mardi 6 juillet 2010

Erasmus Revival

Une réminiscence d'exotisme a ponctué mon weekend. Pour rendre service à une amie, à qui je devais bien ça pour m'avoir gracieusement hébergé au Caire, j'ai servi de guide touristique à deux anglais de passage dans la capitale languedocienne. S'en voulant terriblement de ne pas être présente pour les accueillir, elle m'a confié cette délicate mission. Ce n'est pas la première fois que je me livre à ce genre d'exercice ; j'aime assez jouer les guides (et je monopolise le guide papier à l'étranger pour mener moi-même les manœuvres) mais plutôt en français...

Mes anglais, bien renseignés, m'ont donné rendez-vous à l'endroit qui leur paraissait être le plus évident: la Place de la Comédie. Why not, comme on dit chez eux. Mais c'est que c'est grand et que j'ai du les convaincre de se retrouver sur les marches de l'Opéra. En clin d'œil à ce coin où j'ai fait tant de -surprenantes- rencontres...

Avant toute chose, pour éviter les bourdes, j'ai mis une tête sur leurs noms grâce à un réseau social bien connu. Aussi les ai-je reconnus sans peine à l'espace indiqué. Un petit blond trapu et un petit brun bien en chair. Ma foi, nous avons bien marché et vu plus que l'essentiel. Ma tendance naturelle à fuir les grands axes piétons et à couper par des petites rues charmantes et ombragées ne les a pas plus emballés que ça. Je crois qu'ils ont préféré les côtés majestueux de Montpellier. L'esplanade Charles de Gaulle, les toits du Corum (pour dominer toute la ville) et surtout la promenade du Peyrou (complètement rénovée). L'aqueduc et la statue de Louis XIV les ont beaucoup intéressés.

Malheur à moi qui ait tenté de retracer brièvement les divers régimes politiques de la France depuis le Roi-Soleil. Ensuite, nous n'avons guère oublié d'église mais ils se sont montrés davantage fascinés par la faculté de médecine et par la fameuse rue de l'université. Je les ai vite sentis amateurs de bière, aussi sommes-nous allés dans un pub irlandais qui retransmettait un match de coupe du monde. Évidemment, ils ont été un peu décontenancés par le demi à la française et ont fini tous les deux par boire une pinte chacun. Un peu perturbés également par le fait que je boive une bière belge et non française ; pas si chauvins que ça, ces français ?

En venant, ils s'attendaient à trouver des températures clémentes, de l'ordre de 24°. Les 35° continus depuis le début de la semaine les ont bien surpris. Un peu déçus d'être dans les mêmes eaux qu'au Caire. Avant de les quitter, après une longue et intéressante conversation, je les ai rapidement renseignés sur les bonnes adresses et sur divers détails techniques pour la suite de leur visite. J'ai beaucoup ri en constatant que la moitié des bars et clubs répertoriés et conseillés dans leur guide touristique étaient... gays ! Eux, ça les a beaucoup moins fait rire.

Avant de gagner la ville rose puis Bordeaux, ils comptaient passer une journée encore dans la région de Montpellier. Je crois que je les ai dissuadés de se rendre aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Il est vrai que c'est un endroit à voir, mais au second degré. L'empire des beaufs (mon moniteur d'auto-école doit y habiter ?!) et du mauvais goût. J'en suis resté marqué à jamais. Ils croyaient retrouver la même ambiance qu'à Cassis. Diantre non ! La mer n'y est pas si belle, pas de somptueuses villas, pas de vieilles dames liftées brûlées par le soleil, seulement de la cellulite en décomposition avancée. Déjà qu'ils n'ont pas été emballés par leur promenade à Palavas-les-Flots, je pense qu'ils n'auraient guère apprécié la distinction toute méridionale des Saintes-Maries !

Dans les derniers instants de notre rencontre, pour me remercier, ils m'ont offert une bouteille de pastis artisanal acheté sur le Vieux Port à Marseille. Geste généreux et touchant qui a fini de me convaincre que j'avais affaire à des gens très sympathiques. Reste que je déteste le Pastis. Si j'ai mon permis du premier coup, j'en connais un qui sera content de le boire à ma place !

5 commentaires:

Florent a dit…

Quel garçonn serviable...

Bashô a dit…

"J'ai beaucoup ri en constatant que la moitié des bars et clubs répertoriés et conseillés dans leur guide touristique étaient... gays !J'ai beaucoup ri en constatant que la moitié des bars et clubs répertoriés et conseillés dans leur guide touristique étaient... gays !"

C'était quel guide? Lonely Planet? Et ces anglais n'en étaient point?

Kynseker a dit…

Affirmatif, Lonely Planet (ils sont réputés pour ça ?) !

Ah non, mes anglais n'en étaient pas. Mais il n'y avait pas tromperie sur la marchandise, j'étais prévenu, hélas.

Syl./G.C. a dit…

Lonely Planet est "gay friendly" en tout cas.

Bashô a dit…

Oui, Lonely Planet est plutôt gay friendly.