dimanche 11 octobre 2009

Saveurs Pragoises

Quand il pleut et qu'on est dimanche, on mange. C'est mal. Ça l'est d'autant plus qu'on y prend moins de plaisir que ce qu'on en espérait. Pourtant, un soin tout particulier avait été apporté à l'achat de valeurs culinaires fondamentales. Hélas trois fois, le transport ou le goût tchèque pervertissent les saveurs de nos bons produits français. Tout content d'en débusquer un pot, j'avais acheté de la moutarde Maille à l'ancienne (celle avec des grains de moutarde). Elle a la même couleur que la française, le même emballage mais pas le même goût ni la même texture ! Elle est d'une fadeur ! On peut la manger à la petite cuillère tellement elle est adoucie par rapport au modèle français. Obligé de badigeonner abondamment la viande pour ressentir un tant soit peu le piquant recherché. Première déconvenue. Chic ! Me suis-je dit, je vais me rattraper sur mes biscuits préférés: des Pim's à l'orange. Cruelle désillusion ! Là aussi, ce n'est plus qu'un biscuit spongieux, mou au chocolat fade et à la marmelade rocailleuse (je ne sais pas pourquoi, j'ai eu envie d'écrire ce mot). Et dire que j'avais déjà essuyé la veille un outrage: la Danette au chocolat. Ici, elle est comme un camembert au lait pasteurisé alors que la Danette au chocolat française serait un camembert au lait cru: un pastiche. A l'oeil, on perçoit la différence: un truc qui se tient bien limite moussu alors que l'authentique Danette est perdue au fond du pot, crémeuse mais laide à voir. Là où la Danette française est d'un marron intense, la Danette tchèque est délavée. Là où on a du goût sucré et bien chocolaté, on a un goût absent et vaguement cacaoté. Ils vous feraient regretter d'acheter français, ces sapajous de tchèques ! En lieu et place des Pim's, il est bien possible que je craque encore (ce ne sera que la troisième fois) pour un de ces immenses paquets de biscuits à la cuillère vendus à 13ck (50 centimes d'€): imaginez des petits biscuits ronds semblables à l'hostie distribuée aux fidèles bigots de la sainte Église catholique (oui, çà, c'est une dédicace puérile et malhonnête à mes chers amis romains qui me manquent tant que je dois les conspuer à distance) doucement sablonneux et vaguement mous avant même d'avoir pris l'humidité. Je les adore et je m'en goberge avec le café que j'ai la flemme de me faire. Oui, je vous le dis, un dimanche pluvieux à Prague est quelque chose d'indescriptible et de profondément douloureux. Seigneur, ayez pitié !

Aucun commentaire: