dimanche 27 décembre 2009

Comme aspiré

Marrant comme le seul fait de retourner dans son pays natal, chez ses parents, ramène avec lui son lot de casseroles qu'on aimerait oublier. Se retrouver à nouveau dans des dispositions psychologiques néfastes à l'épanchement jovial (mon aversion pour cette période de fêtes, notamment pour la dernière d'entre elle, est notoire).

Etre aussi rattrapé par un boulot esclavagiste (de stagiaire donc) de l'année passée chez un grand hebdomadaire français -prétendument sans attache politique-. Encore des histoires de gros sous. Je ne répondrai pas à ce mail. Je ne veux plus entendre parler de ce journal, que je reçois pourtant expressément toutes les semaines (délicate attention de départ).

Passer une soirée avec des vieux camarades qui ignorent tout d'une vie qui n'a pas croisé la leur depuis trois ans. Revêtir l'habit d'une personne qui a quelque peu changé... Quoique, j'ai eu du mal à ne pas masquer quelques transformations. Mais l'essentiel -poudre aux yeux- a été préservé.

Aspiré à nouveau par cette vie dans laquelle l'épanouissement n'était pas possible. Pourtant, la parole est libre maintenant. Les relations fraternelles sont également apaisées et avantageusement délirantes !

L'éloignement a du bon et malgré les joies familiales, il est heureux que je ne m'attarde pas davantage dans le doux pays de mon enfance.

dimanche 20 décembre 2009

C'était beau

Se coucher pour somnoler quelques heures puis se lever à 2h. Profiter d'une bonne douche brûlante, finir ses impédimentas et prendre la poudre d'escampette. Absolument magique.

Sortir dans la nuit froide, d'un calme royal. La neige tombe doucement, mes pas sont caressants dans ce lit blanc. Ma valise glisse sans difficulté. Le tramway de nuit est parfaitement à l'heure, bondé par les fêtards enivrés de bruit et d'alcool. Il faudra qu'un jour je vous raconte l'ambiance particulière qui règne dans ces tramways hors du temps... Je suis serein et je me laisse bercer par le doux ronronnement pendant les quelques stations que j'ai à parcourir. Je m'extraie ensuite du cocon surchauffé pour replonger dans les températures glaciales de cette nuit noire et intense. Je me poste à l'arrêt de bus qui va m'emmener à l'aéroport, sous un porche qui me protège des flocons. Ma seule inquiétude est liée aux instruments de musique que je transporte. Ils sont en bois et supportent mal les variations de température. Malgré le pull en laine qui les calfeutre, je crains pour leur intégrité...

Le bus arrive. Au fil des stations, il se remplit joyeusement. De nombreux autres français prennent le même vol que moi en direction de Paris. Je sympathise avec trois d'entre eux. Curieux, ils habitent à une station de tramway de chez moi et nous nous sommes jamais croisés. A l'aéroport, en attendant l'embarquement, on en profite pour faire plus ample connaissance.

L'avion est plein. A travers le hublot verglacé, on voit la neige tomber à gros flocons et l'avion a un manteau blanc immaculé. Il fait un petit tour de piste et se gare pour être promptement dégivré. Le décollage a un charme fou. Les réacteurs aspirent à grandes brassées la neige, on y voit pas à deux mètres. Projecteurs au maximun, le pilote met les gaz. Piste encore enneigée, nuit d'une noirceur impressionnante. C'est absolument magique de s'envoler, de prendre de l'altitude et de la vitesse à travers cet écran de flocons qui fouette la carlingue. Tout le vol se déroule dans le brouillard et la neige.

Si l'arrivée à Roissy et le trajet en train seront pénibles, cette première partie de mon retour me laisse un sentiment de plénitude et de bien-être assez inoubliables. Moi qui suis un grand stressé pour les choses matérielles, j'étais d'un calme et d'une réjouissance intérieure assez rares.

Et j'ai surtout compris que je me suis attaché bien plus que je ne le pensais à Prague, aux tchèques, à ma nouvelle vie. Pour tout dire, j'ai regretté amèrement de partir au moment où Prague devient mystérieuse et métamorphosée par les affres du temps. Ce qui me fait le plus peur, c'est que l'émotion promet d'être difficilement soutenable lors de mon départ définitif en juin. Je me suis dit ça dans le train. Je ne savais pas combien j'avais raison. Oh oui, je ne savais pas...

jeudi 17 décembre 2009

Au-revoir Prague

En dépit d'un voisin qui vient subitement de se découvrir pianiste et qui semble avoir jeté son dévolu sur la méthode rose (il enchaîne sans discontinuité la Lettre à Elise et la Sonate dite au Clair de Lune de Beethoven et le premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach...), je rentre en France pour Noël avec un petit pincement au cœur (grand sensible que je suis !).

C'est qu'il est plaisant de vivre à l'étranger, d'échapper au mieux aux turpitudes de la politique française et de maudire à voix haute les impotents qui marchent anarchiquement dans les couloirs du métro... A ce propos, j'ai enfin trouvé le mot qui me sied pour qualifier les tchèques: ils sont gauches, maladroits dans leur façon d'être.

Prague est une ville sublime sous la neige, surtout que celle-ci n'entraîne aucune perturbation de la vie quotidienne. Ma vie y est enviable... Comme passer son temps à lire (à prix d'or) ou assister à des concerts (à prix d'ami). J'ai choisi de fuir comme la peste les soirées Erasmus alcoolisées. Disons que c'est une année culturelle et personnelle.

Cela fait exactement trois mois que j'ai posé ma paire de 44 sur ce fameux sol tchèque. Et je le quitte pour un mois en ayant fait gras avant de partir. Une charmante tambouille mexicaine hier soir à base de poivrons verts et d'une sauce forte comme de la dynamite. La colocation, ça a parfois du bon ! Et un charmant déjeuner au Café 35: crêpe auvergnate (entendons-nous bien, au sens premier du terme, pas au sens d'Hortefeux...) et crêpe au caramel salé. Avec un bon café pour 6€, j'ai décidément hâte de revenir !

Les rencontres estudiantines ont été très nombreuses en début d'année. J'ai largement écrémé mon cercle de connaissances et je compte désormais quelques bons amis, précieux. Les seuls de sexe masculin, en fait. C'est ça aussi Prague, pour moi.

La nuit est tombée et je pars au petit matin en espérant passer au travers de tous les déboires possibles du voyageur (retards et grèves surtout...). Un peu de douce musique pour m'accompagner avec une belle photo de l'église de la place de la vieille-ville...




Pour la suite, je crains de devoir un peu élargir l'objet de ce blog, les grands sujets d'étonnement de l'expatrié à Prague ayant été traités. Je ne doute pas de maintenir un rythme de publication élevé en développant quelque chose de plus personnel. Et maintenant que vous avez fait connaissance avec le vide abyssal de ma prose, vous êtes plus libres que jamais de continuer à me lire.

mercredi 16 décembre 2009

He's cute but not my type

Je vous ai déjà dit que j'ai un propriétaire très sympa ? Un jeune homme discret, respectueux et subtil ? Non, hein ? C'est bien ce qui me semblait...

Au fur et à mesure de mes rencontres avec le désormais célèbre Richard et les conversations à demi-mot avec ma colocataire Andrea (oui oui la parano psychorigide), j'ai enfin cerné le personnage. Trois traits essentiels forment sa haute personnalité: la misanthropie, un sens aigu des relations amoureuses et une goujaterie peu commune.

Slovaque, il s'est arrogé le monopole des critiques envers les tchèques. Soit. Si encore il s'en tenait à ce charmant peuple qui m'accueille... J'ai bien compris qu'il déteste les français (il n'a toujours pas digéré le fait que je change la couette et surtout la housse, qui était de fort mauvais goût), éternels insatisfaits aux exigences démesurées. Il aime bien déverser son fiel sur un français qui partage un autre de ses appartements en ma présence. C'est toujours très agréable, isn't it ?

