vendredi 30 octobre 2009

S'indigner et prendre pitié

Scène troublante, tout à l'heure, au supermarché. Je dépose mes achats sur le tapis et je me rends compte que j'ai porté mon choix sur une caisse tenu par un vieil homme. Mais surtout, je comprends très vite qu'il n'arrive absolument pas à accomplir sa tâche. Là où les lois du capitalisme auraient balayé ce vieux monsieur, l'enseigne locale, filiale tchèque de Carrefour, l'emploie. Ça va à l'encontre de la plus élémentaire rationalité et efficacité mais ce monsieur âgé au moins de 72 ans qui ne parvient pas à lire son écran derrière ses tessons de bouteille à cause de son strabisme convergeant est caissier. Je connais les cadences infernales imposées en France aux caissières et je me retrouve en face d'un vieillard qui va royalement encaisser deux personnes en 18 min. Le couple qui me précède a le malheur d'avoir acheté plein d'articles au détail et emballés sous sac en plastique. Ils n'ont pas de code-barre ; c'est au caissier de taper le code, mentionné dans un cahier. Notre vieil homme ne reconnait pas très bien les produits achetés, ne parvient pas à lire son cahier et a du mal à saisir les codes que la cliente lui dicte. L'encaissement s'éternise également du fait du manque de confiance manifeste qu'a le septuagénaire dans sa caisse: il préfère scanner manuellement avec une scanette tous les codes-barres des produits plutôt que faire défiler ces derniers devant le détecteur automatique. Au rythme de ses mouvements, très lents puisque ceux d'un grand-père, il attrape difficilement chaque produit, repère longuement le code-barre, attrape douloureusement sa scanette et encaisse. Interminable. Pour couronner le tout, le couple qui est devant moi lui tend un bon d'achat. On perd encore 1 bonne minute.

Viens mon tour et se répète l'intolérable manège. Je l'ai trouvé intolérable au début parce qu'il me faisait perdre mon temps, parce qu'il allait à rebours de toutes mes petites valeurs françaises de bon consommateur pressé. Je l'ai ensuite, et au final, trouvé intolérable parce que ce monsieur n'était surement pas là pour passer son temps. Parce que s'il travaille encore à son âge avancé, et visiblement ça lui coûte physiquement et moralement, c'est qu'il est dans le besoin. Si j'étais effaré et scandalisé qu'une enseigne internationale recrute des impotents au premier abord, je me suis dit ensuite que cette entreprise faisait un acte de charité en employant ce vieux qui doit très probablement lui couter plus cher que ce qu'il lui rapporte. Acte de charité rendu nécessaire par le dénuement total dans lequel vivent les personnes âgées ici depuis la disparition du communisme.

J'ai pris patience, parce que je n'ai rien à faire de mes journées et parce que j'avais un gros marché, mais quelqu'un mal disposé avec quelques articles aurait très bien pu tout abandonner là sur le tapis et humilier ce vieil homme. Si je n'avais pas attendu, je n'aurais pas gagné 1czk (dans le rendu de monnaie, il s'est évidemment trompé: il était incapable de distinguer des pièces de 1czk et de 2czk, sensiblement identiques) et je n'aurais pas vécu la scène la plus marquante qui m'a été donnée de vivre depuis mon arrivée dans ce pays. Je n'oublierai probablement jamais ce vieux. A chaque passage en caisse un peu long en France, je m'en souviendrai, inévitablement.

mercredi 28 octobre 2009

Musique à Prague

Même les inconditionnels de métal ou de reggae, par curiosité, vont au moins une fois dans l'année voir un spectacle à l'opéra ou au théâtre, à Prague. La plupart du temps, le choix s'arrête sur un ballet. Ils sont de qualité et très peu onéreux (à 100czk, on a encore une place potable contrairement à l'opéra où il faut compter 300czk-12€ minimun). Les plus réfractaires peuvent au moins reconnaitre que les salles où se tiennent ces grandes messes musicales collectives sont splendides et somptueuses:

1) Le Théâtre National:
Essentiellement des opéras en tchèque ou en russe, des pièces de théâtre étrangères jouées en tchèque et des ballets...


A ne pas rater, parait-il, ces jours-ci: Casse-Noisette:



2) L'Opéra d'Etat:
Essentiellement des opéras en italien et des ballets (concurrence historique avec la compagnie du Théâtre National !).



3) Le Théâtre des Etats:
Surtout des opéras allemands (Mozart et encore Mozart...) et français. Des ballets aussi, évidemment.



4) Le Rudolfinum:
Salle de concerts classiques. Programmation prestigieuse d'artistes tchèques reconnus internationalement (Kozena) ou étrangers (J-G Queyras, Julia Fischer, Albrecht Mayer etc...). Concerts onéreux, du niveau d'une salle française de province voire un peu plus.


