mardi 29 septembre 2009

Les tchèques, les vieux et la politesse

Petite note, en écho à mon futur cours sur les protocoles et les usages en France, consacrée à la politesse vue par les tchèques. Ils vouent un culte aux vieux. Et ceux-ci en profitent comme de droit. Ils sont tout puissant dans les transports en commun: une tête un peu grisonnante à l'horizon et tout le monde se dispute pour lui laisser sa place. Et s'il ne reste plus qu'une place de libre, les vieux se disputent entre eux. On assiste à des courses de rapidités entre ivrognes séniles et armés de béquilles.

Ce n'est plus le cas à Paris mais ici on attend patiemment que les gens sortent du métro ou du tram avant de s'y engouffrer. Et vous savez quoi ? C'est bien plus rapide et agréable pour tous que la cohue bagarreuse parisienne !

Ca méritait d'être signalé.

samedi 26 septembre 2009

Pour être, besoin d'étai

J'ai toujours gardé souvenance de cette phrase de Georges Perec. Elle m'est revenue cet après-midi alors que j'étais plongé dans mes songes. Je me suis perdu à Prague, j'ai perdu de vue mon moi d'Aix-en-Provence et de Montpellier, mon moi français. J'avais trouvé un équilibre qui ne semble pas être viable ici. Je dois me réinventer. Il me faut donc trouver des bases sur lesquelles m'appuyer. Choisir les piliers sur lesquels faire reposer ma vie pragoise est un choix cornélien. Quelle vie préférer pour cette année ? Se gargariser de culture tchèque, pragoise et européenne (voyager à Vienne, Bratislava, Berlin, Dresde, Cracovie, Brno, Rome) ou modèrer des ardeurs culturelles pour se laisser aller à la fête déraisonnable ? Prendre des places pour des concerts toute l'année, acheter un abonnement à la médiathèque de l'Institut Français de Prague, se lancer dans un atelier d'écriture (pour améliorer la qualité de ce blog...) ou vivre au jour le jour en prenant le risque de le laisser se remplir d'ennui ?

Je ne sais pas. Je crois que je ne saurai jamais.

vendredi 25 septembre 2009

Un peu d'anthropologie...

Je fais un peu de sociologie de terrain en réaction au vide intersidéral de mon emploi du temps (5h et des poussières de cours par semaine, réunis sur deux jours). Comment sont les tchèques ? Eh bien, ils ne sont pas très grands, assez mal habillés et assez renfrognés. Ils sont un mélange de rusticité et de chaleur humaine savamment dissimulée... Peu enclins à parler anglais, ils ne sont pas particulièrement accueillants avec les étudiants Erasmus. Quelques faits étranges: l'alcoolisme est réellement présent dans une couche assez épaisse de la population: les personnes âgées semblent particulièrement touchées. D'autre part, on est confronté fréquemment dans la rue à des gens qui présentent un handicap mental évident ou à des gens atteints de tocs sévères. Enfin, parce que je mets l'aggravation de mon état acnéique sur cela, les gens sont bien plus acnéiques qu'en France, notamment à des âges avancés.

jeudi 24 septembre 2009

Prague en dix numéros

Un titre un peu ridicule en référence aux dix arrondissements de Prague qui reviennent en permanence dans les recherches d'appartement. Tous ceux qui restent pour une année complète (20% des Erasmus) et non pour un seul semestre(80%)s'y mettent. Les quartiers du centre sont prohibitifs, ceux en banlieue carrément donnés. La perle rare se situe donc entre les deux, pas cher et pas loin. Mais c'est très difficile de trouver un appartement équipé (obligatoirement avec machine à laver et internet), en bon état et pas trop cher. Où que l'on se renseigne se retrouvent les mêmes annonces. C'est rébarbatif.

Depuis la grosse soirée de mardi soir, la vie est calme (quoique, cette nuit, des anglais hurlaient à tue-tête "fucking Hostivar" sur la musique de We will rock you). Les gens restent à Hostivar tranquillement pour surfer et se ressourcer avant la nouvelle grosse soirée de ce soir. J'ai retrouvé le sourire après quelques moments un peu durs (je suis un grand sentimental en amour et un grand sensible en amitié) en regardant une série espagnole à la con, en écoutant les sketches toujours hilarants de Muriel Robin et en parlant à droite à gauche avec des inconnus pris dans les mêmes tourments.

mercredi 23 septembre 2009

Entre ciel et terre

Après la réunion d’informations du lundi matin (située à 1h20 de tram + métro du dortoir), nous sommes allés manger en ville. Réminiscence de mes vacances à Rome peut-être encore une fois, on s’est finalement décidé pour un Italien. J’avais lu ici ou là que les serveurs arrachaient l’assiette une fois la dernière bouchée avalée, et je dois avouer que c’est vérifié. L’après-midi a été consacré à la recherche d’un forfait mobile tchèque (chez Vodafone, of course). Si tous mes compatriotes avaient des mobiles non bloqués à l’international, ce n’était pas le cas du mien et j’ai du acheter un mobile (pour 25€) après être allé dans une arrière court glauque et inquiétante pour tenter de faire débloquer mon portable français (en vain).