Personne ne trouve grâce à ses yeux, la cause est entendue. C'est pourquoi il ne souhaite aucunement s'engager dans une relation amoureuse, il tient trop à sa liberté. Mais alors pourquoi draguer n'importe quel garçon même le plus hétéro qui soit ? Draguer le copain d'Andrea, draguer le frère de la mexicaine, m'inviter à prendre un verre ? Je sais maintenant trop bien que malgré sa haine des français il a consenti à me louer la chambre parce qu'il me trouvait mignon même si je n'étais pas son genre. Il n'y a pas de miracle, je ne crois pas que quelqu'un qui s'inscrit sur site de recherches de colocations soit souvent contacté quelques heures après son inscription par un propriétaire... Du moins, je suis le seul à qui cela est arrivé dans mon cercle d'amis ayant eu recours à ce système. De l'avantage d'avoir mis une photo (petit moment d'auto-satisfaction, pardonnez-moi !)...

Pour finir, c'est un goujat. Il aime bien visiter ma chambre pour voir comment je l'ai arrangée. S'exclamer en voyant mon ordinateur et le tripoter pendant vingt minutes sous prétexte qu'il envisage d'acheter le même. Commenter une à une les photos accrochées aux murs.

Vraiment, il est charmant ce blondinet.

lundi 14 décembre 2009

La rançon de la fainéantise


Même si le froid mêlé à la pollution me contraint à un maquillage à la truelle, même si je suis habillé comme un sac (tous mes vêtements dignes de ce nom étant soigneusement rangés dans ma valise pour mon très prochain départ pour la France, l'Italie et l'Égypte) et même si les flocons de neige dans les oreilles m'horripilent, aujourd'hui fut une bonne journée.

Je passe rapidement sur l'heure consacrée au repassage pour dire combien j'ai été heureux d'affronter les éléments pour aller à la banque récupérer une bourse logement gracieusement accordée par l'Université Charles aux étudiants Erasmus. Qu'est-ce que c'est agréable d'aller à la banque pour gagner de l'argent ! Mais pourquoi cela ne m'est-il jamais arrivé en France ?! La pauvre guichetière n'en pouvait plus de ces étudiants démunis venus quémander leur dû toute la journée...

Un miracle n'arrivant jamais seul (quel beau lieu commun pour entamer ce paragraphe !), j'ai enfin réussi à imprimer mes cours à l'Université ! Après m'être acquitté d'une obole, avoir trafiqué un mot de passe nécessitant divers signes typiquement tchèques, j'ai lancé l'impression. Et j'ai servi de cobaye au réparateur de l'imprimante, en panne depuis une semaine. Ô joie ! Ma sublime prose dactylographiée a été crachée par le monstre technologique. Zut, je n'ai plus d'excuse pour ne pas réviser mes examens...


PS: enfin un nouveau design pour ce blog... La lisibilité et le centrage de l'image de fond sont fluctuants suivant la résolution, le zoom du navigateur et les réglages couleur/contraste de votre ordinateur. Je vais essayer d'optimiser tout ça dans les semaines à venir. J'espère néanmoins que ça vous plait davantage que l'horrible violet d'autrefois.

dimanche 13 décembre 2009

De la neige sur mon costume noir

En sortant de l'opéra hier soir, quelques flocons de neige sont venus orner mon étoffe de velours. Nos amis les tchèques sont chicissimes dès qu'il s'agit d'aller écouter de la grande musique. Je n'ai pas eu à me mettre au diapason puisque c'est aussi mon habitude. Et rien que cette semaine, par trois fois j'ai du sortir mon attirail de gentil garçon propret. Ces concerts méritent un petit compte-rendu.