A ne pas louper dans les jours à venir: Magdalena Kozena:




5) La Maison Municipale:

Il y a de tout et n'importe quoi. Des horribles compilations pour les touristes, des concerts institutionnels et des concerts de qualité avec des artistes plus ou moins locaux. Mais la salle seule oblige à venir écouter au moins une fois quelque chose:


mardi 27 octobre 2009

Un parmi les autres

Le visage ruisselant, les joues rouges, le corps gras. Les cheveux courts, la démarche bonhomme, des mains d'ours. La parole sèche, l'œil circonspect, l'oreille distante.

Mais quel homme ! Un tchèque, pas comme les autres. Un opticien.

Oui, il est arrivé un malheur à mes lunettes. Il est une race de binoclards qui maltraite plus que les autres ses lunettes: celle qui en a besoin mais pas vraiment tout le temps. De sorte, qu'elle les met sur le bout de son nez, les enlève, les remet... Mais que fait-elle de cet excroissance visuelle quand elle ne l'utilise pas ? Et bien, elle les pose où elle peut. Comprendre: le plus près possible sans avoir besoin de lever ses fesses. Si bien que, douillettement lové dans son lit pour lire la prose stendhalienne, l'intriguant pose ses lunettes sur un bord de couette. Va ensuite mettre de l'eau à frémir (jamais bouillir) pour se concocter un thé. Reviens. Allume son ordinateur. Si loin, si flou. Cherche ses lunettes. Les retrouve. Écrabouillées. Les redresse tant bien que mal. Mais une branche reste récalcitrante et un verre menace de se faire la malle.

L'intriguant, devenu un sac à sottises, se met donc en quête d'un opticien pour lui montrer le fruit de sa fainéantise. Et on tombe sur notre homme. Le gros bourru. A peine a-t-il les lunettes dans sa patte d'ours depuis quelques secondes qu'il comprend le problème et file dans son arrière boutique après avoir lancé à la cantonade "moment". Il revient, après avoir fait couiner divers instruments, et tend la paire de branchages réparée. Et refuse d'un "niet" sec tout paiement.

Ça, c'est du tchèque ! Un tchèque, un vrai tchèque pourtant, comme j'aimerais en croiser plus souvent. Il m'a redonné foi dans ce pays.

samedi 24 octobre 2009

A la recherche de Geneviève de Fontenay

La sortie culturelle et anthropologique du mois ! Par lâcheté ou par sarcasme, j'ai adoubé la demande de mes acolytes de regarder en direct, dans un bar, l'élection de miss République Tchèque. Je ne regrette pas ! Après avoir erré comme trois âmes en peine pendant trois bons quarts d'heure dans Prague pour trouver un bar avec télé et diffusant le programme hautement enrichissant choisi par nous, nous avons enfin trouvé le lieu parfait. Un restaurant-bar italien. Pendant que je mangeais une omelette (ne cherchez pas le rapport avec le côté italien de l'endroit...), les commentaires sont allés bon train ! Pour être précis, si nous trouvions la miss n°3 parfaite, nous affublions la n°11 d'oreilles de dumbo, nous moquions le sourire d'automate de la n°8 et nous regrettions, comme souvent dans ce genre d'événement, les tenues choisies. C'est l'une des miss les plus horribles qui a été élue. Un ami en a pris du levant et du couchant et voulant s'attirer les faveurs d'une serveuse, il lui a demandé ce qu'elle pensait de cette élection. Nous attendons encore sa réponse. On a senti la crinière blonde de la demoiselle se hérisser, on a perçu un râle contenu et on a vu... vu le plus fabuleux "vent" que l'on puisse infliger. Une si parfaite ignorance relève du domaine de l'art. Cette charmante grippe-sous n'a pas daigné répondre. Si ce n'est par un "ninety crowns please". Admirable !

Pour digérer, encaisser même, on peut le dire, cet art tchèque du mépris nous avons repris notre visite du Prague by Night. Nous avons été constamment accostés par des jeunes hommes noirs, qui ne sont pourtant pas légion durant la journée, nous invitant à aller dans des endroits de débauche. Nous avons maintenant une belle collection de cartes ventant les mérites des "lap dance" et "lesbian show"...

L'absence d'animation de la fameuse horloge astronomique de la place de la vieille ville a constitué la dernière déconvenue de la soirée. Il faut se figurer cet immense attroupement de touristes attendant impatiemment le jeu d'automates qui se déclenche à chaque heure. Lequel n'a pas eu lieu ce soir. On a senti courir le bruit de la déception non dissimulée dans la foule. Ce sont les serveurs des restaurants attenants qui ont bien du rire ! Tous ces appareils photos prêts à filmer l'animation braqués vers le ciel... En vain.

vendredi 23 octobre 2009

Faire cours dans une salle de bain, à Prague, c'est possible !

