lundi 5 avril 2010

Venezia (4): l'extase

Le lundi, après avoir attendu doucement à l'hôtel que le temps maussade se dissipe, nous sommes partis explorer le secteur de Santa Croce/San Polo. Qui est, sans conteste, mon endroit préféré à Venise. Plein de choses différentes et d'ambiances différenciées à quelques encablures les unes des autres.


Et j'ai trouvé ma perle, l'endroit dont on tombe amoureux, comme ça, sur un coup de tête. Il y en a toujours un dans chaque ville qu'on visite un peu attentivement. J'ai donc été envouté par la Scuola di San Rocco. Ce n'est pas bien grand mais ça a un charme fou. La grande salle du bas est plongée dans une pénombre mystérieuse et apaisante. Les murs sont ornés de grandes peintures représentant des scènes bibliques. Mon béni-oui-oui favori étant incollable, il m'a été d'un précieux secours pour tout comprendre. L'escalier est très beau quoique assez sobre (dans le genre somptueux, je reste profondément attaché à celui de la Villa Farnesina, à Rome ; tout simplement parfait !) et donne sur une grande salle toute en boiseries. Parfaitement éclairée en douceur, elle dégage un sentiment de sérénité et de chaleur. Plus que la salle Albergo, j'ai été touché par une petite pièce, type salle de réunion, avec une jolie table centrale et une belle horloge faisant ses tic-tac. C'est un endroit que j'aimerais avoir près de chez moi, pour y aller, sans but, m'y apaiser.


Nous avons ensuite fait le tour de la place et visité Santa Maria Gloriosa dei Frari qui regorge de petites choses intéressantes.


Outre le chœur des frères assez impressionnant et le coquet tombeau de Monteverdi, on trouve une des plus belles œuvres de Titien, assez resplendissante (ce qui est rarement le cas quand on voit ses tableaux en vrai), son Assomption de la Vierge:


Après un petit tour du côté du Campo San Polo, nous sommes retournés dans le Dorsoduro pour visiter la Scuola dei Carmini. Elle n'est évidemment pas aussi sublime que celle de San Rocco (tableaux très décevants et assez grossiers) mais a quelques particularités sympathiques. Puis nous avons butiné ici ou là, San Pantalon et son immense toile au plafond (bien maronnasse ceci étant), les bords du grand canal dont on ne se lasse jamais...


Pour achever notre séjour, le mardi matin, nous avons visité le Musée Correr, le Musée Archéologique et la librairie attenante (très belle). Nous n'étions guère attentifs et nous nous sommes dirigés, penauds, vers la gare, en passant une dernière fois sur le Rialto. Et nous avions presque cet air de Monterverdi dans la tête:


Et je te regarde et je me délecte de toi,
Et je m'enlace et je m'unis à toi.
Je ne souffre plus, je ne meurs plus,
Ô ma vie, ô mon trésor.


4 commentaires:

vartan a dit…

Mignon... Le Titien. :-)))

Kynseker a dit…

Il fallait bien que tu mettes un visage sur le grand-prêtre adorateur du soleil :-D

Tambour Major a dit…

J'aime beaucoup tes récits de voyage qui sont comme des aquarelles : suggérer beaucoup, de grandes lignes souples, quelques convergences qui attirent l'oeil sur de rares détails, et l'on referme la page la tête pleine d'images.

Kynseker a dit…

Oh mais je t'ai piqué la recette de ces descriptions réussies.

Finalement, lire les récits de voyages des autres fait voyager, imaginer. C'est beau aussi :-)