La série musicale de décembre a mal commencé avec un Messie de Händel plus ou moins massacré. L'orchestre baroque (dont j'ai oublié le nom) était honorable quoique les cordes étaient toujours fausses dans les aigus. Par contre, il y avait à boire et à manger chez les chanteurs. Le ténor se la jouait Luis Mariano, la basse avait encore quelques moyens mais la voix était vieillie, la soprano dans une horrible robe cyan faisait son rossignol et savonnait allégrement les vocalises tandis que l'alto était inaudible. J'ai écourté ce doux massacre en m'éclipsant à l'entracte.

Le soir suivant reste un souvenir plus plaisant. J'ai écouté l'orchestre symphonique de Prague dans la somptueuse salle Smetana de la Maison Municipale. J'ai allégrement profité des rangs clairsemés pour me replacer très avantageusement (derrière un couple de français, il y a comme un magnétisme linguistique faut croire) et profiter pleinement d'une suite algérienne de Saint-Saëns bien enlevée et fort divertissante. Le concerto en mi mineur de Chopin m'a ensuite agréablement bercé. Les défauts de l'écriture étaient largement transcendés par la lecture charpentée, virile et enthousiaste de Demidenko. Le piano était un peu noyée dans l'immense acoustique de la salle mais il ne manquait pas de poésie. La seconde partie était consacrée à une symphonie d'un obscur compositeur contemporain tchèque. Bruyante et répétitive, elle a fait fuir petit à petit les auditeurs. J'ai pris un malin plaisir à applaudir à tout rompre à la fin alors que les gens s'empressaient de quitter les lieux...


Et samedi soir donc, dans le très cossu et intime Théâtre des Etats, Rinaldo de Händel dans la très belle production de Louise Moaty et de Vaclav Luks (Collegium 1704). Je conseille à tous ceux qui habitent Caen et qui aiment l'opéra baroque d'aller voir les représentations qui seront données en avril. C'est en effet du très bel ouvrage avec une mise en scène typiquement baroque mais simple et efficace. L'éclairage à la bougie est diablement bien pensé et vivant (pas comme chez Lazar où il a tendance à être monotone et monochrome). Les chanteurs pour la plupart tchèques se débrouillent plutôt bien avec l'italien (j'ai aimé le cocasse d'écouter des tchèques chanter de l'italien et de lire des sous-titres en anglais...) et sont plus qu'honorables. Les rôles titres d'Alminera, Rinaldo et Armida sont parfaitement campés scéniquement et vocalement. Les costumes, dans l'inspiration d'époque, sont très jolis et parent certains musiciens intégrés à la mise en scène (trompettes, qui, c'est à signaler, ne canardent pas trop et flutistes). L'orchestre, un peu réduit à mon goût, ne démérite pas (cordes et basse continue parfaites) malgré un premier hautbois un peu faiblard et un percussionniste pas toujours très inspiré pour simuler les orages et les vents. Enfin, la cohésion de l'ensemble est magistralement assurée par Vaclav Luks dont la direction tout en finesse et en hauteur de vue ne laisse d'impressionner.

samedi 12 décembre 2009

Accident

Depuis quelques semaines, le fonctionnement des tramways devient anarchique. A cause d'importants retards et de la saturation des lignes, il n'est pas rare de voir arriver trois rames d'une même ligne en l'espace de 10 min et devoir ensuite attendre 25 min avant d'en voir repasser une.

Et, hier, en revenant de l'Institut Français (oui, je m'y suis finalement évadé), un accident à la hauteur de la place Charles (je le suppose au vu des nombreuses ambulances que j'ai vu passer) a complétement arrêté le trafic. Ainsi, plus d'une douzaine de rames faisaient la queue-leu-leu à l'arrêt entre Karlovo Namesti et IP. Pavlova. Une file indienne serrée impressionnante arrêtée tout le long de cette très longue avenue dans le sens descendant. Ils ne sont donc pas infaillibles ces tchèques...