Mon colocataire slovaque (de son petit nom Youri) ne rentre jamais avant une 1h du matin. Mais j’ai mis à mal l’image qu’il avait de moi en rentrant bien plus tard que lui lundi soir (après une virée dans un des endroits les plus glauques de Prague, j’ai nommé le Roxy). Je n’ai pas hésité à prendre ma douche (indispensable car la cigarette est la bienvenue où que l’on soit à Prague).

Ce matin, les inscriptions ont eu lieu. Elles se sont suivies d’une visite guidée dans un des parcs de la ville où ne restent que des ruines d’un château du Xè siècle. Nous avons visité un cimetière où se trouvent les tombes de Smetana et Dvorak. Pour retourner au centre de Prague nous avons préféré le bateau au métro. Le soleil était éclatant et très chaud (malgré un smog persistant). Encore une fois, nous avons craqué pour un italien (j’ai surveillé ma ligne en commandant une grosse salade plutôt qu’une pizza).

Petite sieste à Hostivar (le doux nom du trou du cul du monde où nous logeons ; prononcez « Hostivache ») et tentative de faire fonctionner internet. Les codes fournis marchaient pour tout le monde sauf pour moi. Mais à force d’obstination (et peut-être les bonnes ondes du père professeur d’électronique envoyées par GSM ; certains savent que mes ondes à moi ont tendance à contrarier les appareils électroniques du type appareil photo ou ordinateur portable), j’ai réussi à me connecter (et à retrouver le sourire).

S’en est suivi une soirée de bienvenue aux Erasmus dans « le » club pragois : un bel endroit ouvert en plein sur la Moldau et sous les arcades du pont Charles. Soirée très agréable avec des Mojito à 100kc (3,75€) et des bières à 25kc (moins d’1€). Nous sommes rentrés à 5h (mon slovaque est rentré à 6h) et nous nous sommes tous endormis dans le tram de retour (35 min de trajet…) nonobstant un contrôle par un type effrayant (les contrôleurs sont un peu en free-lance ici, tels des chasseurs de prime, et se payent directement sur les amendes qu’ils mettent d’où leur volonté d’emmerder les gens à 5h du matin) qui a spolié 700kc (25€) à une amie belge.

lundi 21 septembre 2009

Le général et le particulier

Mon colocataire est rentrée de sa chasse à la gueuze vers 1h du matin, j’étais déjà endormi… Du coup, pas de scrupules à mettre mon réveil à 8h30. Je suis donc parti vers 9h pour mon premier périple dans Prague. Je suis sorti du métro dans le quartier juif et je suis tombé nez à nez avec le « Rudolfinum », salle de concert : les oracles de la musique ont parlé. En ce dimanche, les synagogues et le cimetière juif étaient fermés. Je me suis donc dirigé vers la vieille ville. Horloge astronomique, églises (j’ai même assisté à une messe… non, non, ce n’était pas du tout pour consulter mon guide au chaud avec un fond d’orgue), pont Charles etc…


J’ai traversé la Moldau pour me rendre dans le quartier qui m’attirait le plus : celui du Château de Prague et le « petit côté ». L’ambiance est moins touristique, moins Disneyland que la vieille ville mais tout aussi enchanteresse. Jardins sublime –un écureuil a fait mon bonheur pendant 5 min en courant à l’aveuglette dans les pelouses-, palais imposants –j’ai assisté par le plus grand des hasards à une revue militaire en musique- et belles églises. Il y a un peu plus bas, un immense parc public avec un funiculaire qui mène à une tour d’observation qui ressemble à la tour Eiffel. Je rêverai de trouver un appartement dans ce quartier.


J’ai retraversé le fleuve guidé par une étoile musicale : le théâtre national. Ben, pour le coup, c’est bien plus beau en photo ! Il y a pas mal de monuments qui me font le même effet : Prague est une ville magnifique dans l’ensemble –l’ambiance dégagée par tout cet amoncellement de merveilles architecturales est prodigieuse- mais moins virevoltante dans le particulier. Quoique:




Je me suis ensuite promené aux alentours de la place Venceslas où domine l’énorme Musée National. C’est un quartier où on peut faire du shopping. Personnellement, je me suis contenté d’acheter un « hot-dog » tchèque : une saucisse gouteuse dans un petit pain avec une sauce au choix. Pas très digeste à première vue mais c’est très très bon. Ajoutez à ça une grande boisson et vous avez un repas bien consistant pour 80ck, 2,5€.


Ce grand tour de Prague sans rien visiter de spécial était destiné à me donner une idée du fonctionnement de cette ville et de son agencement. Vu le foisonnement de choses que j’aimerais explorer, je crois que j’ai fait un excellent choix pour passer une année complète à l’étranger.

Les paris sont ouverts

Parti de Marseille en direction de Bruxelles avec 45 minutes de retard, j’ai effectué mon changement d’avion pour Prague sans problème dans le magnifique aéroport bruxellois. En survolant la Belgique, on a une impression de calme, d’ordre et de propreté… Etrange pays…

La descente en avion sur Prague m’a offert une vision différente : une immense forêt de sapins avec quelques maisons perdues ici ou là. Et d’un coup, l’aéroport, tiré au cordeau, de Prague (pas le bordel de Fiumicino quoi). Le temps de faire un peu de change, de récupérer ma monstrueuse valise, j’ai expérimenté les bus tchèques. Ma foi, après les fous du volant à Rome cet été, j’ai trouvé les chauffeurs pragois un peu atones ! Le métro –made by Skoda !- est lui aussi très calme et très propre. Comme dans tous les grandes villes aux longs trajets, regards perdus et mines tristes des usagers.

Et puis… L’arrivée au dortoir où m’a été allouée une chambre. Ca vaut son pesant de cacahuètes ! Réceptionnistes dignes des athlètes féminines communistes des années 70 et pas aimables pour un sou… Porte de la chambre complètement taguée : je vous mets une petite photo :



Ampoules grillées, j’écris dans le noir, chaises cassées… La vue donne l’illusion d’être intéressante mais comme ce dortoir est perdu dans la garrigue des banlieues, ce n’est qu’un mirage. L’eau coule parfois orange au robinet de la salle de bain… Et ce foutu bruit des tramways qui crissent sur leurs rails…

Mon compagnon de chambrée ne démérite pas non plus : en 5 minutes de conversation, il m’a expliqué qu’il était là pour trouver des gens avec qui faire la fête et pour draguer les filles. Je le crois sur parole, il a tout de suite pris une douche (après m’avoir offert un strip-tease ; son caleçon met bien en valeur ses nombreux bourrelés), s’est tellement parfumé que l’odeur de renfermé a déjà disparu de notre chambre et est sorti pour chasser la gueuze… J’anticipe des conversations de haute volée. En plus, le bougre, n’aime pas trop la France et les français : trop fiers d’eux-mêmes et de leur culture, ils se refusent à parler anglais (vous croyez qu’il a dit ça parce je peine à aligner deux mots dans la langue de Shakespeare ?)… Et Marseille est une ville horrible : trop d’immigrés.

Ainsi donc, comme dirait le père Pena, combien de temps pensez-vous que Romain va survivre dans ce taudis mal fréquenté ? Les paris sont ouverts. Bien sûr, vous pouvez faire des dons pour l’aider à trouver le plus vite possible un appartement digne de ce nom : celui digne d’accueillir le garçon le plus chochotte que la terre ait porté.

mercredi 16 septembre 2009

Un peu d'entrain que diable !

Une journée chargée de bonnes nouvelles et d'enthousiasme pour mon très proche départ. Vous vous dites: il a acheté un bel appareil photo et une belle paire de chaussures en daim et ça le comble de joie. Entre autres, oui... Non, j'ai lu le programme de la semaine d'accueil des Erasmus organisée par l'Université. Et c'est plutôt sympathique ! Lundi et mardi, ils nous aident dans toutes nos démarches administratives liées à la fac et autres tandis que le reste de la semaine semble dédié aux jeux et à la fête. Mardi après midi, visite guidée de Prague; mardi soir, soirée d'intégration; jeudi après-midi, quelque chose qui ressemble à un jeu de piste dans la vieille ville ; vendredi, une excursion aux alentours de Prague de même que samedi, à un autre endroit.

