dimanche 20 décembre 2009

C'était beau

Se coucher pour somnoler quelques heures puis se lever à 2h. Profiter d'une bonne douche brûlante, finir ses impédimentas et prendre la poudre d'escampette. Absolument magique.

Sortir dans la nuit froide, d'un calme royal. La neige tombe doucement, mes pas sont caressants dans ce lit blanc. Ma valise glisse sans difficulté. Le tramway de nuit est parfaitement à l'heure, bondé par les fêtards enivrés de bruit et d'alcool. Il faudra qu'un jour je vous raconte l'ambiance particulière qui règne dans ces tramways hors du temps... Je suis serein et je me laisse bercer par le doux ronronnement pendant les quelques stations que j'ai à parcourir. Je m'extraie ensuite du cocon surchauffé pour replonger dans les températures glaciales de cette nuit noire et intense. Je me poste à l'arrêt de bus qui va m'emmener à l'aéroport, sous un porche qui me protège des flocons. Ma seule inquiétude est liée aux instruments de musique que je transporte. Ils sont en bois et supportent mal les variations de température. Malgré le pull en laine qui les calfeutre, je crains pour leur intégrité...

Le bus arrive. Au fil des stations, il se remplit joyeusement. De nombreux autres français prennent le même vol que moi en direction de Paris. Je sympathise avec trois d'entre eux. Curieux, ils habitent à une station de tramway de chez moi et nous nous sommes jamais croisés. A l'aéroport, en attendant l'embarquement, on en profite pour faire plus ample connaissance.

L'avion est plein. A travers le hublot verglacé, on voit la neige tomber à gros flocons et l'avion a un manteau blanc immaculé. Il fait un petit tour de piste et se gare pour être promptement dégivré. Le décollage a un charme fou. Les réacteurs aspirent à grandes brassées la neige, on y voit pas à deux mètres. Projecteurs au maximun, le pilote met les gaz. Piste encore enneigée, nuit d'une noirceur impressionnante. C'est absolument magique de s'envoler, de prendre de l'altitude et de la vitesse à travers cet écran de flocons qui fouette la carlingue. Tout le vol se déroule dans le brouillard et la neige.

Si l'arrivée à Roissy et le trajet en train seront pénibles, cette première partie de mon retour me laisse un sentiment de plénitude et de bien-être assez inoubliables. Moi qui suis un grand stressé pour les choses matérielles, j'étais d'un calme et d'une réjouissance intérieure assez rares.

Et j'ai surtout compris que je me suis attaché bien plus que je ne le pensais à Prague, aux tchèques, à ma nouvelle vie. Pour tout dire, j'ai regretté amèrement de partir au moment où Prague devient mystérieuse et métamorphosée par les affres du temps. Ce qui me fait le plus peur, c'est que l'émotion promet d'être difficilement soutenable lors de mon départ définitif en juin. Je me suis dit ça dans le train. Je ne savais pas combien j'avais raison. Oh oui, je ne savais pas...

Aucun commentaire: