vendredi 20 novembre 2009

La dictée du vendredi

Si je ne vous parle jamais de mes lectures que je prends pourtant soin de consigner au bas de cette page, c'est pour éviter de biaiser l'objectif de ce blog qui n'a pour seul but que celui de vous narrer ma petite vie pragoise et vous faire découvrir la ville, ses habitants et leur culture.

Mais je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager ce petit texte, qui ferait une excellente dictée pour tous les grands enfants qui en ont tant besoin:

"Par la fenêtre ouverte, on entendait la vendeuse de primeurs qui, pour liquider ses salades, offrait deux laitues pour trois francs. Sa voix montait, par une succession de paliers mélodieux, jusqu’à une explosion criarde qui s’apaisait en murmure volubile si une cliente s’approchait. Puis la mélopée s’élevait derechef et, par bonds de plus en plus véhéments, gagnait un nouveau paroxysme. Une autre passante, obtempérant à la sommation, sortait trois pièces de son porte-monnaie. Tant que le stock n’était pas écoulé, les chuchotements insidieux alternaient avec les admonestations dramatiques, et les semonces comminatoires avec les cajoleries susurrées." (La Gloire du Paria, Dominique Fernandez)

Avec une telle gradation dans l'intensité de la voix, on tient là une cantatrice et non pas une maraichère ! Sublime prose de Dominique Fernandez.

1 commentaire:

sur les traces de notre enfance a dit…

Il me semblait l'entendre dire lui-même ce texte. Je ne sais pas si vous l'avez déjà entendu parler, c'est d'une musicalité dont on ne se lasse pas.

C'est très amusant de lire un blog à l'envers. Surtout que je ne m'en suis pas rendu compte. Partie du début, j'ai lu en enfilade, il m'a fallu vos mésaventures avec les colocataires pour m'en rendre compte.
Je partage beaucoup de vos goûts et ce voyage à Prague me fait regretter la non existence d'Erasmus quand j'étudiais à Aix justement...
Anna