vendredi 11 décembre 2009

Un grand moment de solitude

Moment qui, si j'avais vraiment été seul, aurait pu être évité. Levé tardivement, je mets une machine en route en chantonnant (comprendre en hurlant en voix de tête l'adagio d'Albinoni), je commence à mijoter un pauvre repas pour midi (en maugréant et en me parlant à moi-même), je vais, je viens dans l'appartement en boxer en faisant tout le barouf possible. Bon voilà, comme une danseuse en tutu je jongle avec mes différentes activités domestiques. Et au moment même, et toujours à haute voix, où je me dis que "tiens, Andrea n'a pas pris son parapluie aujourd'hui" je la vois sortir avec une tête cadavérique de sa chambre et me demander calmement avec une voix d'outre-tombe de la fermer. Mierda ! Elle bossait pas aujourd'hui.

Finalement, je crois que je vais braver la pluie pour aller passer quelques heures à l'Institut Français, moi...

mardi 8 décembre 2009

Les musées pragois (3)

1) La galerie de peinture du Château:
Encore une galerie d'art baroque à Prague ! Vantée ici ou là pour ses Titien et Véronèse. Ce sont des oeuvres mineures de leur art (déjà que, pour Véronèse, ses meilleurs peintures sont toujours plus décevantes en vrai qu'en reproduction...). Entièrement refait le musée est agréable et accessible aux handicapés mais on s'attarde assez peu sur les divers tableaux présentés. Néanmoins un Hans Holbein a retenu mon attention. Si vous avez fait le (mauvais) choix du ticket longue journée pour la visite du Château, allez-y, sinon n'investissez pas votre argent dans cette seule visite, vous serez déçus.

2) Le Musée National:
Je mériterais d'être flageller mais je pense sincèrement que le plus intéressant dans ce musée c'est son hall... Profitant de la gratuité de l'entrée (tous les premiers lundis du mois pour les radins), j'ai parcouru les expositions sur les volcans, tremblements de terre et autres joyeusetés géologiques. J'ai également arrêté mon regard sur la grande collection d'animaux empaillés, de fossiles et de squelettes... Je suis passé rapidement dans les salles consacrées aux objets préhistoriques et aux pierres en tous genres. Un musée à visiter par tous ceux qui aiment les sciences naturelles, les autres peuvent venir profiter de la beauté du cadre lors d'un de ces lundis...

lundi 7 décembre 2009

Messes basses, dénigrement et suspicion

Je range définitivement ma colocataire brésilienne dans la catégorie des gens paranoïaques. Écoutez plutôt...

Hier soir, à l'heure du goûter, elle m'attrape au vol et commence un intense monologue concernant la nouvelle colocataire mexicaine et le propriétaire. Alors que nous n'étions que deux dans l'appartement, elle parle à voix basse en se rapprochant de moi sous la lumière blafarde de la cuisine. Une suite d'élucubrations, de médisances et d'interprétations iniques. Elle s'est persuadée que la mexicaine nous a menti sur son travail, sur sa vie, sur ses raisons d'être à Prague. "Je suis sûre qu'elle a quelqu'un ici, à Prague, qu'elle n'est pas venue pour visiter", "tu as vu comme elle changeait de sujet de conversation sans cesse", "elle n'était vraiment pas claire sur ses relations avec son ancien petit ami, et cet ami d'Amsterdam", "c'est bizarre qu'elle arrive d'Amsterdam, qu'elle y retourne après Prague et qu'elle passe entre temps par Paris"... So what ? Je me suis contenté d'acquiescer en maugréant vaguement. Je me fous de la vie de cette mexicaine que je ne vais côtoyer que quinze jours et je ne vois pas pourquoi je ne serais pas disposé à croire tout ce qu'elle me dit.

