mardi 6 avril 2010

Ce(ux) qu'ils ne verront jamais

-les sans-abris échoués dans le tramway une fois la nuit tombée. Ils montent aux terminus, avec leurs sacs, se laissent choir sur l'un des sièges de la seconde rame et s'endorment. Le vide autour d'eux sera constant: personne ne bravera l'odeur et la saleté qui émanent de ces épaves humaines.

-l'alcoolisme, gangrène sociétale. Cet ouvrier du bâtiment qui gravit les trois marches du tramway difficilement, qui manque s'étaler dans la rame et qui finit par déposer sa carcasse chancelante dans l'un des sièges. Le nez bouffi et rougi par l'alcool. Cet employé, engoncé dans un costume un peu dépareillé, monsieur tout le monde. Il n'a l'air de rien mais quand il se lève pour descendre du tramway, vous sentez une forte odeur d'alcool. Il s'écroulera à la sortie du tram, déstabilisé par la descente des trois marches.

Ça, les touristes ne le verront jamais. Pourtant, c'est tous les jours.

6 commentaires:

Cyrielle a dit…

Je crois que c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué. A Rome, en voyant tous les SDF, je me disais qaudn même c'est fou. On m'a dit "oh tu sais avec le Vatican, ca fait un peu la cour des miracles, les SDF se rassemblent espérant toucher un peu les touristes et les catho..." soit.

Mais ici, ca me marque encore plus. Il y a de très nombreux SDF. Ils dorment par terre, sous la pluie, dans le froid. Ils crient après les passants suppliant pour une pièce. Ils me font tellement de peine...

Je me dis qu'en France, je n'en ai jamais vu autant ou alors c'est el fait d'être à l'étranger et d'observer avec plus d'attention...

S'il faut s'expatrier pour se rendre compte de la misère du monde, ca craint!

Bref, voilà... c'est tout.

Un commentaire pour les autres articles car j'ai tout lu d'un coup depuis Venize:

Ca avait l'air génial, je suis contente pour vous! L'Italie me manque trop!!

Pour la colloc je suis bien contente d'être tombée sur deux collocs formidables! Mais on change à la fin du moins, l'une sans va, espérons que le remplaçant sera aussi! bien!

bisous monsieur et moi aussi je veux des cartes postales non mais oh!

Kynseker a dit…

Merci très chère Cyrielle pour toutes ces impressions. :-)

Oh, je crois bien que l'expatriation sert tout à fait à ouvrir les yeux sur des problèmes qu'on ne voit plus chez nous.

Mais ce qui est particulier à Prague, c'est que la législation du pays interdit la mendicité et le fait d'être SDF. Alors, ils sont en vadrouille permanente, ils ne peuvent pas squatter un banc...

Et ils ont pour seule ressource les poubelles qu'ils fouillent constamment. Même dans les rues passantes et touristiques, pour le coup.

Pour la coloc, bah, j'en ris, c'est l'essentiel.

Pour les cartes, je n'ai ni ton adresse toulonaise ni ton adresse canadienne :-(

vartan a dit…

Pour tout vous dire, c'est quand le bordelais bouseux que je suis "monte" à Paris qu'il est choqué de voir le nombre de miséreux qui s'agglutinent au-dessus des bouches de métro, sous les arcades de la rue de Rivoli et jusque sur le parvis de l'Opéra Garnier pour passer la nuit. Mais c'est très très tard, quand les rues son désertées. Munis de quelques cartons qui sentent l'organisation, l'habitude, par dizaines.

Era a dit…

Ce qui m'avait frappé - mais maintenant j'ai peur de me tromper de ville vu que tu n'en parles pas - c'est la position qu'ont adopté les mendiants à Prague, en très grand nombre, tous agenouillés par terre, le buste dirigé vers le sol, regardant les pavés et la main tendue... ce fût très marquant pour le "touriste" que j'étais...

Kynseker a dit…

Oui ceux qui bravent la loi pour mendier le font effectivement dans cette position.

Position corporelle qui se décline aussi à Rome...

vartan a dit…

Heureusement que nos contrées débordent de richesses et de bouffe.