jeudi 4 mars 2010

En vrac

Vu ma prose débordante, je me sers de ce blog en perdition comme illustration de la vacuité de ma vie étriquée d'étudiant échoué sur les rives de la Vlatva (même cette phrase est l'œuvre d'un fat). En vrac donc.

Je me propose de rédiger un dossier universitaire sur un sujet subversif (les "gay rights" avant et après 1989 dans les pays d'Europe Centrale) en écoutant de la musique toute aussi scabreuse (Time for miracles d'Adam Lambert).

Je m'enfile tous les livres de Philippe Besson, qu'on tient rarement pour un grand écrivain alors même que chacun de ses ouvrages me touche profondément. En buvant du Earl Grey.

J'entrevois un aspect positif de la perte de mon dossier musique. Ça me force à découvrir de nouveaux horizons (j'ai même écouté du Schoenberg) et de nouvelles partitions (oui, j'ai aussi perdu tous ces feuillets patiemment scannés des heures durant avant le grand départ).

J'actualise mon CV et rédige moult lettres de motivation pour divers jobs d'été. C'est pas que mais faire le globe-trotter ça engendre quelques menues dépenses...

Je désespère de recevoir des nouvelles de ma directrice de mémoire qui, après m'avoir dit une fois de plus que mon sujet de recherches est trop large, fait la morte. La fois dernière, j'ai attendu son mail trois mois. Va-t-elle battre son record de lenteur?

J'ai enfin arrêté la date de mon dernier séjour à Rome. Et pour patienter, je regarde un film sur la vie du Caravage et un documentaire Arte consacré à son immense talent.

J'use à n'en plus finir mes pantalons sur les chaises bancales du Café 35, à l'Institut Français, accoudé au piano dont personne ne joue.

Je constate avec bonheur la disparition totale de la neige et j'en profite pour marche au bon air, loin des effluves nauséabondes des tramways.

Je fais trois supermarchés différents par semaine pour me concocter des menus mangeables.

Le pire, c'est que je regretterai atrocement tous ces menus détails quand je serai plongé dans mes cours de finances publiques l'année prochaine à la même période. Ce sera le bon temps, celui où on faisait des nuits de 12 heures et où on n'avait d'autre angoisse que celle de ne pas trouver le roman chéri dans les rayonnages de la médiathèque. Sort implacable, plus que trois mois de bonheur à venir. Déjà.

2 commentaires:

Syl./G.C a dit…

Besson (Philippe, hein ?!) est effectivement sous-estimé.

Un piano dont personne ne joue ?
Et moi qui me mets en quête d'un instrument dans chaque lieu visité !
Je le saurai pour une prochaine escapade.

Kynseker a dit…

Ce piano sert pour les concerts épisodiques qui se tiennent à l'Institut.

Mais sinon il ne sert jamais et je crois qu'en demandant aimablement la permission personne ne verrait d'inconvénient à faire l'animation musicale du café :-)