Mon cours sur les protocoles et les usages diplomatiques m'a permis, ce matin, de visiter le ministère tchèque des affaires étrangères. Il est situé dans l'énorme Palais Cernin, ouvrage baroque fermé aux touristes. Une fois la petite troupe d'élèves réunie devant l'entrée monumentale, scannée aux rayons X de la sécurité, nous avons entamé la visite. L'épouse de notre professeur, ancienne ambassadrice et désormais directrice du protocole au ministère, nous a fait une brève présentation de son métier et de son rôle au sein du ministère. Enfin, je crois. C'est que cette charmante dame à grande bouche nous a entretenu de sa trépidante vie en... tchèque.

La visite donc: elle commence par l'escalier qui mène au premier étage. Immense à l'origine, détruit, reconstruit dans les années 30 façon art-déco. Pourquoi pas... Les premiers arrivés à l'étage écarquillent les yeux et ont la langue qui pend ! Mais que se passe-t-il donc ?! Dans quel sublime antre pénétrons-nous ?! Juste sur un palier qui sert de salle de conférence de presse et qui passe donc à la télé au vingt heures tchèque. Je fais semblant d'entrer moi aussi en transe...

Après quelques pièces vieillottes, meublées avec un mauvais goût certain chez les antiquaires du coin et tapissées de croûtes, nous traversons un bureau reconstruit pour recréer l'atmosphère des années 30. Ah ben, je suis bien content de vivre en 2009 moi, hein... Nous passons rapidement devant "les plus belles toilettes de Prague": elles ont vue sur Notre-Dame-de-Lorette, une très belle église, puis nous pénétrons dans la chambre à coucher du richissime qui imagina ce palais. Modeste, terne et toujours faite de bric et de broc. Et enfin ! Une pièce centrale du dispositif de la visite: la salle de bain du palais où fut assassiné Jan Masaryk. Et le prof, tout sourire, de nous annoncer avec une grande auto-satisfaction que "sans nul doute, c'est la première fois que vous suivez un cours d'université dans une salle de bain"... Oui, très cher, aucun doute ! Seulement, même la salle de bain de ma cité U pragoise était plus classe que cette pièce en briquettes vertes et tuyauterie apparente... Nous terminons la visite par diverses immenses salles de conférences, certaines magnifiques avec vue sur les jardins soigneusement entretenus.

Prochaine application pratique de ce cours si iconoclaste: l'ambassade d'Allemagne. Vive impatience !

jeudi 22 octobre 2009

C'est bidon !

Une petite note sérieuse: elle concerne mes cours. C'est du bidon. Le total d'heures définitif est de 7h par semaine. C'est vraiment tuant, hein ? Ça pourrait l'être dans les rêves les plus fous si seulement j'avais vraiment ces 7h par semaine. Eh oui ! J'ai eu royalement 1h20 de cours cette semaine ! Les autres cours ont été annulés ou repoussés. On trouve en arrivant le matin une jolie affichette en tchèque expliquant que non, décidément, ce matin le prof n'a pas réussi à se lever. Manque de bol, nous si. Ben oui, parce que quand ils sont là, les profs tchèques, ils arrivent au minimum 10 minutes en retard et finissent au pire le cours 5 minutes avant l'heure dite. L'heure vingt de cours est donc, dans la plupart des cas, réduite à une heure. Ah! leurs bureaux sont tellement, mais tellement loin des salles de cours qu'ils sont forcés d'arriver en retard ces pauvres profs. Tous les stratagèmes sont bons pour ne pas faire cours certains jours: ainsi une prof ne fait cours qu'une semaine sur trois pendant 4h au lieu de l'heure vingt hebdomadaire. Une autre, honteuse d'avouer qu'elle a autre chose à faire la semaine prochaine que de nous faire cours, nous donne un travail à faire à la maison à la place. Une autre encore, qui meuble déjà ses cours en diffusant des vidéos Youtube, remplace son cours par une projection de film en tchèque...

Soyons chauvins ! Le seul cours qui commence systématiquement à l'heure et qui finit toujours en retard est un cours donné en français, par un français. Et puis, au moins, durant ce cours-là, on ne pense pas à la chanson de Souchon qui illustre très bien les cours en anglais:

"Elle me parlait anglais tout le temps
Je lui répondais deux trois mots bidon
Des trucs entendus dans des chansons
Consternation"



mercredi 21 octobre 2009

Les petits bonheurs du jour


1) Prendre mon tram fétiche

Ah ! Le tram Pedigree ! Tout aux couleurs de la marque de pâtée pour chiens. L'intérieur est tapissé de publicités et les sièges sont aussi de ce jaune si convivial, si festif ; on a l'impression de s'assoir dans une écuelle dont on serait les croquettes. Ça me ravit et je suis toujours un peu foufou quand je prends cette rame qui contraste tellement avec la pâleur des usagers...



