vendredi 27 novembre 2009

Feuilleton: "Les joies de la colocation" (Chapitre 3)

Pendant que notre golum version géante furetait dans l'appartement pour en apprécier les avantages et les inconvénients, Andrea faisait déjà discrètement part de ses réticences au propriétaire. Pour ma part, j'opinais du chef. Bien décidé à vaincre notre appréhension commune, celui-ci nous enjoint de lui laisser une chance et de faire plus ample connaissance autour d'un petit thé.

Ainsi, nous accueillîmes le furet à notre table et nous entamâmes la discussion. Elle eut le résultat exactement contraire à celui escompté par le propriétaire. Nous n'étions plus angoissés mais terrifiés !

Ne quittant jamais du regard ses pieds, notre animal se prêta difficilement au jeu des questions, usuelles pourtant. Il était peu prolixe. Sauf pour nous asséner encore et encore qu'à son âge, 28 ans, il avait déjà écrit six livres et qu'il enseignait à l'Université Charles (pauvres élèves !, pensais-je). Il se targuait aussi d'apprendre une langue en trois mois seulement, lui qui en parlait déjà sept sans difficulté. Voilà donc une personne aimable et humble...

Les questions d'Andrea, qu'il devait juger bassement matérielles, se firent de plus en plus pressantes et énoncées avec de plus en plus de froideur. A tel point qu'il finit par se sentir obligé de la rassurer quant à sa propreté et à sa discrétion. Nous nous laissions très difficilement convaincre, au regard de sa décrépitude physique, de son inclinaison à la propreté. Il y parvenait peu à peu jusqu'à qu'il s'enquit du caractère obligatoire d'une de nos règles. Nous sortîmes hébétés et atterrés de l'argumentation qu'il fallut fournir pour lui faire saisir le bon sens de cette loi domestique.

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