Sinon, une amie d'amie mariée à un tchèque se proposait de venir me chercher à l'aéroport ou de me loger... Je me contenterai d'accepter son invitation à venir diner et son aide pour acheter mes places d'opéra (l'air de rien, tous ces théâtres et toutes ces églises qui donnent des concerts, on s'y perd...). En cas de déprime, voilà un foyer accueillant où parler français (hier, en me promenant dans les rues de Montpellier, je pensais si fort à Prague qu'en regardant une mamie, je me suis dit: "tssssssss, encore une qui va baragouiner en tchèque et je ne vais rien comprendre" ; quelle n'a pas été ma surprise de l'entendre parler français, évidemment...) !

lundi 14 septembre 2009

Ca va mieux en le disant

On assiste depuis quelques semaines, sur FB entre autres, à des décomptes impatients ; on lit des premières impressions dithyrambiques sur le pays d'accueil... L'expatriation, cela semble respirer l'expérience enthousiasmante et le bonheur de vivre !

Pas pour moi. Soyons francs et clairs: je n'ai aucune envie de partir. J'ai l'impression qu'on m'arrache à un bonheur et à une vie quasi parfaite pour m'envoyer dans un endroit, idyllique certes, où je vais devoir me démener et me contraindre pour retrouver cette douceur de vivre. Je sais ce que je perds en partant d'Aix-en-Provence (et de Montpellier) mais je ne sais pas ce que je vais gagner en allant à Prague. Pour une fois que je ne demandais rien à personne et que j'étais satisfait de mon sort, v'lan tout s'arrête. Je suis frustré de ne pouvoir mener à bien de nombreux projets que j'ai sur le feu (ceci étant, si je tombe amoureux de ma vie pragoise, ils seront peut-être bienvenus pour adoucir mon retour en France).

Bon... Ce petit billet d'humeur est écrit, j'en ai pleinement conscience, dans le stress du départ (surtout avec un nouveau pc portable dont la carte Wifi se fait harakiri quand ça lui chante) et la peur de l'inconnu et c'est pourquoi je vais le transformer en un concert de louanges pour ceux qui restent (magnifique film avec Devos et Lindon, d'ailleurs).

Je quitte donc un être cher, des amies plus attentionnées et précieuses les unes que les autres et des parents aux petits soins. A tous, je vous aime et j'ai hâte de vous retrouver.

mercredi 2 septembre 2009

Ca va être simple ça encore !

J'aime l'avion et il me le rend bien... Mon vol, prévu le 17 septembre, n'existe plus. La compagnie devant l'assurer a fait faillite. Alors, s'il-vous-plait, on applaudit bien fort:


Mais pas d'affolement (mais qui peut croire que je suis du genre à m'affoler ?) ! Seules missions imparties: se faire rembourser le vol et le billet de train qui devait me conduire jusqu'à l'aéroport. Chance ! Enfin... Peut-être... Seuls les gens ayant payé leur billet d'avion par carte bancaire sont susceptibles d'être remboursés. C'est mon cas. L'espoir est donc possible!!
Je prie aussi la SNCF de ne pas faire sa tête de mule habituelle et de ne pas me rembourser une misère mon billet en first (on est bo-bo ou on ne l'est pas hein...).

A priori, nouveau départ prévu le samedi 19 à partir de Marseille. A priori...

mardi 1 septembre 2009

La bohème...

Alors qu’à quelques jours de mon départ je m’interroge encore souvent sur mon choix, je me rends compte que partir au cœur de la bohème était tout naturel. Je me veux bourgeois-bohème (même si je n’en ai ni les moyens ni le tempérament) et puis… il y a Charles tout de même !


« La bohème, la bohème

Ça voulait dire on est heureux
La bohème, la bohème

Ça voulait dire on a vingt ans
La bohème, la bohème

On était jeunes, on était fous »


Même si écouter Aznavour vous décrédibilise à jamais (auprès d’idiots inconnus, non auprès de fidèles amis qui se régalent de vos tares), il faut reconnaître que cette chanson colle parfaitement à ma situation. Mais gardons-nous de nous réjouir trop vite : il ne faudrait pas qu’après une année de bohème on donne raison au vieux Charles :


« La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout »


En attendant, écoutons (si, si !) :


Mes parents sont chous

Jamais je n'aurais cru que mon départ à Prague commencerait comme cela: un cadeau attentionné et... empoisonné ! A l'ouverture du joli paquet, le paternel trépignait d'impatience et affichait le sourire satisfait de celui qui a préparé un mauvais coup. Et pour cause ! Mes parents étaient fiers de me rapporter de leurs vacances à Courchevel ceci:


Je suppose que je suis censé porter ces admirables chaussons dans ma non moins charmante cité U pragoise ?
N'oubliez pas d'admirer la magnifique paire de chaussettes en laine qui accompagne ces espèces de moufles pédestres. Désormais, impossible d'oublier mes chers parents à Prague: à chaque regard moqueur et interloqué, je penserai fort à eux. Merci, vraiment, du fond du coeur.