2) Habiter un bel immeuble

La joie d'arriver à destination et d'apercevoir au loin mon immeuble, aux couleurs sages mais à l'architecture un peu recherchée. Satisfaction d'habiter un bel endroit.

lundi 19 octobre 2009

Un mois

Nous sommes le 19 octobre (déjà !), je suis arrivé à Prague le 19 septembre. Cela fait donc un mois que je hante cette ville, bon gré mal gré. Le déplaisir de quitter mon petit cocon aixois s'est estompé au fil de ma découverte de ce que va être ma nouvelle vie. Une vie rythmée de visites, de voyages, de découvertes. Je crois que je m'oriente vers une année culturelle plus que festive. Prague s'offre à moi peu à peu, la France vient consoler mes heures creuses (et on se prend à dépenser des fortunes à l'Institut Français de Prague, qu'on loue tous les jours d'avoir eu la bonne idée d'exister) et je projette plusieurs voyages à l'étranger (Vienne, Bratislava, Rome, Venise, Padoue, Trévise, Berlin, Le Caire, Budapest sont une valeur fixe de mon cahier des charges Erasmus).


On l'aura compris en lisant mes précédents gribouillages, les tchèques ne sont pas un peuple qui attire ma sympathie. Si les slovaques semblent avoir la préséance en matière de roublardise, les tchèques l'ont en froide aigreur. Jamais ils ne suscitent l'envie d'aller à leur contact. Pour cette raison, et parce que le mode de vie tchèque n'est pas le mien, je n'aurai aucune envie de m'installer dans cette ville, dans ce pays si l'opportunité m'en était donnée à l'avenir. La vie y est douce pourtant, parce que j'y suis étudiant et que je n'ai qu'à être oisif. Mais la vie y est dure pour tous ceux qui travaillent (40h par semaine pour 876€ en moyenne par mois). Prague est belle, vivante mais cela semble être le fruit de l'histoire. Tout repose sur ce qu'ont produit les anciens. Les nouvelles générations semblent incapables de faire avancer ce pays. Si rural et traditionnel dès lors qu'on s'aventure aux alentours de la capitale.


Mais peut-être Prague n'est-elle jamais aussi magique que de nuit, je vous en laisse juge avec ces quelques photos prises du fameux pont Charles, un vieux pont tout gris qui concentre tout ce que la terre porte de touristes...



dimanche 18 octobre 2009

Billet du dimanche (2): Les vieilles et l'automobile

Résurgence du communisme ou simple fait de société, les seniors comme on dit chez nous, n'ont pas de peine à trouver un emploi en République tchèque. Notamment dans des enseignes capitalistes de la grande distribution. Par exemple, sur 15 caisses que compterait un supermarché, 10 sont occupées par des dames ayant largement passé la barre de la soixantaine. Et comme si elles gardaient une certaine répulsion à être intégrées dans un modèle qui n'est pas celui dans lequel elles sont nées, elles ne flattent pas le client. Rarement un bonjour, jamais un au-revoir. La monnaie balancée à la volée. Elles se dépatouillent souvent avec difficulté avec leur caisse électronique et aiment bien se faire supplier pour donner un sac en plastique.
Ce sont aussi des mamies qui sont les gardiennes des musées. Ça m'avait particulièrement frappé le weekend dernier où j'avais visité 3 musées en deux jours. Elles ne parlent pas une broque d'anglais, même dans les musées les plus touristiques, elles ont toujours ce visage crispé d'aigreur envers les étrangers et sont souvent clairement incompétentes pour la tâche de surveillance qui est la leur.

Si les vieilles ne conduisent pas, c'est en effet l'apanage des jeunes gens, on n'a guère de mal à voir des rues encombrées à Prague. Et la marque nationale, Skoda, peut se targuer de rafler 90% des ventes, à mon avis. Parfois, dans un bouchon, vingt voitures sont du même modèle Fabia, seule la couleur change. Et les autres voitures sont aussi des Skoda mais d'un modèle plus gros ou plus petit. C'est amusant. Pour les 10% restants, nous avons affaire à des Volkswagen ou des BMW. Simplement évident.

Billet du dimanche (1): Sport et odeurs...

Le métro est, où que l'on soit, une ville dans la ville. Les gens qu'on côtoie dans ces dédales sombres, humides et odorants, ne sont pas tout à fait représentatifs des vrais gens qui peuplent Prague. Ils sont notamment plus jeunes. Qui dit jeunesse, dit sport (sauf cas particulier...). Un sport semble très prisé dans les contrées tchèques: le hockey. Chaque jour qui m'impose de prendre les transports en commun, je croise un jeune homme avec une ou deux crosses de hockey. C'est très curieux, tant ce sport n'est pas du tout populaire ou à la mode en France (pour ce que j'en sais). Ça ne manque jamais de m'étonner et c'est une petite information niaise que je voulais partager. Et si la jeunesse sportive n'est pas forcément la plus (mal)odorante, le métro est un lieu où l'odorat peut s'exercer sur toute la palette olfactive: du meilleur au pire. Le meilleur, tout en étant un peu pénible à la longue, ce sont les odeurs de viennoiseries qui embaument chaque bouche de métro, n'importe laquelle ayant une boulangerie souterraine. C'est souvent agréable. Le pire, ce sont évidemment les SDF qui viennent s'assoir à côté de vous dans le métro. Mais ce sont aussi ces gens bien sous tous rapports et qui, parce que ce n'est pas dans les mœurs tchèques, ne prennent pas de douche avant de partir au travail ou tout simplement une douche un jour sur deux, ou trois.

