mercredi 24 février 2010

La mauvaise journée

Elle surgit, d'un coup d'un seul. Tu te crois à l'abri, tu penses bien !, deux mois sans couille (je suis vulgaire, mais quand il s'agit de parler d'ennuis, on est entre potes, non ?)... D'ailleurs, tu tires comme leçon de cette journée que le bonheur est fade. Trop doux, trop tendre, trop subtil. Quand tu es heureux, tu ne t'en rends presque pas compte tellement le bonheur t'a progressivement envahi et qu'il s'est installé en toi de façon paisible et sans tapage. Alors que les emmerdes, bein, ça te saute à la gorge ! Sans prévenir, vlan ! Elles, tu les sens bien, tu peux parfaitement les décrire, par le menu. Être heureux, ça ne se raconte pas. Alors, allons-y, décrivons les petites broutilles qui bousillent une journée (oh ben quand même, j'ai vingt ans, pas d'ennuis sérieux, faut pas exagérer non plus !).

Déjà, quand tu pousses la porte des toilettes et que ton coloc' italien t'a laissé de jolis souvenirs au fond de la cuvette, ta journée est bien lancée. Dans la mauvaise direction, s'entend. Tu prends ta petite douche, tranquille. Et puis là, tu te rends compte que ta peau est nostalgique de l'Egypte, des pharaons, des momies, tout ça... Le temps s'est radouci mais la garce n'aime pas être au diapason, elle décide de peler partout sur ton petit visage poupin. Bref, tu es plus proche du serpent qui fait sa mue que d'un être humain. Ensuite, tu comprends toujours pas comment c'est arrivé, Vista plus une mauvaise manip', t'as effacé l'intégralité de ton dossier musique de vingt gigas. Pas abruti en plein non plus, tu installes le super logiciel de restauration qui te récupère bien 5% de l'ensemble. Bien sûr, les 5% dont tu fous, parce que ceux-là ce sont des disques que tu as en vrai que tu as juste convertis en mp3. Ceux que tu ne possèdes pas personnellement et que tu as mis des lustres à avoir, envolés !

Le pire, c'est que t'es resté calme, tellement ébahi par l'énormité de la chose. Tu t'es juste enfilé une plaquette de Milka. Après, ben, tu as ton premier cours du semestre. Ce qui nuit aussi à ton humeur. Entre-temps, tu as raté ton tram et ton métro, dans la pure logique de la journée. Et dans ceux que tu prends, tu te rends compte que les laiderons sont de sortie. Pas une beauté à dévisager, pas un fantasme vivant à caresser du regard. La loose totale. Une fois rentré, tu évites soigneusement de regarder l'état de ton compte courant que tu sais être près du négatif et tu files dans ton lit, là d'où, décidement, tu n'aurais jamais du sortir aujourd'hui.

Ah! Mais que c'est bon de sentir que le sort s'intéresse à ton cas. Pouah ! Tu te sens vivre et puis au fond, t'aimes bien ça, les ennuis. En plus, ça amuse les copains. Tant pis, s'il ne te reste que Julio Iglesias à écouter, en réalité, toi non plus tu n'as pas changé. Ton karma ne connait pas les frontières.

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