samedi 28 novembre 2009

Fou d'Amandine

Moi, j'aime bien le premier rang. Quand il s'agit d'aller écouter un concert, s'entend. Il flatte mon côté "perruques poudrées", je me crois Roi, le concert est donné en mon honneur. On est en relation intime avec les artistes, leur respiration, leurs mimiques. D'aucuns dénigrent l'acoustique étouffée et brouillonne. Je vais au concert d'abord pour y voir, ensuite pour entendre bien (les disques sont là pour ça, surtout quand les tousseurs sont de sortie). D'ailleurs, le premier rang m'évite de sortir mes lunettes de bigleux. Et puis, s'il arrivait qu'un artiste tombe de la scène, je me précipiterais à son secours (sans oublier de lui donner ma carte de visite au passage, aucun rapport objecterez-vous. Si fait ! Mais j'entends au loin une voix qui me blâme de ne pas avoir de tels sésames)... Donc, vous l'aurez compris, le premier rang a tout pour flatter mon égo.

Ainsi jeudi soir, fauteuil onze, j'ai assisté du premier rang a un magnifique concert. Il s'agissait d'entendre Amandine Beyer (violoniste) et Xenia Loeffler (hautbois soliste de l'Akademie für Alte Musik Berlin) dans des concertos de Bach et de Vivaldi.

On peut tomber amoureux d'Amandine Beyer rien qu'en la regardant jouer. Prodigieuse de facilité et d'engagement. Telle une funambule qui se joue de toutes les difficultés et en rie... Quel immense bonheur de la voir tant on sent qu'elle prend plaisir à jouer et à être là. Tellement de solistes internationaux respirent la lassitude de la scène que je n'ai pu que me réjouir de l'ambiance à la fois décontractée et professionnelle de ce concert.

Ainsi, la première partie du concert a été absolument parfaite de bout en bout: un Bach mordant, dynamique mais sans arêtes superflues. Un Vivaldi engagé mais sans crispation ni sécheresse. Et quel dialogue entre les deux solistes dans le double concerto pour hautbois&violon de Bach ! Un vrai régal pour les oreilles et les yeux (c'est qu'elles étaient toutes les deux en beauté, nos jeunes femmes)...

La seconde partie a été plus mitigée, le Collegium 1704 de Vaclav Luks étant moins en place. Les solistes étaient également moins concentrées dans cette symphonie de Zelenka (LE compositeur tchèque baroque) qui faisait tout de même la part belle aux soli. Mais la joie de jouer restait tout aussi communicative.

Un bien beau concert donc qui se place au même rang que mon meilleur souvenir: Hilary Hahn dans le concerto pour violon de Mendelssohn durant le Festival Radio France à Montpellier. Pour ceux qui seraient à Prague le 31 décembre, il ne faut pas rater cette même équipe dans la Messe en si de Bach. Et ça se passe toujours à l'église Saint-Simon-et-Jude.

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