samedi 22 mai 2010

J-10

Retour vers la France dans dix petits jours. Dix petites journées à exploiter. Voir quelques coins que je n'ai pas explorés, revoir quelques endroits favoris. Se balader aux alentours de Prague, à Kutna Hora, bourgade réputée jolie.

Déambuler au milieu des curistes dans les villes thermales de Marienbad et Karlovy Vary. Passer une nuit dans un charmant hôtel (qui se prévaut du titre de "palace" mais le charme tout désuet qui émane les photos nous amène à nous méfier de cette superbe revendiquée) et goûter aux joies romanesques du thermalisme, qui sait...

Et hier soir, à la fin d'un inoubliable concert, se dire soudainement que Prague va me manquer. Murray Perahia avec l'Academy of Saint Martin of the Fields dans les concertos de Mozart (ut mineur) et de Bach (sol mineur) et dans des symphonies de Haydn. Ces rares soirées où tous les éléments pour la réussite de l'entreprise sont réunis.

Bien placé, entre deux mémés qui sentaient bon comme tout, un corniste sublime à qui je conseillerais d'abandonner le brillant du cuivre pour les scintillements des podiums de mannequinat, et un rendez-vous rare d'adéquation entre œuvres et exécutants. Le pianiste américain, haut comme trois pommes mais à la voix haut perchée, nous a livré une superbe interprétation. Évidemment, l'AMSF c'est du son standard et international, mais impossible de bouder son plaisir. Un Mozart grandiose et murement réfléchi (ce n'est pas l'escroc Lupu qui serait capable de prouesses pareilles) qui contrastait avec un Bach sur le fil (décalages, fausses notes), tellement humain.

Sans m'en rendre compte, c'était mon dernier concert dans la salle extraordinaire du Rudolfinum. Je n'ai pas eu le temps d'y penser sur le moment et tant mieux si ce dernier concert était l'un des plus beaux de ma vie de mélomane pragois.

PS: j'ai revu mes deux tourtereaux, l'un toujours cravaté, l'autre toujours en chemisette...

4 commentaires:

Syl./GC a dit…

Où l'on apprend que Lupu est un escroc !
Je m'en vais vérifier.
Mais avez-vous écouté la sonate pour 2 pianos de Mozart (K448)eet la Fantaisie pour 4 mains de Schubert par Lupu et... Perahia ?

Kynseker a dit…

Oui, et je dois dire que ça manque d'ampleur, que tout est trop transparent. Perahia/Mozart c'est une belle rencontre mais c'est un pianiste que j'apprécie par ailleurs très peu en disque et Lupu encore moins.

Syl./GC a dit…

Vérification faite, ce doit être mon seul Perahia et mon seul Lupu (réputé pour les "lapins qu'il pose fréquemment au public).
Mais il paraît que les "Goldberg" de Perahia, c'est mieux que bien.

Kynseker a dit…

Il ne sait pas la chance qu'il a le public quand Lupu pose un lapin. Il a forcément à la place un pianiste plus engagé.

Voilà donc un monsieur qui a construit un mythe du génie solitaire autour de sa personne en annulant, en ne donnant jamais d'interviews et en enregistrant peu. J'ai eu le malheur de tomber dans le panneau. Deux fois en plus :-(