mercredi 3 mars 2010

J'ai pensé aux tchèques en...

... relisant mon livre culte Mademoiselle de Maupin, de Théophile Gautier. Je les ai vus personnifiés dans cette longue et puissante description:

"Comme leurs traits sont grossiers, ignobles, sans finesse, sans élégance ! Quelles lignes heurtées et disgracieuses ! Quelle peau dure, noire et sillonnée ! Les uns sont halés comme des pendus de six mois, hâves, osseux, poilus, avec des cordes à violon sur les mains, de grands pieds à pont-levis, une sale moustache toujours pleine de victuailles et retroussée en croc sur les oreilles, les cheveux rudes comme des crins de balai, un menton terminé en hure de sanglier, des lèvres gercées et cuites par les liqueurs fortes, des yeux entourés de quatre ou cinq orbes noirs, un cou plein de veines tordues, de gros muscles et de cartilages saillants. Les autres sont matelassés de viande rouge, et poussent devant eux un ventre cerclé à grand-peine par leur ceinturon ; ils ouvrent en clignotant leur petit œil vert de mer enflammé de luxure, et ressemblent plutôt à des hippopotames en culotte qu'à des créatures humaines. Cela sent toujours le vin, ou l'eau-de-vie, ou le tabac, ou son odeur naturelle, qui est bien la pire de toutes. Quant à ceux dont la forme est un peu moins dégoûtante, ils ressemblent à des femmes mal réussies - voilà tout."

Billet plein de mauvaise foi même si la génération des années 60-70 ressemble plutôt à cette description et celle d'aujourd'hui aux femmes mal réussies. D'autant que moi, je trouve ça très beau un garçon-femme-mal-réussi.

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