mardi 17 novembre 2009

Et ma vie ne fut plus la même...

Terrible vie que celle du voyageur pressé. Tragiquement prisonnier d'une routine aliénante. Passer autant de temps dans les transports en commun qu'en cours. C'est dire ! Ressembler trop souvent à un bovin dans les incubateurs (le doux nom des tramways en hiver). A une vache folle, oui. Qui s'agrippe (en attendant de l'attraper la fameuse A) comme elle peut pour ne pas choir les quatre sabots en l'air. Et subir en silence ?! Non ! Même pas ! Elle peut meugler car personne ne comprend sa langue, les gens beuglent ici. Alors, notre vache rassemble sa petite personne sur une marche d'escalator et semble attendre l'abattoir, en haut du tunnel. Que c'est long. Interminable attente dans un tunnel venté et puant avant, peut-être, d'apercevoir le fameux tunnel blanc de lumière.

Et puis. Un ami, de la race ovine plus que bovine, délivre, un jour de grand soleil, une information capitale. Celle qui fait définitivement basculer une vie. Celle qui vous fait passer pour un super privilégié. Celle qui vous fait culpabiliser de votre indolence parce que vous ne saviez pas. Vous ne mesuriez pas l'honneur qui vous était fait. Vous n'aviez pas saisi le caractère unique et mémorable de votre trajet quotidien.

Pensez donc ! Vous empruntiez tous les jours, dans une parfaite ignorance, le plus grand escalator de l'Union Européenne (pas de l'Europe ni du Monde, il ne faut pas exagérer) ! Oui, cette station de métro honnie entre toutes vous gratifie d'une expérience unique ! Se laisser porter par un chef d'œuvre de technique moderne.

Vous aviez bien remarqué pourtant que cette ascension était quelque peu étrange. Vous aviez même mesuré le temps nécessaire à sa réalisation: plus de deux minutes.

Désormais, oui mon cher Charles (vous voyez de qui je veux parler, j'espère), vous appréciez, vous souriez, vous jouissez à la simple idée de prendre cet escalator. De perdre 2 minutes et trente secondes de votre vie à prendre froid lors d'une montée sublime. Le doute n'est pas permis: votre vie n'est plus la même.

Peut-être le regrettez-vous, d'ailleurs.

2 commentaires:

Cyrielle a dit…

juste un com' pour montrer à mon ami pragois que je suis toujours très discrètement ses aventures même si j'en sais plus de choses qu'il ne nous laisse découvrir ici!!
bisous

Kynseker a dit…

Et j'apprécie ce commentaire à sa très juste valeur :-)

Pour tes infos en sous-main, je crois avoir deviné la taupe. J'en connais un qui ne sera pas sourd ;-)