lundi 7 décembre 2009

Messes basses, dénigrement et suspicion

Je range définitivement ma colocataire brésilienne dans la catégorie des gens paranoïaques. Écoutez plutôt...

Hier soir, à l'heure du goûter, elle m'attrape au vol et commence un intense monologue concernant la nouvelle colocataire mexicaine et le propriétaire. Alors que nous n'étions que deux dans l'appartement, elle parle à voix basse en se rapprochant de moi sous la lumière blafarde de la cuisine. Une suite d'élucubrations, de médisances et d'interprétations iniques. Elle s'est persuadée que la mexicaine nous a menti sur son travail, sur sa vie, sur ses raisons d'être à Prague. "Je suis sûre qu'elle a quelqu'un ici, à Prague, qu'elle n'est pas venue pour visiter", "tu as vu comme elle changeait de sujet de conversation sans cesse", "elle n'était vraiment pas claire sur ses relations avec son ancien petit ami, et cet ami d'Amsterdam", "c'est bizarre qu'elle arrive d'Amsterdam, qu'elle y retourne après Prague et qu'elle passe entre temps par Paris"... So what ? Je me suis contenté d'acquiescer en maugréant vaguement. Je me fous de la vie de cette mexicaine que je ne vais côtoyer que quinze jours et je ne vois pas pourquoi je ne serais pas disposé à croire tout ce qu'elle me dit.

Une fois ce sujet de conversation épuisé (et j'ai bien cru qu'il serait intarissable), Andrea a enchainé sur le propriétaire (avec qui elle a vécu dans l'appartement pendant 2 ans tout de même). "Oh, il n'a pas de vrais amis, peut-être 400 sur Facebook mais il ne voyait jamais personne", "il ne sait pas s'y prendre avec les gens", "il a invité un de mes amis, qui était mannequin, à manger un soir, pour le séduire alors que je lui avais dit qu'il était straight", "quoi ? il t'a contacté en prétendant être hétéro ? Il est gay bien sûr, et peut-être qu'en te proposant de louer cette chambre il avait d'autres objectifs !", "il aime trop l'argent et me surfacturait tout les produits d'entretien qu'il achetait"... Blablabla... J'ai pu constater la véracité de certaines de ces assertions mais là encore je me moquait bien de connaitre les détails de la vie sentimentale de Richard.

Toujours est-il que je comprends mieux pourquoi elle s'imagine parfois que j'envahis la cuisine ou je ne sais quoi...

2 commentaires:

Lalka a dit…

Être s'y prendre ? C'est une nouvelle forme verbale ?
On s'amuse bien dans ta colloc !

Kynseker a dit…

Faute corrigée !

On ne s'y amuse peut-être pas mais on ne s'y coupe pas non plus ;-)