lundi 30 novembre 2009

Feuilleton: "Les joies de la colocation" (Chapitre 4)

Le bougre ne saisissait pas bien l'importance de quitter ses chaussures à l'entrée pour les troquer contre des pantoufles. Il ne voyait pas ce qu'il y avait d'inconvenant à se promener dans les chambres, la cuisine et surtout la salle de bain avec ses souliers.

Nous finîmes par lui faire entendre raison quand vint se greffer un autre problème. Fumer. Où fumer dans cet appartement ? Telle fut sa question. Mon sang ne fit qu'un tour, les cheveux de Andrea se hérissèrent. Le propriétaire indiqua alors timidement le mini balcon de la cuisine. Mais notre gaillard ne fut pas très convaincu par la proposition de fumer dehors, étant donné le froid qui règne dans la capitale. Puis, dans un élan de générosité, il nous fit part de l'intense réflexion qui l'agitait: fumer dans la chambre et non dans les parties communes, voilà quelque chose de tolérable, non ? Andrea frisait l'évanouissement, mes yeux menaçaient de sortir de leurs orbites mais le propriétaire s'offusquait à peine de cette bêtise inter-galactique.

Enfin, l'intriguant finit par partir. Andrea dans un hurlement à demi-étouffé dont elle a le secret interrogea vivement le propriétaire pour savoir où il avait débusqué un pareil idiot. J'abondais dans son sens. Mais notre cher Richard (oui c'est son petit nom) nous assura que non vraiment, il ne voyait pas où était le problème avec ce charmant jeune homme. Il s'ensuivit une très âpre discussion pour le faire renoncer à accepter l'ogre comme notre nouveau colocataire. Nous avons dû le menacer de quitter l'appartement pour qu'il prenne acte de notre mécontentement. En bon homme d'affaires, gagner un loyer mais en perdre deux dans un court laps de temps s'avérait moins rentable qu'en perdre un encore quelques semaines... Depuis cette mémorable visite, Richard nous a gratifié de nombreux sms pour nous enjoindre de trouver à sa place le troisième colocataire et nous rappeler combien nous avons été bornés et méprisants à l'endroit de la bête humaine. Nous restons persuadés, moi et Andrea, que lui-même se serait montré "discriminant" s'il avait dû vivre avec et non se contenter de percevoir son loyer.

Ce feuilleton s'interrompt ici pour l'instant, le temps, pour l'alimenter à nouveau, de comprendre pourquoi ma chère colocataire brésilienne va toutes les nuits à 1h et 3h aux toilettes. Et l'arrivée prochaine d'une nouvelle colocataire, mexicaine probablement, ne manquera pas non plus de donner matière à divagations.

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