Une fois ce sujet de conversation épuisé (et j'ai bien cru qu'il serait intarissable), Andrea a enchainé sur le propriétaire (avec qui elle a vécu dans l'appartement pendant 2 ans tout de même). "Oh, il n'a pas de vrais amis, peut-être 400 sur Facebook mais il ne voyait jamais personne", "il ne sait pas s'y prendre avec les gens", "il a invité un de mes amis, qui était mannequin, à manger un soir, pour le séduire alors que je lui avais dit qu'il était straight", "quoi ? il t'a contacté en prétendant être hétéro ? Il est gay bien sûr, et peut-être qu'en te proposant de louer cette chambre il avait d'autres objectifs !", "il aime trop l'argent et me surfacturait tout les produits d'entretien qu'il achetait"... Blablabla... J'ai pu constater la véracité de certaines de ces assertions mais là encore je me moquait bien de connaitre les détails de la vie sentimentale de Richard.

Toujours est-il que je comprends mieux pourquoi elle s'imagine parfois que j'envahis la cuisine ou je ne sais quoi...

dimanche 6 décembre 2009

J'ai testé pour vous...


(ou l'immersion d'un parpaillot chez les cathos)

... la messe dominicale française de Prague dans l'église Saint Joseph. Que ne ferait pas votre fidèle serviteur pour alimenter ces pages ! Mais le voyage matinal dans Mala Strana valait son pesant de cacahuètes...

Ne reculant devant rien, j'ai été réquisitionné par un charmant couple d'expatriés pour faire la seconde lecture (après avoir décliné l'offre de donner des cours de maths à leur fils). La petite église était pour le moins bien remplie. Et comme toujours de la plus belle des populations: ces chères familles catholiques tirés à quatre épingles avec des enfants joliment habillés et dont on marque la chevelure d'une raie sur le côté. Ces jeunes hommes à l'air perdu, touchants de ferveur ; ces jeunes hommes à l'air hautain, insupportables de dévotion.

L'ambiance était pour le moins bordélique. L'attention était en effet difficilement soutenable tellement le fort accent tchèque du prêtre rendait sa compréhension périlleuse. Un homme un peu bourru et bien en chair qui en guise de sermon a lu un poème de Jacques Prévert. Ce fut un grrrrrrrrand moment, avec ces "Barrrrrrrbarrrrrra", "quelle connerrrrrrie la guerrrrrrrrre" !! Absolument délicieux mais guère crédible. Ce fut donc agréablement divertissant mais sans élévation de l'âme, malgré toute l'ardeur que j'ai mise à chanter !

samedi 5 décembre 2009

Chronique d'une (bonne) journée ordinaire



Se lever un peu tard après avoir tardivement tourner les pages de la Chartreuse de Parme... Parcourir ses blogs préférés, regarder quelque émission sur le web... Faire un tour des divers marchés de Noël de Prague et finir au café Globe (un des repaires d'expatriés de la ville) pour prendre un bon chocolat viennois. Et jouer au Scrabble anglais (avec plein de w, x et y !) durant des heures.

Parloter en faisant la cuisine avec la nouvelle colocataire mexicaine qui voyage à travers le monde en année sabbatique et qui ne reste donc qu'un mois à Prague. Au fil de cette intense conversation, on apprend que les scorpions ne sont que des amants jaloux qui ruminent sans le dire ou du moins qui ont un brainstorming négatif assez incroyable.

Une journée sympathique qui m'a permis d'arrêter définitivement les dates de deux voyages: Rome-Naples aux alentours du Nouvel An et puis Le Caire-Alexandrie à partir du 5 janvier.

mercredi 2 décembre 2009

Chronique d'une (mauvaise) journée ordinaire

Affronter les transports en commun pour assister à un cours d'un intérêt insondable. Ledit cours se faisant sur diaporama, ouvrir sa boîte à lunettes et se rendre compte qu'un verre s'est fait la malle dans la nuit. Passée cette heure d'une platitude abyssale, tenter de rentrer chez soi. Un peu de marche ne faisant pas de mal, comprendre que sa ligne 22 est obstruée par un tramway en panne. Et peut-être faire cramer dans une poêle son poisson pané comme ses tartines ce matin dans le grille-pain.