Un ami de ma colocataire brésilienne, apparemment dragueur invétéré, à force de déconvenues hygiéniques, en est venu à demander à toute tchèque qui lui propose de monter prendre un dernier verre si elle a pris une douche dans la journée (matin ou soir). La réponse est négative dans les deux tiers des cas ! A méditer...

Quand les cathédrales parlent le morse

Après avoir été aimablement et simplement invité au restaurant par ma colocataire allemande hier soir, avec laquelle j'ai soutenu une conversation hilarante en anglais et en espagnol, je me suis levé à 5h du matin pour attraper un car à 7h, en direction de Brno. C'est la seconde plus grande ville tchèque, elle compte plus de 320 000 habitants (et nous nous demandons encore où ils sont, pour de vrai). Quand nous arrivons, mes compères français, deux amis polonais et moi, nous trouvons une ville morne et triste. Tous les immeubles ont des façades étincelantes et aux couleurs vives mais l'ambiance est de l'ordre de l'énigmatique. Nous devons cédé à quelque enfantillage pour nous donner l'envie d'arpenter cette ville. Ainsi, Quentin dans ses oeuvres:

Après ce rafraichissement moral, nous entamons la visite. Nous parcourons le célèbre marché aux légumes de la place de l'hôtel de ville et nous goutons à quelque boisson alcoolisée à base de pommes. S'ensuit la visite de la cathédrale qui surplombe la ville. Audacieuse construction de type gothique flamboyant:


Nous nous hasardons à pousser la porte de la crypte, que nous choississons de visiter en payant l'entrée, des plus onéreuses (10ck... 30 centimes d'euro...). L'endroit est saintement gardée par une tchèque mal dégrossie qui tripatouille avec peine un ordinateur et qui finit par mettre en route un diaporama à l'image de la ville: énigmatique.


Nous nous baladons ensuite au hasard des rues, mangeons dans un KFC (honte sur nous) et nous reprenons nos visites. C'est ainsi que l'on atterrit dans une autre cathédrale. Manifestement squattée par des SDF qui rançonnent, de façon assez vindicative, les visiteurs. Et je me hasarde à prendre des photos malgré l'interdiction. Cachée entre deux bancs, j'en prends quelques unes. Et un malheur se produit: le flash se déclenche. Je prenais les voutes en photo, l'appareil produit son éclair et comme si la cathédrale comprenait le morse, elle me répond: une alarme, une sirène stridente retentit dans tout l'édifice. Aïe aïe aïe !! Le flash a fait réagir quelque détecteur et maintenant la cathédrale hurle à la mort, je suis fait comme un rat ! L'air de rien, je m'éloigne du lieu du crime et je parviens à sortir sans encombres. Voici la photo qui me valut tant de souffrances:


Nous avons ensuite visité le château. Une visite sans fin. Le château abrite de nombreuses geôles et les matons sont des femmes: les diverses expositions sont gardées par une tripotée de mamies (comme tous les musées et supermarchés en République Tchèque) qui ne savent dire que "tickets ! tickets!". Nous avons du montrer patte blanche 6 ou 7 fois pour le seul et même unique musée... Nous avons été pris par le temps et la visite des sous-terrains s'est transformée en course poursuite. La boucle était bouclée: nous avons fini la journée par des sottises. Quentin, encore dans son art qui est le sien, tel Fantomas courant dans les catacombes:


(PS: des photos plus à même de montrer la beauté de cette ville seront bientôt sur FB)

jeudi 15 octobre 2009

Coordonnées (et non pas cordonnier)

Si vous avez une pensée émue pour moi, faites moi la donc parvenir couchée sur un beau papier, lui-même tendrement glissé dans une belle enveloppe et postez le tout à cette adresse:

Krymska 2
Vrsovice 126
Praha 10

(" Ouh ! Alors coordonnées ! Coordonnées ! C’est quand même pas compliqué de dire coordonnées en plus… Coordonnées, et non pas cordonnier, alors ça ne veut rien dire, hein ! Laissez moi vos cordonniers, ça n’a pas de sens, donc on est bien d’accord, coordonnées, coordonnées !")

mercredi 14 octobre 2009

Les petits riens...

...qui font qu'on aime une journée qui s'annonçait monotone. Une confirmation de vol Air France à faire par téléphone ne semble être rien de compliqué. Sauf quand les caprices de la technologie s'en mêlent: mon portable français refuse d'appeler le numéro indiqué. Mais toute médaille à son revers et voici qu'entrent en scène les merveilles de la technologie: un petit appel Skype au bisounours qui me tient lieu de père et le voilà qui se charge de cette ingrate tâche. Et j'ai constaté qu'il l'avait menée à bien. La vie est plaisante !

Après cette corvée matinale, je filais prendre le tram pour un nouveau cours et je me croyais grandement en retard: 10 minutes au bas mot. Et de regarder mon petit post-it pour me remémorer la salle où se tenait le cours. Et m'apercevoir que le cours avait lieu non pas à 10h30 comme je le croyais mais à 10h50. Être non plus en retard mais en avance. Ce qui sied mieux à mon teint. Une petite surprise bienvenue !

En rentrant de ce cours fort charmant, je m'assois par hasard à côté d'un monsieur cramponné à une petite valise. Il arrive manifestement tout droit de l'aéroport. Là encore, une petite touche d'inattendu: il lit le Monde de l'Éducation. Je confesse sans rougir (le froid me rend rouge naturellement dans tous les cas) que j'ai lu abondamment par dessus son épaule. Ce que le monsieur n'a pas manqué de remarquer. J'avoue ne pas avoir eu le courage de lui glisser un petit mot en français pour lui dire merci d'avoir apporté avec lui un petit coin de France.

La neige nous a effleuré de sa douceur ce matin. Heureusement, elle ne tient pas. Le froid semble durablement installé, lui. Qu'il se cramponne ! Je jouerai autant qu'il le faudra du thermostat du chauffage placé, à bon escient, dans ma chambre !

dimanche 11 octobre 2009

Saveurs Pragoises

Quand il pleut et qu'on est dimanche, on mange. C'est mal. Ça l'est d'autant plus qu'on y prend moins de plaisir que ce qu'on en espérait. Pourtant, un soin tout particulier avait été apporté à l'achat de valeurs culinaires fondamentales. Hélas trois fois, le transport ou le goût tchèque pervertissent les saveurs de nos bons produits français. Tout content d'en débusquer un pot, j'avais acheté de la moutarde Maille à l'ancienne (celle avec des grains de moutarde). Elle a la même couleur que la française, le même emballage mais pas le même goût ni la même texture ! Elle est d'une fadeur ! On peut la manger à la petite cuillère tellement elle est adoucie par rapport au modèle français. Obligé de badigeonner abondamment la viande pour ressentir un tant soit peu le piquant recherché. Première déconvenue. Chic ! Me suis-je dit, je vais me rattraper sur mes biscuits préférés: des Pim's à l'orange. Cruelle désillusion ! Là aussi, ce n'est plus qu'un biscuit spongieux, mou au chocolat fade et à la marmelade rocailleuse (je ne sais pas pourquoi, j'ai eu envie d'écrire ce mot). Et dire que j'avais déjà essuyé la veille un outrage: la Danette au chocolat. Ici, elle est comme un camembert au lait pasteurisé alors que la Danette au chocolat française serait un camembert au lait cru: un pastiche. A l'oeil, on perçoit la différence: un truc qui se tient bien limite moussu alors que l'authentique Danette est perdue au fond du pot, crémeuse mais laide à voir. Là où la Danette française est d'un marron intense, la Danette tchèque est délavée. Là où on a du goût sucré et bien chocolaté, on a un goût absent et vaguement cacaoté. Ils vous feraient regretter d'acheter français, ces sapajous de tchèques ! En lieu et place des Pim's, il est bien possible que je craque encore (ce ne sera que la troisième fois) pour un de ces immenses paquets de biscuits à la cuillère vendus à 13ck (50 centimes d'€): imaginez des petits biscuits ronds semblables à l'hostie distribuée aux fidèles bigots de la sainte Église catholique (oui, çà, c'est une dédicace puérile et malhonnête à mes chers amis romains qui me manquent tant que je dois les conspuer à distance) doucement sablonneux et vaguement mous avant même d'avoir pris l'humidité. Je les adore et je m'en goberge avec le café que j'ai la flemme de me faire. Oui, je vous le dis, un dimanche pluvieux à Prague est quelque chose d'indescriptible et de profondément douloureux. Seigneur, ayez pitié !

samedi 10 octobre 2009

Les musées pragois (1)

Hier, visite du musée Franz Kafka. Situé dans une petite maison, c'est un musée qui retrace la vie et l'œuvre de Kafka à travers des témoignages, des photos et des manuscrits. C'est relativement intéressant et assez ludique. L'ambiance est toutefois un peu pénible: toutes les fenêtres sont condamnées et on se promène dans une ambiance musicale un peu pesante, éclairé ici ou là par quelque spot. La boutique de souvenirs propose des tee-shirt assez sympas (comprendre: avec des couleurs criardes) où sont reproduits des dessins de Kafka.

