samedi 3 juillet 2010

De Luis Mariano au pigeon farci

C'est une caricature du prof d'auto-école, le beauf par excellence. Nouvelle tare: il est chasseur. Il a donc fallu discuter fusil et carabine. Il a bien tenté de m'expliquer les différences fondamentales mais je n'étais pas vraiment concentré sur la bouillie qui sortait de sa bouche, noyée dans une barbe grisonnante. Sa femme non plus, apparemment, n'a pas bien compris. Tout ce qu'elle a vu, cette ingrate, c'est une future dépense inutile. La garce a poussé le vice jusqu'à lui demander d'arrêter de fumer pour financer cet achat avec l'argent économisé sur les cigarettes. Quel outrage !

Sans vouloir jouer les vantards, je crois que mes "couilles" le fascinent. C'est fou tout ce qu'il peut menacer de leur faire. Je me tâte encore entre les différents supplices qu'il m'offre. Me les arracher et me les mettre en pendentif aux oreilles ou, dans un élan d'émétophilie, m'y vomir dessus. Ça se discute, non ?!

Je mets toutes ces subtiles paroles sur le compte de son excitation. S'il me prive de climatisation (par 35°, ce ne serait pas toujours du luxe), il est très coulant sur la radio. A condition que ce soit lui qui la fasse lui-même. Entre quelques hululements, j'ai droit à des reprises de Luis Mariano ou de Claude François. Il est assez fier de ses improvisations, je dois dire. Moi, je subis, en silence. N'allez pas croire que c'est un ringard, il se targue de ne pas écouter Nostalgie. Lui, c'est RMC Info, pour le foot.

Son excitation se traduit aussi par des gesticulations et des imitations de tirs assez impressionnantes à la simple vue d'un volatile susceptible d'être mangé. Évidemment, avantage d'habiter le sud, conduire sur les petites routes sillonnant les étangs et les plages de la méditerranée pousse inévitablement à rencontrer des oiseaux de toutes sortes. Misère...

C'est tout de même un bon professeur, toujours prompt à pallier les inévitables bourdes que je ne manque pas de commettre. Mais il y a un hic fondamental. Pour bien doser l'embrayage, un bon conducteur est un conducteur dont le talon de la chaussure est usé. Soit. Mais me demander d'infliger ça à mes chaussures en daim toutes neuves, c'est infâme !

Pour me ramener à mon point de départ initial, on a pris l'élève suivant au passage, qui s'est mis aux commandes. Ils ont l'air de bien s'entendre tous les deux. "Tu as fait des réglages ? Oui ? Alors c'est quand tu veux ma chérie!", "bien mon amour!". Rires gras. Parfois je me dis que les hétérosexuels doivent être bien peu sûrs de leur sexualité pour se sentir si souvent obligés de montrer qu'ils n'en sont pas.

5 commentaires:

Florent a dit…

Hmmm... Pour moi ce déballage sexuel et viril, bien mis en évidence, n'a toujours signifié qu'une chose : une homosexualité refoulée.

Tambour Major a dit…

Je serais assez d'accord avec Florent.
Passe donc à la maison, j'ai un truc pour toi ;-)

Ô. d'Evian a dit…

@ TM : du boudin blanc ?

Bashô a dit…

L'hypothèse de la connerie me paraît plus convaincante que l'homosexualité refoulée.

Tambour Major> mais à qui s'adresse l'invitation? Au petit bohémien ou au moniteur?

Kynseker a dit…

Je penche en effet, dans le cas de mon moniteur, pour l'hypothèse de la débilité avancée.

Sinon, l'invitation de TM s'adresse à tous. Il y a un très gentil clin d'œil à mon billet chez lui.