lundi 2 novembre 2009

Musique militaire

Décevant peut-être un membre de ma famille, je ne me suis pas mis à écouter de la musique militaire... Mais je suis allé voir mon premier concert hier soir au Rudolfinum. J'étais prévenu: les tchèques, habillés pouilleusement (il est pas beau mon néologisme ?) dans la vie de tous les jours, aiment sortir le grand jeu dès qu'il s'agit d'écouter de la grande musique. Et j'ai vu: tous les hommes tirés à quatre épingles en costume-cravate et leurs compagnes en robe de soirée (au pire, un tailleur sobre de chez Chanel). Ceci étant, malgré tout, ils restent tchèques... Alors, moi-même sur mon 31 aixois, j'ai pu me gargariser des fautes de goût vestimentaire, des petits détails qui tuent.

Mais passons. La salle est sublime, monstrueuse de beauté. La photo dans l'article précédent ne lui rend vraiment pas justice. Je ne peux produire ici une de mes créations car les photos sont rigoureusement interdites et les ouvreuses staliniennes veillent au grain.

M'y étant pris au dernier moment et parce que je ne suis pas richissime, j'étais installé derrière la scène (ce qui n'est pas idéal pour écouter un récital vocal) de sorte que toute la salle semblait me regarder (là, c'est la petite touche égocentrique). Si de cette place, l'acoustique très réverbérée de la salle noyait la voix de Magdalena Kozena, on appréciait pleinement le magnifique travail du Venice Baroque Orchestra et de ses solistes diaboliques.

Vivaldi aurait été comblé. Mais je ne sais pas si Magdalena l'a été. C'était amusant d'être derrière les artistes. On repère leurs petits trucs. Les partitions trafiquées, les ornementations écrites... Mais on apprécie la bonne humeur qui règne au sein de l'orchestre (Andrea Marcon est apparemment copain comme cochon avec son luthiste). En revanche, on ne peut pas dire qu'on perçoit la bonne humeur de Kozena. Sourire immense pour son public à chaque fin de morceau. Et une fois le dos tourné (et donc face à moi), un visage d'une dureté glaçante (tchèque, quoi). Et des mimiques traduisant au mieux une certain insatisfaction, au pire une lassitude.

Le côté militaire dans tout ça ? Et bien ce fut lors des applaudissements. Enthousiasme fou. Premier rappel. Très beau et tonnerres d'applaudissements. Et là. Trois personnes au milieu de la salle se lèvent pour manifester leur contentement à son paroxysme. Et d'un coup d'un seul, la totalité de la salle se lève en parfaite synchronisation. Comme si un second chef d'orchestre avait fait signe. J'ai été très surpris et j'avais l'air penaud tout seul cloué sur mon siège. Ça m'a surtout fait penser à ces fameuses archives télé qu'on voit à l'école: aux pires heures du communisme ou de n'importe quel régime dictatorial, dès que le dictateur en question rentre dans la salle, toutes les personnes présentes se lèvent dans un grand mouvement parfaitement organisé. Oui, un instant, j'ai cru que Brejnev était parmi nous.




Un extrait du concert entendu hier soir... Un morceau un peu guerrier pour rester dans l'esprit du billet...

1 commentaire:

sur les traces de notre enfance a dit…

Ayant déjà parcouru décembre, j'arrive au terme de ma lecture que j'achève en musique superbement.
Je vous rendrai visite régulièrement, vous m'avez intêréssée, amusée. J'ai partagé vos engouements musicaux, vos visites.
Ce fut un plaisir.

J'aime ces rencontres improbables sur la toile...
Anna