Aujourd'hui, visite du musée de la musique de Prague. Il est situé dans un immense palais entièrement restauré.


Je suis arrivé à la fin d'un concert sponsorisé qui donnait lieu ce jour-là à l'entrée gratuite. Je n'ai donc pas délié bourse. C'est très moderne: bornes d'écoute dans chaque pièce et mise en valeur claire des instruments. Il y a une collection assez incroyable de violons italiens baroques mais les claviers ou les bois sont un peu moins gâtés. Quoiqu'on trouve toujours des instruments surprenants. La visite est vite expédiée faute d'explications et d'historique sur les instruments présentés. Mais ça m'a fait une sortie dans ce morne samedi pragois.

jeudi 8 octobre 2009

Retour aux études...

J'ai fait ma rentrée hier et aujourd'hui (mieux vaut tard que jamais!). Le bilan est mitigé.
Le cours "Popular Use of television" (l'équivalent tchèque de "Médias et Société") est doucement ennuyeux: la prof parle anglais de façon tellement monocorde ! Heureusement qu'elle saupoudre son cours d'extraits de films et séries tchèques... Sinon, rien de nouveau sous le soleil, il n'y a qu'à traduire le cours de Drouot !
Le cours "Usages et protocoles en France", donné en français, est prodigieux ! Le prof est le mari d'une ambassadrice... Autant dire qu'il passe ses soirées, ses semaines, ses vacances avec les grands de ce monde ! Du coup, il en connait un rayon sur les usages et les protocoles. Ce premier cours a été un magnifique rappel d'un guide du savoir-vivre. On connait déjà toutes les bonnes manières à table, au restaurant, au théâtre... On sait désormais comment faire un baise-main, se présenter, se faire des amis pour la vie rien qu'en disant bonjour... C'est du pur délire !
Évidemment, enchainer avec "Presidency leadership: the US realities" est un peu dur. Mais comme ce ne sont que des redites du cours de Politiques Comparées, ça ne demande pas trop d'efforts. On a disserté en long et en large sur les qualités requises pour être élu président aux states.
Enfin, le cours "Public International Law" est sympathique. Mais là aussi, il suffit de se reporter au cours de Droit des RI et le tour est joué. D'autant que l'examen final n'est qu'un travail à la maison.

Puisqu'on en est aux choses sérieuses, un mot sur l'Institut Français de Prague. Un havre de paix francophone dans cette jungle hurlante. Une médiathèque assez bien pourvue, une librairie proposant seulement des livres en français (j'ai craqué pour le premier tome des aventures du Comte de Monte-Cristo en prévision des longues soirées d'hiver !) et tous les journaux, magazines en libre accès (même une revue peu recommandable destinée à une minorité). Et le tout dans un cadre moderne avec un café de type parisien. On y trouve des croissants et des pains au chocolat savoureux (mais pas autant que ceux du Paul situé de l'autre côté de la Vlatva).

mercredi 7 octobre 2009

Miam miam !! (ou pas)

Commençons par un point important pour tout bon français: le pain. Certes, on ne trouve pas de bonnes baguettes à la française à Prague. Mais on trouve toutes sortes de pain plutôt bons. Ils sont juste mous et se rapprochent un peu trop du pain de mie. Mais il y a de quoi survivre de ce côté-là.

Pour le reste, c'est plus confus. On fait vite une overdose de goulasch. On digère bien le fromage pané la première fois ; pas la seconde. On apprécie l'inattendu d'un yaourt à la liqueur moins la fadeur du beurre local. On se méfie (à raison) des douceurs qu'on trouve à tous les coins de rue, on cherche et on trouve sans trop de peine une bonne confiture et une bonne moutarde. On regrette toutefois durement les fruits et légumes français. Outre le peu de variété proposée, ils sont d'une qualité médiocre. Ceux de Carrefour ou Casino, en France, font rêver à côté... La charcuterie n'inspire pas confiance et trouver de la viande rouge de qualité relève de la gageure... Seuls les blancs de poulet sont recommandables.

Le meilleur des restaurants tchèques (une amie franco-tchèque me l'a confirmé), ce sont... tous les plats étrangers ! Pâtes, spécialités mexicaines, pizzas (ah non pas les pizzas)... Mais pour le prix que tout cela coûte, on arrête de faire la fine bouche !

mardi 6 octobre 2009

Comment être une fashion victime à Prague ? (bis)

Avoir un look urbain un tant soit peu habillé (juste un pantalon noir, une chemise et une veste ; la base de mes tenues aixoises) à Prague n'est pas recommandé. On vous regarde de travers dans la rue, vous vous sentez donc en décalage. Surtout, on vous identifie immédiatement comme étranger, ce qui n'apporte aucun avantage, bien au contraire. Cette reconnaissance visuelle permet en effet aux contrôleurs du métro de vous sauter dessus à chaque occasion. C'est pourquoi, pour un peu que je prenne les transports en commun dans la journée, je suis généralement contrôlé deux à trois fois par jour.

lundi 5 octobre 2009

Comment être une fashion victime à Prague ?

En partant pour Prague, je me suis démené pour faire rentrer dans ma valise une bonne paire de chaussures, en prévision de l'affreux froid qui me semblait être le lot de cette ville. C'est peut-être l'effet "été indien" mais les tchèques ne sont pas du tout adeptes de ce genre de chaussures. Ils préfèrent largement porter des sandales. Et pour ne pas avoir froid, les porter avec une bonne paire de chaussettes en laine. C'est d'un chic, c'est in. Les anglais ont du soucis à se faire !

Krymska Palace

Et voilà ! Mon déménagement est terminé, je suis d'ores et déjà installé dans ma belle chambre:







J'ai à ma disposition une belle cuisine:



Et une belle salle de bain:

samedi 3 octobre 2009

Tous les zoo de la terre

"Voulez-vous que nous allions au zoo? − Au zoo? Et qu'est-ce que nous y ferons? − Nous regarderons les bêtes et elles nous regarderont" (Beauvoir, Les Mandarins).


Aujourd'hui, deux amis et moi sommes allés au zoo de Prague, un des plus beaux en termes de cadre et de variété d'espèces. C'était une magnifique journée d'automne au doux soleil. La promenade a été particulièrement agréable et sainement fatigante. Mais toujours une certaine tristesse et honte à voir des animaux manifestement malheureux et perdus dans cet environnement. L'ours blanc tourne en rond, un putois refait le même trajet pendant des heures sans s'arrêter.

C'est étrange mais hier soir et surtout ce matin, je me suis senti comme un de ces animaux: observé avec condescendance. Hier soir, quand je visitais pour la première fois la colocation dans laquelle j'ai, au final, choisi d'emménager. Celui qui quittait la colocation (et qui est aussi le propriétaire de l'appartement) et la brésilienne qui va être une de mes colocataires m'ont jaugé, observé, taquiné. J'ai du encenser le thé brésilien, si aimablement offert. J'ai du approuver servilement les "basics rules". Ce matin fut plus terrible: je croise très rapidement ma seconde colocataire, une allemande tel qu'on peut imaginer les allemands. Quelques mots échangés en anglais et le propriétaire de l'appartement de dire "he's french" en guise de conclusion. Affreux petits sous-entendus et petits sourires narquois. Là, je me suis senti comme l'animal du zoo: regardé comme une petite chose curieuse et un peu conne.

vendredi 2 octobre 2009

La prostituée et son chien

Un titre pareil pourrait faire grimper mes statistiques si mon blog était référencé quelque part... C'est juste un condensé de vie. La prostituée, c'était ce matin: rendez-vous à 11h pour visiter un appartement. L'agent immobilier me prévient d'un retard: elle ne sera là que 50min plus tard: "at eleven fifty". A l'heure dite, j'attends devant l'appartement. Une jeune fille attend également: habillée comme une prostituée. Talons hauts compensés, cigarette mentholée, petit sac brillant, pâte à mâcher (et vas-y que je fais des bulles). 5 min passent... 10... Je finis par me demander si ce n'est pas elle l'agent immobilier. Un doute immense m'envahit... 5 min passent encore... Je commence à vraiment flipper: je vais faire une visite avec une fille qui semble blasée de tout. Ouf! Elle prend ses talons à son cou et se débine. J'appelle l'agent immobilier: "ah mais non, vous êtes une heure en avance, j'ai dit à "eleven fifty"". Une alternative s'offre à moi: soit cette femme se fout de ma gueule, soit c'est une truffe en anglais. Je prends mon plus bel accent pour lui expliquer, presque calmement, que c'est "eleven fifty" et que dans une heure c'est "twelve fifty". Et qu'elle a intérêt de ramener son cul rapido presto. Elle baragouine en tchèque et 10 min plus tard, elle était là. L'appartement était beau, superbement équipé mais trop bruyant.

Le chien, c'était hier après-midi. Entre deux coups de fils à des agences immobilières, je me suis mis à chercher un petit boulot sur internet. Et la première annonce à retenir mon attention s'intitule "dog walker". Il s'agit de promener un "small dog" trois fois par semaine pendant 15 min à 10h du matin. Et c'est payé 15€ la semaine. Outre que je n'étais pas libre le jeudi matin, que me lever à 10h me faisait vraiment chier, la promenade était surveillée par caméra. J'ai eu peur que ma haine des chiens ne soit enregistrée pour l'éternité sur une bande vidéo. Je n'ai pas postulé: call me a coward.