis par descendre là où il fallait. L'endroit n'est pas très riant: un terminus de tramways, des blocs d'immeubles délabrés, quelques terrains vagues.

Je reconnais la façade de la cité universitaire, aperçue dans une brochure envoyée aux étudiants Erasmus avant leur départ. Je pénètre dans le hall, la réception est encore plus hideuse que sur les photos. Réception prétendument ouverte 24h/24, fermée à mon arrivée. Deux heures d'attente avant de pouvoir récupérer les clés de ma cellule 368 et de faire connaissance de mon colocataire (un sympathique slovaque qui n'eut de cesse d'exposer à ma vue de pucelle son gros cul flasque).

Pour la suite, il faut revenir à la page une de ce blog. Je ne l'écrirais pas comme ça aujourd'hui. Mais elle est là et tous mes souvenirs aussi. C'est inestimable.

3 commentaires:

fiuuu a dit…

belle prose que ce retour en arriere :)

QCK a dit…

Bououououououououh ! Quelle émotion, quelle nostalgie ! J'aime !

PS : je ne crois pas du tout à ton "Non merci" en tchèque...

Kynseker a dit…

Zut, malgré le temps, tu sais encore quand j'affabule et quand je dis la vérité.

Mea culpa !