mercredi 30 juin 2010

Les mille bornes de la vulgarité

Quand je vous disais que j'avais affaire à des moniteurs d'auto-école hétéros bling-bling... J'étais loin de la sinistre réalité, j'en ai bien peur. Pour me rendre au centre d'examen du code (que j'ai réussi, au passage), je suis monté dans la voiture de l'un des deux, qui donnait une leçon à une jeune fille toute douce et souriante.

Entre deux "ma chérie", quand un autre automobiliste faisait une faute sous yeux de moniteur intransigeant, les insultes fusaient. Un répertoire lexical assez restreint ; on alternait entre "regarde moi cet espèce de pédé !!" et "oh! l'enculé !".

Du plus haut raffinement, n'est-ce pas ?! Comme je n'étais pas son élève mais un simple passager, je me suis bien gardé de commenter son verbiage. Pourtant, une question me brûlait les lèvres. Celle, tout bête, qu'on devrait toujours poser aux larynx montés sur testicules: "pourquoi un automobiliste qui fait une erreur de conduite devient-il (est-il) forcément homosexuel ?", d'autant qu'il y a 95% de chances que le fautif soit hétérosexuel, statistiquement. Ensuite, pas sûr qu'il se rende compte de l'homophobie latente qui se niche dans ce genre d'insultes. Mais un petit instant de confusion chez le marseillais sûr de son bon droit, c'est toujours bon à prendre. Enfin, j'aurai l'occasion de lui expliquer mon point de vue puisque le hasard, bien sûr, fait que je vais faire la plupart de mes heures de conduite avec lui...

Tout cela sent bon la France... J'ai aussi refait connaissance avec les administrations françaises, dans le même genre. A Sciences Po, en me rendant au service des relations internationales, je suis tombé sur une affichette "le bureau n'ouvre qu'à 14h30 aujourd'hui". Il était 15h bien sonnées et la porte était encore close. Et ensuite, pour rendre un dossier obligatoire, j'ai été trimballé de bureau en bureau. Je me souviens avec émotion de l'administration de la faculté tchèque, qui gérait pourtant autrement plus d'élèves. Il suffisait de décliner son nom et en moins de 30secondes, la responsable ouvrait son classeur à la bonne page avec l'intégralité du dossier de l'étudiant. C'était comme magique !

3 commentaires:

vartan a dit…

"Mal baisée !" C'est pas mieux mais ça s'entend aussi ^^

Bienvenue en France !

Florent a dit…

Ca me donne l'irrésistible envie de passer mon code...

Kynseker a dit…

C'est curieux, autant dans le retour immédiat, je vivais bien la transition, autant là je suis sérieusement énervé et déprimé.

Je vais acheter des fringues et des chaussures en daim en soldes, ça va me calmer !