mardi 10 novembre 2009

Scène de vie: le coiffeur

Il a bien fallu se jeter à l'eau, je ne pouvais pas indéfiniment laisser mes cheveux pousser sans rien dire. Et donc se mettre en quête d'un coiffeur pouvant s'occuper de ma crinière. C'est là que les ennuis commencent: nombre de salons ne coiffent pas les hommes.

En effet, les salons de coiffure sont très souvent des instituts de beauté réservés aux femmes. Alors si on ne vient pas pour faire de la manucure en plus de la coiffure, on n'intéresse pas la gérante. J'ai fini par en débusquer un.

L'ancienne prostituée qui faisait office de coiffeuse a bien voulu me prendre tout de suite après avoir compris, avec mes gestes prosaïques, que je venais pour une petite coupe. Et j'ai été traité avec égards, moi, l'english de passage.

Un long shampoing avec un très agréable massage du cuir chevelu, ce qui devient rare en France. Une coupe soignée, appliquée, enroulé que j'étais dans un grand drap blanc. Elle a bien vérifié quinze fois que rien ne dépassait, que tout était bien symétrique. Une certaine maîtrise des ciseaux mais ça faisait parfois un peu mal !

Le plus touchant et intrigant s'est produit à la fin: une fois le travail achevé, elle a pris soin pendant une heure de bien m'épousseter. Avec l'espèce de blaireau, comme partout en France, mais pas à la va-vite. De façon très appliquée et très... poussée ! Elle n'a pas hésité à tirer sur mon pull et ma chemise en arrière pour nettoyer dans mon cou et jusqu'en haut de mon dos, sur mes épaules ! Et ensuite, de tout bien remettre en place: bien repasser avec ses mains mon pull pour enlever les plis causés et redonner une belle forme à mon col de chemise.

C'était curieux, pas gênant, seulement imprévu.

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