jeudi 18 février 2010

Performances musicales

A vouloir faire mon dandy pragois, je vais au concert plus que de raison. Joie de passer au vestiaire et de déambuler au milieu de l'intelligentsia tchèque. Des petits papis qu'on imagine fouines et délateurs en temps de communisme, des babouchkas qui se sont adaptées à la mode occidentale... Et des drôles de petits vieux avec qui on attend le métro à la fin du concert, dont un papi qui prenait un malin plaisir à imiter le moon-walk en me regardant avec un sourire amusé.

Tout ça pour dire que j'ai vu quelques concerts marquants ces derniers temps. Il n'y a pas que la star tchèque Kozena qui s'échoue au Rudolfinum. Julia Fischer, la virtuose allemande du violon, est venue se poser au milieu de la grande scène, esquisser un sourire et jouer les sonates (pas les partitas hélas !) pour violon solo de Bach. Une forte prestation qui a mis la foule en délire sans que cela suscite chez la demoiselle un quelconque émoi. Elle met son énergie et sa chaleur dans son jeu, pas dans ses saluts. Je reste admiratif devant ces solistes, autres que pianistes, qui jouent durant une heure et demie seuls et sans filet. Bien sûr, on compte quelques coups d'archets malheureux, des notes parasites et un manque de structure parfois, mais quel courage d'affronter cette musique, par cœur et en regardant la salle... Il y a eu de magnifiques moments de poésie, de musique et de silence.

Dans une perspective moins époustouflante, j'ai enfin pu goûter aux qualités musicales d'Albrecht Mayer, le fabuleux hautbois solo du Philharmonique de Berlin. Programmé dans un concerto un peu déroutant de Jean Françaix. Performance technique et sonore parfaite. Et bien sûr, pour l'immense plaisir de toute la salle, des bis d'œuvres de Bach, joués après diverses blagounettes du soliste. Investissement total et opulence sonore comme ici, dans Telemann:

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