samedi 20 mars 2010

Mise en bouche vénitienne

Le weekend prochain, nous nous offrons quelques jours à Venise. Un peu de hasard ne nuisant pas à l'affaire, j'écoutais hier soir, en concert, La Madeleine aux pieds du Christ de Caldara (qui est donc vénitien d'origine, pour ceux qui ne verraient pas le lien). Œuvre très rarement donnée alors même qu'un enregistrement de René Jacobs lui a rendue pleinement justice. Cette douce et langoureuse plainte ferait fondre n'importe quel "crucificateur", me semble-t-il:


Ce concert a été magistral comme toutes les productions du Collegium 1704. Bien que les solistes aient été un peu inégaux, l'ensemble était de très haute tenue avec des moments de rare grâce. Un ensemble souvent mal servi au disque qui a l'immense mérite d'exister à Prague. Le partenariat financier avec la ville de Dresde semblant aider considérablement à assainir les finances...

Toujours est-il qu'un petit tchèque d'une cinquantaine d'années m'a été tout à fait agréable. Il m'a demandé l'heure (mais ce n'était pas pour obtenir mon phone dans son cas) et je lui ai tendu mon programme. Après cette bourde initiale, la sympathie s'est installée entre nous et quand il m'a vu griffonner quelques idées de billet sur ledit programme, il m'a aimablement offert une feuille de papier blanc qu'il a sortie de Dieu sait où. Le tout avec le sourire. Comme quoi cette fonction est bel et bien programmée dans les gènes de certains tchèques... Allons, allons, je médis.

Une soirée agréable qui est venue faire écho à ce proche voyage. Pour continuer à me mettre dans l'ambiance, je m'abreuverai des conseils des voyageurs éclairés mais, au risque d'en décevoir certains, je ne relirai pas La Mort à Venise de Thomas Mann et je revisionnerai encore moins l'adaptation de Luchino Visconti. Film que je qualifie de soporifique comme l'œuvre dont il est tiré. Les lapidations sont permises dans les commentaires !

5 commentaires:

vartan a dit…

Bien jeune homme. Mort à Venise, c'est tout sauf Venise. Et le film encore moins.
Un dernier conseil, le transfert par bateau plutôt que par bus depuis l'aéroport, une croisière d'une bonne heure qui mène au bout d'une étendue sans fin vers une cité orientale hérissée de minarets, une façon de remonter le temps et d'arriver dans les meilleures dispositions pour apprécier au mieux cet endroit de dingues.

Kynseker a dit…

Bien noté. D'autant que ce n'est pas plus cher que mon transfert habituel aéroport/Rome par train qui traverse seulement des banlieues sordides !

Les horaires sont un peu contraignants toutefois.

Syl./G.C a dit…

J'irai pour ma part début avril.
Je vous conseille le "dictionnaire amoureux de Venise" de Sollers : bien qu'il passe beaucoup de temps dans les églises, il transmet fort bien sa passion pour la "Sérénissime".
Je suivrai le conseil de "Vartan" cette fois, car j'ai la chance d'arriver en milieu de matinée.
Pas d'accord avec vous deux sur Visconti : oui, c'est vrai, le film est un peu "soporifique" ; c'est un endormissement agréable à mon goût, et Dieu que c'est beau !
Merci pour l'extrait musical, magnifique.
Mais, dites-nous, vous allez continuer à "bloguer", j'espère ?

Kynseker a dit…

Pour la suite du blog après cette expérience Erasmus, c'est à l'étude.

Ici ou ailleurs. Mais maintenant que j'y ai pris goût, je ne pense arrêter comme ça, si abruptement.

A suivre, je ne préfère pas encore trop y penser !

Pour le reste, je note vos conseils :-)

Patrick Antoine a dit…

Tu viens de me donner envie de ré-écouter cette enregistrement qui dort dans ma CD-thèque, merci!